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II. — MODE D’ANESTHÉSIE

Nous avons déjà vu que l’anesthésie locale s’impose. Elle se fera :

D’une part en badigeonnages, avec une solution de cocaïne au 1/10°,

D’autre part, en‘injection sous-périchondrale et souspériostée de novocaïne au 1/200° ou même au 1/100°, à laqueile on ajoutera (au moment de l'injection), de l’adrénaline (en moyenne cinq gouttes de la solution au 1/100° pour 20 centimètres cubes de da-solution de novocaïne (en raison de son action vaso-constrictive et, par conséquent, hémostatique). Cette adjonction d’adrénaline détermine fréquemment un état de surexcitation du sujet, de l’éréthisme cardiaque, des maux de tête ou de reins ; on ne manquera donc pas de prévenir le sujet qu’il est susceptible de ressentir l’un quelconque de ces troubles. D’ailleurs ceux-ci se dissipent très rapidement au bout de quelques minutes. S'il en était besoin, on suspendrait quelques instants la continuation de l’injection.

Cette injection se pratiquera avec la seringue de Ricord, dite d’Alexander, ou, mieux, avec la seringue de Dutheillet de Lamothe (fabriquée par Collin). Entièrement métallique, cette seringue est munie d’anneaux et d’un embout spécial permettant d'utiliser Îles aiguilles très fines des seringues de dentistes. On dispose ainsi d’un instrument très robuste, bien en main et parfaitement étanche, indispensable en raison de la forte pression

RDS

qu’exige le décollement de la muqueuse. La seringue dite « Impériale » répond également à ces indications.

N’utiliser de préférence que des canules porte-aiguilles coudées à 45°, longues d’au moins cinq centimètres et du plus petit calibre compatüble avec la solidité néces- Saire, ceci afin de masquer au minimum à la vue de l’opérateur, le point sur lequel doit porter l'injection.

L’aiguille proprement dite doit être la plus fine possible, à biseau court et bien aiguisé.

Rappelons à ce propos qu’il ne faut jamais faïre bouillir une seringue destinée à contenir une solution de novocaine dans de l’eau additionnée d’un sel de soude, car il suffit d’une trace infime de ce sel pour faire perdre à l’anesthésique la majeure partie de ses propriétés.

Voïci comment nous pratiquons personnellement cette anesthésie locale :

1° Avec de petits porte-cotons imbibés d’une solution de cocaïne au 1/10°, ou avec une petite mêche imbibée de la même solution et essorée, placés au contact de la muqueuse nasale, de part et d’autre du septum, on anesthésie superficiellement la muqueuse.

2° Sous le contrôle du miroir de Clar et en maïntenant

dilaté Forifice narinaire avec le speculum Palmer, on commence à pousser l'injection de novocaïine-adrénaline dans l’espace décollable. Enfoncer laiguille de un millimètre environ et injecter quelques gouttes du liquide. Si celui-ci est bien dans l’espace sous-périchondral, on voit la muqueuse se boursoufler à son niveau, formant une sorte de pastille blanchâtre qui, très rapidement, s’étend au fur et à mesure que l’on continue de pousser linjection. Celle-ci sera pratiquée lentement, pour permettre à l’anesthésique de bien décoller les parties molles et pour éviter au sujet la sensation désagréable, voire dou-

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joureuse, que provoquerait une distension trop brusque. On injectera le plus possible d’anesthésique sans changer l'aiguille de place. On commencera à la partie antérieure de la cloison et l’on continuera à la limite de l’infiltration. On la prolongera aussi loin que possible en arrière. On ne manquera pas non plus de la bien pratiquer au niveau de la partie inférieure du septum, jusqu’au plancher des fosses nasales.

3° Introduire, soit une mèche, soit des porte-cotons imbibés de cocaïne au 1/10°, à la partie toute postérieure des fosses nasales, pour compléter à son niveau l’anesthésie d2 la muqueuse septale où l’infiltration n’a pu être qu'imparfaitement pratiquée.

On aura soin de bien séparer la cupule contenant da cocaïne au 1/10° de la cupule contenant la novocaine adrénalisée, de facon à éviter toute erreur.

La novocaïne üinjectée demande cinq à dix minutes pour preduire son effet maximum, On commencera donc par infiltrer lle côté convexe de la déviation (par lequel doit débuter l’intervention). De cette façon, ce côté achèvera de s’insensibiliser pendant que l’on injectera le côté concave, et l’on pourra ainsi commencer l’opération aussitôt l’infiltration terminée.

Cette infiltration a un triple but :

1° L’anesthésie de la cloison ; 2° L’hémostase ;

3° L’amorçcage du décollement par la découverte du plan de clivage.

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