Le INDICATIONS OPÉRATOIRES
Elles sont basées sur deux ordres de facteurs :
1° L'importance de la malformation et les troubles fonctionnels qui en résultent.
2° L’âge du sujet.
La résection sous-muqueuse s'impose en effet :
a) Chez tout sujet présentant une déficience nette de Ja perméabilité nasale, en rapport avec une déviation de la cloison, soit directement, soit indirectement, du fait des malformations secondaires auxquelles la déviation est susceptible de donner lieu (en particulier l’hypertrophie des cornets).
b) Chaque fois que l’audition est compromise, par suite d’une ventilation insuffisante de la caïsse ou d’un état inflammatoire du rhino-pharynx propagé à la trompe d’'Eustache. :
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c) Enfin, même dans Îles cas de déviation légère, quand celle-ci s’accompagne d’une déformation thoracique ou de lésions pulmonaires susceptibles de devenir graves.
Ces indications sont absolues chez l’adulte.
Elles perdent de leur valeur au contraire chez l'enfant et l’adolescent au-dessous de quinze ans. C’est, qu’en effet :
1° Les malformations nasales atteignent leur développement maximum vers l’âge de seize ans. Une intervention pratiquée avant quinze ans ne saurait évidemment être d’aucune efficacité sur les malformations susceptibles de se produire par la suite.
2° Les sujets jeunes ne supportent que très difficilement l'intervention pratiquée sous anesthésie locale. Or, comme nous le verrons plus loin, autant la résection sous-muqueuse est facilitée par cette anesthésie locale qui amorce le décollement et assure l’hémostase, autant elle est difficile lorsqu'elle est pratiquée sous anesthésie générale. Le plan de clivage n’est découvert qu'avec peine et après un tâtonnement toujours préjudiciable à la muqueuse. Par ailleurs, l’afflux incessant de sang dans je champ opératoire rend presque impossible le contrôle de la vue dans une intervention où pas un geste ne doit être esquissé sans que ses conséquences en aient été par avance calculées.
Aussi, à moins d’avoir la main forcée par des troubles fonctionnels importants (par ila crainte d’une tuberculose au débuf, par un développement thoracique tout à fait insuffisant, par des menaces sérieuses du côté de l’appa- ” reil auditif), doit-on systématiquement attendre, pour pratiquer une résection. sous-muqueuse, que le sujet ait atteirt sa seizième année, |
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Il. — PRÉPARATION DU MALADE
1° Une désinfection sérieuse du nez et de l’arrière-nez à l’aide de fumigations, de pommades, de gargarismes, au moins durant trois semaines avant l’intarvenition, s’im- . pose.
2° Calmer les réflexes des sujets nerveux par ladministration de bromures (deux, trois grammes chaque jour, durant les cinq jours qui précèdent l'intervention.
3° Augmenter (si l’on veut) la coagulabilité sanguine du sujet par l’ingestion, durant Îles trois jours précédant l'intervention, d’une potion à base de chlorure de calcium, d’ergatine, ou par l’ingestion d’hémostyl.
4° Ne pas craindre d'examiner! le malade à maintes reprises, à plusieurs jours d'intervalle. De tels examens répétés permettent en effet de se mieux renseigner sur le siège, la forme et le degré de la déviation. Souvent, ils révèlent des détails qui seraient passés inaperçus si l’on s’était contenté d’un seul examen,
5° Le jour de l'intervention, lle malade sera à jeun. Tout au plus, lautorisera-t-on à prendre un très léger repas liquide au moins trois heures avant l’intervention.
Dans tous les cas où l’émotivité du sujet sera quelque peu accusée, ne pas craïndre de pratiquer une injection sous-cutanée de morphine ou de pantopon une demiheure avant l'intervention. La morphine, non seulement diminue la sensibilité générale de l'individu, mais aussi permet une anesthésie bien meilleure avec une quantité moindre de novocaïne, Ajoutons que l’action vaso-dilatatrice exercée par les sels d’opium sur les vaisseaux
cérébraux, s’oppose à l’action vaso-constrictive de la novocaïne et de la cocaïne, empêchant aïnsi les accidents cocaïniques (ivresse, syncope) de se produire,