OBSERVATION IX
Mme C.. Eveline, 51 ans, ménopausée depuis quatre ans, vient consulter son médecin parce que depuis quatre mois elle présente quelques petites pertes de sang visibles surtout au cours de sa toilette et des douleurs de la fosse iliaque droite avec irradiation lombaire.
UN
Dans ses antécédents on ne relève aucune affection gynécologique bien marquée.
A l'examen, on tombe sur un col assez volumineux, irrégulier, le corps utérin est normal, les paramètres souples, la mobilisation utérine non douloureuse, mais le doigtier ramène un peu de sang. Au spéculum, le col présente un aspect papillomateux qui fait pratiquer une biopsie (papillomatose du col).
On pratique un rabotage à l’anse diathermique et, cette fois, l’histologie révèle qu’il s’agit bien, comme on le pensait au début, d’un épithélioma pavimenteux, à disposition lobulée et du type spino-cellulaire.
Quelques jours après, mise en place de quatre tubes de 10 mg de radium pendant six jours. Quinze jours après, on pose une sonde intra-utérine contenant deux tubes de 10 mg (l'intervention sur le col ayant nécessité ces deux temps). 4
Radiothérapie : 21 séances.
La malade sort avec un traitement anti-anémique à base de vitamines pour revenir quatre mois plus tard. A ce moment là, l’état général est satisfaisant, le vagin et le col souples, le cul-de-sac gauche parait cependant induré sans qu'on puisse affirmer qu'il s’agisse d’une coulée néoplasique ou d’une induration post-physiothérapique.
C’est dans ces conditions que la malade est opérée le 10 février 1954. Hystérectomie totale avec Wertheim + lymphadénectomie, sous rachi-anesthésie à la Tétracaïne.
Les suites opératoires sont excellentes, la malade évacue ses gaz au bout de quarante-huit heures ; six jours après, cependant, elle présente un léger encombrement pulmonaire droit avec râles humides de bronchite cédant rapidement au traitement banal.
Dans les suites lointaines, on note qu'il persiste une petite infection vaginale entraînant quelques légers clochers thermiques, rétrocédant en huit jours à un traitement antiseptique.
HE
La malade quitte le service guérie le vingt-cinquième jour.
Depuis, absolument aucun trouble ne la gêne, si ce n'est
une légère incontinence urinaire à l'effort, en rapport avec une cystocèle qu'elle présentait avant l'intervention.
Histologie de la pièce opératoire :
Aucune métastase néoplasique dans les ganglions examinés Les annexes sont de type ménopausique.
Les cellules du col utérin présentent cependant un cytoplasme clarifié et vacuolisé avec des noyaux altérés, témoins
d'une persistance néoplasique à cet endroit.
Radiothérapie complémentaire.