CONCLUSION
Le but essentiel de ce travail était d'étudier les réactions d'entrainement du polonium et de préciser, par voie de conséquence, les prévisions admises sur les caractères analytiques de ce corps.
J'ai mis au point une méthode de dosage du polonium dans les matitres qui le contiennent et défini, par des coefficients numériques dont le sens physique a été indiqué, l’entrainement de cet élément par diverses matières solides.
Les variations de ces coefficients avec la masse d'un entraineur déterminé, dans des conditions précises de milieu, ont été étudiées. L
L'emploi d'expressions numériques a permis de préciser, dans certains cas du moins, le phénomène bien connu qui subordonne aux conditions de milieu l'entrainement du polonium en solution par une matière solide.
Cette étude m'a conduit à esquisser une théorie générale des phénomènes d'entrainement des corps radioactifs, qui s'apparente étroitement avec le système d’hypothèse le plus anciennement proposé dans le but de rendre compte du succès de la radiochimie ; les réactions d'entraînement d’une matière ne sont pas toutes de même espèce ; certaines sontla conséquence de l’analogie chimique des composés précipitant ensemble ; d’autres sont attribuables à des effets de surface. Cette conception a été, semble-t-il, expérimentalement justifiée et précisée par l’ensemble de mes recherches. Ces considérations théoriques, qui débordent le cadre d’une étude du polonium, m'ont permis d'indiquer une méthode générale de
découverte des caractères analytiques d’un élément disponible en quantités impondérables.
L'application de cette méthode au polonium a précisé les caractères de ce corps dont la personnalité chimique s’est révélée des plus distinctes : les liens d’analogie qui unissent le polonium à ses voisins de la table périodique ne sont pas étroits. Par son sulfure, le polonium s'apparente nettement au bismuth et par son hydrate, vraisemblablement soluble daus la soude et la potasse, au tellure.