‹ Contribution à l'étude de la chirurgie du nerf radialChapitre 7 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La question des sutures nerveuses a été extrêmement controversée.

Les opinions les plus diverses et les plus opposées ont circulé sur la chirurgie des nerfs, sur les procédés des réunions, et les résuliats à en attendre. Il semble bien qu'actuellement on ne discute pius la question de la réunion sanglante des nerfs sectionnés. Faite dans de bonnes conditions elle procure un avantage considérable au blessé, et on est à peu près certain d’un bon résultat.

Mais il reste encore des incrédules à convaincre. Nombre de médecins, et nous voulons surtout parier des praticiens, de ceux dont il importe surtout de fléchir l’hésitation, car ils sont les premiers conseillers du malade et canalisent sur le chirurgien, c’està-dire vers la guérison, ceux qui sans là bienfaisante intervention resleraient toute leur vie des diminués ou même des infirmes.

Et nous ne pouvons pas ne pas citer l’exemple

douloureux d’un frère qui, atteint d’une section complète du radial par blessure de guerre, doit à l’inaction du chirurgien d’avoir un membre impotent et de ce fait une réduction considérable de son activité.

I nous a semblé qu’en publiant certaines observations tout à fait typiques et en les entourant de toutes les considérations de technique puisées à l’école d’un maître tel que le‘ D' Henri Delagenière, nous pouvions faire œuvre utile en aidant les uns et en persuadant les autres.

Le nerf radial est peut-être le conducteur nerveux qui présente le plus d'intérêt. Il a limprudence de cheminer le long d’un levier osseux très exposé aux traumatismes et aux ruptures. Et cette situation anatomique lui vaut d’être le nerf le plus souvent lésé. Les statistiques consultées à ce sujet indiquent une proportion de blessures du radial très supérieure à celle des autres nerfs, Nous avons sous les yeux celle que Tinel a donné dans son beau livre sur les blessures des nerfs. Sur 628 cas, intéressant les trones nerveux du membre supérieur et du membre inférieur, nous trouvons 146 lésions du radial. Celui qui arrive ensuite est le eubital qui est battu de loin puisqu'il ne peut montrer que 84 blessures.

Mais ce n’est pas tout. Si le radial est Le plus sow-

vent atteint, il est aussi celui dont la lésion provoque

le plus de dégâts. Il préside en effet à l’extension de l’'avant-bras, de la main et des doigts. On peut se rendre compte des services qu’il rend surtout dans les professions qui tirent leur existence du libre jeu

de leurs mains, et qui sont justement les plus exposées aux accidents.

Le nerf radial est peut-être encore le plus intéressant au point de vue du chirurgien, car il est, avec le musculo-cutané, celui dont on s’accorde à dire qu’il reprend le plus gracieusement ses fonctions quand il y est sollicité. Nous n’avons pas la prétention de donner ici explication de ce fait, mais nous pensons que cela tient peut-être à ce qu’il est composé de fibres presque exclusivement motrices, et qu'il est ainsi plus facile de mettre pendant la suture les cylindraxes moteurs en face des tubes conduisant aux plaques motrices et de même pour les fibres sensitives.

Voici le plan que nous adopterons pour cette étude : après un abrégé d'anatomie et d’histologie normale et pathologique, nous dirons quelques mots de la question des greffes nerveuses. Ensuite nous décrirons la suture directe:après résection large des tissus frappés de mort. Nous en donnerons les indications et apporterons les résultats. En termipant, nous produirons trois observations : une tirée des Archives médicales d'Angers, publiée en 1907 et qui fat le point de départ des recherches du D' Delagenière. Une autre prise tout récemment dans le service du.même maître. Et enfin celle que nous devons à l’obligeance du D' Canaguier.

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