ACTE
échecs thérapeutiques, contre lesquels ni le radiologue, ni le chirurgien ne seront d’ailleurs très bien armés.
Aïnsi il demeure 7 % d’échecs inévitables en face de telles métastases.
Envisageant le degré de malignité des tumeurs cervicales, certains auteurs prétendent que les cancers bourgeonnants sont les moins malins, tandis que les formes ulcéreuses ou infiltrantes paraissent les plus redoutables. Disons que ces dernières formes sont exceptionnelles au stade de début. Si elles existent d’ailleurs, des métastases à distance se constituent généralement avant même que le diagnostic ne soit affirmé.
Peut-on prévoir la radio-résistance et les divers degrés de radio-sensibilité des épithéliomas du col par l’examen histologique ?
La différence entre épithélioma spino-cellulaire, basocellulaire et intermédaire, suivant la classification de Gustave RoussY, présente de très grandes variations. On sait qu'ils naissent la plupart du temps au niveau de la muqueuse endo-cervicale métaplasiée. Les formes intermédiaires étant beaucoup plus fréquentes que les véritables épithéliomas glandulaires ou adéno-carcinomes.
De nombreux auteurs allemands ont tenté de classer différentes formes de passages entre ces trois grandes classes histologiques, basant leurs essais de classification sur la maturation des cellules néoplasiques. D’autres, aux Etats- Unis, ont cru pouvoir établir une échelle de sensibilité en fonction du stade de dédifférenciation cellulaire, les plus radio-résistants se trouvant être les épithéliomas les plus évolués correspondant au type spino-cellulaire kératinisant.
En réalité, on sait bien que l’aspect histologique varie trop souvent avec les différents fragments examinés, voire même avec les divers points d’une coupe. Ainsi, les essais pour déterminer une échelle de radio-sensibilité entre les
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différentes formes histologiques demeurent sans application pratique.
Comme le dit Mme LABORDE, « il faut se souvenir que radio-sensibilité n’est pas synonyme de curabilité, car certaines formes de cancers particulièrement radio-sensibles sont en même temps hautement métastatiques et ne donnent qu’un faible pourcentage de guérisons. L’examen histologique n’apporte donc pas de grandes précisions sur les possibilités de guérison d’un cancer du col ».
Quant à l’avenir des cellules irradiées, chaque médecin a présent à la mémoire les quelques cancers du col guéris par la physiothérapie, depuis dix, douze et même quinze ans qui, un beau jour, renaissent, s’enflamment et, en quelques mois emportent la malade sans qu’une thérapeutique ait eu le temps d’exercer ses bienfaits.
Avant d'envisager le traitement chirurgical comme complément nécessaire d’une physiothérapie première (notre seul but étant d’abaisser la fréquence des récidives à un taux plus acceptable que ne le font à eux seuls les physiothérapeutes), disons qu’il est absolument logique de combiner nos efforts à ceux de ces derniers. En effet, comme le prouvent les examens sériés des pièces opératoires, l’action des radiations est loin d’être toujours suffisante à procurer une stérilisation de la lésion cervicale et même parfois des zones paramétriales. A plus forte raison la physiothérapie ne saurait toujours anéantir des ganglions lymphatiques à distance lorsque, trop souvent encore, ceux-ci sont précocement envahis.
C’est pourquoi, après avoir envisagé les bases fondamentales anatomo-physiologiques d’une chirurgie possible, nous envisagerons ensuite les possibilités que nous offre cette dernière.