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ABLATION DES CRÊTES AU RABOT APRÈS DÉCOLLEMENT DE LA MUQUEUSE

Elle n’est, en fait, qu’une résection sous-muqueuse partielle.

Plus élégante et plus chirurgicale que l’ablation simple des crêtes au rabot sans décollement préalable de la muqueuse, elle a surtout l’avantage de moins exposer aux hémorragies. On sait en effet que la branche inférieure de division de l’artère de da cloïson (qui, normalement, suit d’arrière en avant [la ligne d’articulation du cartilage avec Île vomer, un peu au-dessous de cette iigne, donge le bord inférieur de toute arête (puisque celle-ci répond elle-même à cette ligne d’articulation). Or, cette branche artérielle est située entre la muqueuse et le périchondre., Un rabot, enlevant à la fois la crête et la muqueuse qui la recouvre, sectionne donc presque fatalement la branche artérielle immédiatement sousjacente à la crête. Au contraire, après décollement de la muqueuse et du périoste, cette branche artérielle se trouve réclinée et demeure, par conséquent, à l'abri du rabot qui n’intéresse ainsi que la partie osseuse de la crête.

Par contre, le décollement de la muqueuse rend l’ablation de la crête plus complexe, plus longue, plus difficile à exécuter. Aussi, malgré ces avantages, ce procédé n'est-il que très peu employé.

Pour le pratiquer, le bistouri, la rugine courbe de Lombard, la spatule et même, si lon veut, la sonde cannelée de Nélaton, utilisés dans la résection sous-muqueuse, suffisent. IL faut cependant y adjoindre un speculum fendu de Vacher et le rabot de Lermoyez.

L’anesthésie est calquée sur celle de la résection sousmuqueuse : badigeonnage à la cocaïne à 1/10° de la muqueuse qui recouvre la crête, infiltration avec de la novocaine adrénalinée du plan de clivage compris entre le périoste ou le périchondre et la muqueuse, d’une part, et le plan ostéo-cartilagineux sous-jacent, d’autre part.

On trace d’abord une première incision perpendiculaire à la crête, immédiatement en avant du point où celle-ci commence.

Une deuxième incision longe le bord saillant de cette crête dans toute sa longueur et vient se brancher à angle droit sur la première, formant ainsi, avec elle, une sorte de T, dont elle représente la branche verticale.

Les deux incisions doïvent intéresser muqueuse et périchondre jusqu’au cartilage. Puis, toujours comme dans la résection sous-muqueuse, on s'efforce de décoller la muqueuse sus-jacente à la crête, ensuite le lambeau supérieur de cette crête (moins adhérente), enfin Île lambeau inférieur.

Après libération de ces flambeaux, il me reste plus qu’à introduire sous eux le rabot de Lermoyez, la convexité de la lame répondant à la cloison, à aller accrocher avec lui l'extrémité postérieure de la crête et à tirer à soi l'instrument. De la sorte, la crête seule est sectionnée : on la retire avec une pince quelconque.

Dans certains cas, cependant, il existe du côté concave

de la cloison une plicature correspondant à la crête. Pour éviter que la muqueuse de ce côté ne soit intéressée par le rabot dans l’ablation de la crête, on est parfois obligé de traverser le cartilage par une üncision faite au niveau de la première incision muqueuse en avant de la crête, et d'aller décoller la muqueuse du côté concave, tout comme dans la résection sous-muqueuse.

Quoi qu’il en soit, la crête enlevée, on réapplique les lambeaux de muqueuse sectionnés et on procède au même tamponnement que dans la résection sousmuqueuse,

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