LES RÉSULTATS DE LA PHYSIOTHÉRAPIE
Publiés par HEYMANN sous le nom de « Résultats de la radiothérapie dans le cancer du col de l’utérus », les rapports annuels concernant tous les grands centres de traite- ment de différents pays montrent, pour le Stade I, 1.267 cas envisagés, entre 22 centres du cancer différents. Après cinq ans, le taux des guérisons ne dépasse jamais 62,5 %. Par contre, certaines statistiques arrivent à des chiffres sensiblement plus élevés :
RTE
Marie Curie Hospital de Londres .... 77 % Fondation Curie ta. Me NE 70 Institut Gustave Roussy .............. 76 % Holt Radium Institut de Manchester .. 76 % Centre du Cancer de Lund (Suède) .... 69 % Louvain. MCE ARTE 2 759 %
C’est donc autour de 70 % maximum de guérisons que s'établit la moyenne des statistiques après cinq ans.
Rappelons pour mémoire que toutes ces statistiques s’adressent, à quelques modifications près, à un traitement physiothérapique complet suivant la méthode de Stockholm ou la méthode de Paris. Celles-ci diffèrent parfois dans la dose appliquée dans le temps, mais sont toutes les deux faites d’une irradiation intra-cervicale et vaginale. La durée totale de ces irradiations endo-utérines et vaginales est en moyenne de cinq à six jours, soit en tout de 54 à 65 millicuries détruits. Rappelons que certains auteurs, afin d’éviter des réactions locales ou générales de la part de la malade, prévoient des intervalles de repos d’un à deux jours en cours d'application.
La méthode de Stockholm, un peu différente de celle de Paris, emploie des quantités de radium plus élevées, mais raccourcit le temps d'irradiation : la dose totale est, en définitive, sensiblement la même.
Généralement, la curiethérapie est suivie d’une irradiation transpariétale et, pour les cancers uniquement limités (les seuls qui nous intéressent), on s’adresse le plus souvent à quatre champs : deux latéraux postérieurs, deux latéraux antérieurs. Les doses quotidiennes oscillent aux environs de 200 à 250 r. pour atteindre sans ennui la dose totale de 2.500 à 2.800 r. par secteur.
Quelques centres, mieux achalandés en radium, remplacent parfois la roentgenthérapie par de la télé-curiethérapie.
Il existe enfin des méthodes de rayons X, dirigés par petits champs, en application endo-vaginales sur le col et
aies
les culs-de-sac. Cette méthode, reprise aux Etats-Unis par DEL REGATO et par MERITT, est peu connue en France mais a été cependant substituée à la curiethérapie première dans certains épithéliomas au Stade I, par DECKER et MouLoN- GUET. Disons que cette dernière technique n’emporte pas encore tous les suffrages, bien que le Docteur Narp, à Libourne, en soit un chaud partisan et déjà un vieil expérimentateur.
Quoi qu’il en soit, toutes ces méthodes physiothérapiques ne sont point à l’abri de séquelles ou de complications :
— Les complications infectieuses ne sont plus jamais mortelles et même sont devenues assez rares ;
— Les atteintes rectales rares, bénignes ou de courte durée, de même que les atteintes vésicales ;
— Les troubles dus à la sclérose du vagin restent enfin l’apanage des traitements à des stades plus évolués.
Comme on le voit, il est en réalité injuste de parler de véritables séquelles ou de flagrantes complications en ce qui concerne le Stade ÎI.
Malgré cette absence relative d’inconvénients, la moyenne des guérisons physiothérapiques reste irrémédiablement inchangée malgré l’emploi de telle ou telle technique.
Par contre, si les bons résultats ne s’accroissent pas, les inconvénients n’en demeurent pas moins.
2° ECHECS DE LA PHYSIOTHÉRAPIE Deux causes principales sont à l’origine de ces échecs a) La fréquence des métastases ganglionnaires, b) L'apparition de récidives locales, c) Quelquefois même les deux.
Certainement, l’apparition d’adénopathies est souvent due à la non-stérilisation des cellules néoplasiques du col, ces dernières étant le point de départ de la flambée métas-
NS, que
tatique. D’autres fois, cependant, bien que ces cellules soient parfaitement stérilisées au niveau du col, il se produit une continuation dans les régions paramétriales et ganglionnaires, probablement due à un envahissement précoce de ces dernières, que nous sommes impuissants à déceler cliniquement.
C’est pourquoi aussi, fréquemment, les rayons X viennent secourir en deuxième temps l'effet destructeur du radium. Et cependant, malgré cette adjonction de traitement, le taux des guérisons, d’après les publications de PATERSON ou de Mile BAUD, reste inchangé et même, dans certains Cas, diminué !
De là à penser, avec Mme Simone LABORDE, que les envahissements ganglionnaires ne sont pas les seuls à échapper à nos investigations, il n’y a qu'un pas. En effet, l’envahissement néoplasique s'effectue également vers les parois utérines et vers l’isthme, et tel organe bien mobile, avec des paramètres cliniquement très libres, est déjà envahi dans ses tuniques.
Cette progression néoplasique, sur laquelle insiste particulièrement Mme LABORDE, est loin d’être exceptionnelle pour les épithéliomas malpighiens et se trouve être la règle pour les adéno-carcinomes du col. Ces derniers, connus pour leurs signes extrêmement discrets, sont mis à Jour par l’hystérographie, qui montre presque toujours l’importance des lésions avec une atteinte de l’endo-col et de l’isthme. C’est pourquoi bien des cancers sont étiquetés radio-résistants. En réalité, cette dernière variété de cancers, lorsqu'elle n’est pas méconnue, présente le même taux de guérisons que les autres.
On doit conclure de même pour les épithéliomas malpighiens qui, trop souvent, s'étendent à la fois vers l’isthme et le museau de tanche.
Quant aux métastases extra-pelviennes, on peut dire que, vraisemblablement, elles existaient avant tout traitement. Il n’en est pas moins vrai qu’elles entrent dans le cadre des