‹ Contribution à l'étude de la chirurgie du nerf radialChapitre 10 sur 20 · ITS · texte numérisé non relu

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d'espèce différente, on dit qu’il s’agit d’une autogreffe d’une homéogreffe ou d'une hétérogreffe.

L'autogreffe. — Le greffon est emprunté au sujet lui-même. Pour le nerf qui nous occupe, le voisin le - plus apte à procurer le secours cherché est le musculo-cutané dont l'interruption ne diminue que peu la valeur fonctionnelle du membre. On en prélève un segment égal à l’espace à combler, Il est mis en place et suturé aux deux extrémités à réunir. Ce procédé compterait quelques bons résultats.

On a tenté aussi l’autogreffe par dédoublement du bout inférieur. Cela est déjà plus délicat et on aperçoit assez bien, qu’on crée un rétrécissement qui ne pourra admettre la totalité des fibres, poussées par le bout supérieur.

L’homéogreffe.. — Ici, c’est un membre récemment amputé qui fournit le greffon ; l'homéogreffe est dite fraiche. Si le greffon provenant du membre donneur a été conservé par un procédé quelconque soit celui de Carrel dans la vaseline à basse température, il s’agit d’une homéogreffe conservée ; il n’est pas difficile d’apercevoir l’inconvénient de ce procédé, et la difficulté de se procurer un greffon.

L'hétérogreffe. — Elle consiste a emprunter à un animal immédiatement avant l'opération un segment de nerf qu’on transplante d'emblée entre les deux bouts du nerf à réparer. Mais on peut se servir de nerf lué et on s'adresse généralement au nerf sciatique du veau prélevé aseptiquement et conservé par l'alcool dans de petits tubes scellés à la lampe.

J. Maillard 2

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Les expériences de Nageotte sont à l'origine de cette méthode. Cette auteur a eu l’idée de sectionner sur un chien les deux sciatiques : d’un côté il suture immédiatement les deux bouts. De l’autre il intercale entre les deux bouts un morceau de sciatique conservé comme il est dit plus haut.

Oril se trouve que la restauration fonctionnelle marche plus vite et est plus complète du côté greffe. Ceci est évidemment tout à fait remarquable, et les conclusions de Nageoite sur ce sujet sont qu'il importe seulement de placer sur le trajet des fibres nerveuses issues du bout supérieur une substance solide qui leur soit perméable et qui en même temps, ne permelle pas à d’autres tissus de s'installer à leur place.

Que faut-il penser des greffes ? — Nous croyons que ce sont des procédés à employer seulement dans les cas où une perte de substance considérable empêche la réunion des bouts convenablement réséqués. Ceite éventualité se rencontre très rarement pour le radial qui est un nerf très mobilisable. Au plidu coude et en meltant le bras en flexion forcée, on arrive à réunir directement et dans de bonnes conditions après des pertes de substances de 6 centimètres.

Nous donnerions le choix à l’autogreffe qui nous semble le procédé le plus rationnél et à la portée de tous les chirurgiens.

Nous nous garderons bien de discuter les belles expériences de Nageotte. Nous ferons seulement re-

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marquer que nombre d’hétérogreffes ont été tentées suivant sa méthode par d’habiles chirurgiens. Il n'existe pas à notre connaissance une seule observation permettant de conclure à leur efficacité.

Nous mentionnerons seulement en terminant les autres artifices proposés pour remédier aux pertes étendues de la substance nerveuse.

La suture à distance consiste à relier les deux bouts du nerf coupé par des fils de catgut très rap- -prochés et à qui on demande de guider les jeunes formations. Dans la suture tubulaire on intercale entre les deux extrémités un tube sur lequel on compte pour la même fin. Le magnésium, les tubes osseux décalcifiés, les trachées des petits animaux, des artères durcies ont été employés. Nous ne croyons pas que ces procédés comptent un seul résultat favorable.

La neuroplastie par dédoublement consiste à dédoubler l'un des deux bouts ou les deux bouts du nerf avec bascule des lambeaux de longueur totale égale à l’espace à combler.

L'anastomose surtout en faveur en Allemagne utilise un nerf voisin sur lequel on suture latéralement les deux bouts. Cela est théoriquement illogique et condamnable.

Dans la statistique que nous produirons à la fin de ce travail, la plupart des insuccès notés dans les cas de sutures incorrectes sont précisément dus à l'emploi des derniers procédés énumérés. Le D' De- . Jagénière a consciencieusement essayé ces diverses méthodes ; il n’a jamais obtenu un seul succès.

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