VII. — COMPLICATIONS
Deux ordres de complications sont susceptibles de venir assombrir les suites post-opératoires, normalement bénignes, de la résection sous-muqueuse. Ce sont les hémorragies et les complications infectieuses,
D dite
a) Hémorragies post-opératoires
Elles se produisent presque toujours dans les quelques heures qui suivent l’intervention, au moment où cesse l’action vaso-constrictive de l’adrénaline. De là l'utilité du tamponnement endo-nasal, avec des mèches ou avec des lames d’éponges en caoutchouc.
Si malgré un tamponnement correct, le suintement sanguin se prolongeait, il suffirait le plus souvent de mettre le malade la tête haute et de pratiquer une injection d’une substance hypotensive (extrait de lobe postérieur de Phypophyse), soit d’un sérum anti-hémorragique (hémostvyl, sérum anti-diphtérique, anthéma).
Dans les cas exceptionnels où ces moyens eux-mêmes d\emeureraient insuffisants, Dutheillet de Lamothe recommande :
1° D’enlever les tampons.
2° De pratiquer un grand lavage des fosses nasales avec du sérum physiologique très chaud, pour enlever les caïillots. |
3° De pulvériser dans les fosses nasales une solution de cocaïne au 1/5°, largement additionnée d’adrénaline.
4° D'’introduire dans les fosses nasales de larges tampons d’ouate imbibés de la même solution ou des mèches de gaze à la ferripyrine. Ce tamponnement serait laissé en place au moins 48 heures. Ces hémorragies abondantes et rebelles ne sont d’ailleurs qu’exceptionneiles. Elles sont presque toujours le fait d’une large déchirure de la muqueuse pratiquée au cours de l'intervention.
A ces hémorragies post-opératoires doit être rattaché l'hématome de la cloison qui, comme elles, est évité par un tamponnement correct et méthodique des fosses nasales, après la résection sous-muqueuse. Dans le cas où il se produirait, une contre-incision au point déclive s’imposerait.
b) Complications infectieuses
a) Les unes sont exceptionnelles, telles sont les méningites consécutives à des fractures de la lame criblée. Le germe en cause est d’ailleurs souvent du méningocoque: d’où la possibilité de guérison par la sérothérapie intratachidienne.
b) Par contre, ül est moins rare d’observer dans les jours qui suivent l’intervention :
1° Un érysipèle de la face. On l’évitera soigneusement par une désinfection soigneuse préalable du champ opératoire, principalement de la lèvre supérieure, chez les hommes porteurs de moustaches.
2° Une amygdalite légère, parfois même une otite moyenne aiguë, que l’on s’efforcera d'éviter en mainte-
nant le tamponnement post-opératoire tout au plus 24 heures.
3° Une infection à point de départ naso-pharyngé rappelant la grippe par son début et son évolution : mal de gorge violent avec nausées, frissons, température à 40°, 41°, courbature généralisée. Localement, la muqueuse nasale est gonflée, couverte de muco-pus, la gorge est rouge, la langue saburrale, le faciès vultueux. L’anorexie est complète, la soif vive. On note de la céphalée qui,
HV Ce
jointe à une certaine raideur de la nuque peut, dans certains cas, en imposer pour une méningite, Mais au bout de deux à trois jours, la température retombe brusquement à la normale, les troubles observés se dissipent, et tout rentre dans l’ordre.
Ces diverses complications infectieuses seront d’ailleurs presque toujours évitées si l'intervention a été précédée d’une sérieuse et longue désinfection du nez et du rhino-pharynx (durant troïs semaines et même un mois).