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LA SUTURE APRÈS RÉSECTION

C'est le procédé de choix. Il répond à presque tous les cas. Seules les pertes de substance très étendues peuvent le rendre impossible. Nous rappelons que pour le radical il est exceptionnel que, après la mobilisation du nerf et une attitude convenable du membre, il ne soit pas possible de l'appliquer. Encore vaut-il mieux avoir recours à des allongements successifs comme nous le dirons par la suite plutôt que pratiquer des greffes ou sutures à distance, qui conduisent à un échec quasi certain. Tout chirurgien soigneux et au courant de la technique un peu spéciale que nous allons décrire peut faire une sulure dans ces conditions et être à peu près assuré de la réussite.

Nous distinguerons deux cas. Nous envisagerons la réunion immédiatement après la blessure en même temps que le nettoyage chirurgical de la plaie, et la suture à froid après cicatrisation des lésions quand on a l’assurance de l'interruption physiologique du nerf et de l’absence de régénération.

10 /mmédiatement après la blessure. — Avant toute exploration l'attention du chirurgien peut être .

attirée sur une lésion probable du nerf par la situa tion de la blessure ou par les troubles sensitifset surtout moteurs qu'ils déterminent. Nous ne décrirons pas la main tombante et l'attitude caractéristique de la paralysie radiale.

On devra faire très soigneusement le nettoyage de la plaie. On traitera celle-ci comme toute plaie ordinaïire et en cherchant à obtenir le minimum de suppuration, ou à rendre possible la fermeture. On aperçoit le plus souvent dans la plaie le cordon nerveux traumatisé. Ouilest complètement sectionné, et alors les deux bouts sont aisément trouvés dans les bords de la plaie, à peu de distance l’un de l’autre, ou bien la section est incomplète, et le nerf est simplement perforé ou échancré. Daus ce cas la continuité anatomique n’est pas complètement interrompue mais la fonction peut l'être, les fibres juxtaposées aux fibres rompues étani frappées de mort sans présenter de lésion apparente. On peut se trouver enfin en présence d’un nerf ne présentant pas de solulion de continuité, mais dont une ecchymose ou une extravasation sanguine indique assez qu'il a subi l’application d’une force et qu’il faut le tenir pour suspect.

Quelle conduite tenir dans ces différents cas ?

Si la section est complète on ne sera pas embarrassé : il faudra réséquer les deux extrémités en se guidant sur l'aspect et sur l’infiltration sanguine et en se souvenant que les lésions sont toujours plus étendues qu’elles ne paraissent. La suture est alors pratiquée comme il sera indiqué plus loin.

Dans le cas où une partie du nerf a été extériorisée et souillée, il ne faut pas d'emblée la sacrifier. Ce segment peut avoir été simplement attiré en dehors de la plaie et ne présenter aucune lésion grave. Après vérification on le remet en place pour la suture.

En présence d'uneinterruption anatomique incomplète, nous pensons qu'il faut se méfier, et agir

comme en présence d’unesection complète ; on comp-

terait à tort sur la bandeleite en apparence intacte pour obtenir la reconstitution du nerf. En voulant être trop conservaleur on risque de réunir deux extrémités fibreuses et de créer un obstacle infranchissable aux fibres chargées de la régénération. Certains chirurgiens s’attachent à conserver les faisceaux non coupés et réunissent les autres. Le Dr Delagénière réprouve cette technique et la rend responsable de nombre d’insuccès

Il pense que ces faisceaux tellement voisins du point d'application de la force sont pratiquement toujours frappés et qu’il vaut mieux de suite les éliminer.

Quand les lésions se réduisent à une simple tache ecchymotique ou à une attrition du nerf,il y a deux solutions : ou bien ne pas intervenir et compter sur la réparation spontanée possible quand les lésions sont minimes ; ou bien tenir ce segment pour suspect et le reséquer, Dans le doute M. Delagénière recommande cette dernière solution.

Les avantages du traitement immédiat de la plaie

nerveuse ne sont pas difficiles à entrevoir. L’appré-

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