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tion de l’ophtalmique. Cette grosse artère possède, en effet,très fréquemmentune anastomose qui passe sous le nerf et rejoint le tronc mère aussitôt après que ce dernier à croisé la face supérieure se dirigeant en dedans. Le nerf optique est donc engainé dans un véritable anneau artériel.
Ce cercle vasculaire est soumis à des fortunes diverses. Tantôt mince et court, il se borne à être une communication étroite et négligeable tendueenire deux segments de l'artère principale. Tantôt, au contraire, son importance est prépondérante. C’est lui qui absorbe la masse principale du sang destinée à l’orbite. On dit alors que l’artère ophtalmique au lieu de passer sur le nerf passe en dessous.
L'origine de la centrale rétinienne devait fatalement se ressentir de l’inconstance du cours de la grosse artère (1). Normalement située en dessous et en dedans du nerf optique pour des raisons embryologiques, elle naît volontiers du segment inférieur de cette anastomose, seule, ou par un tronc commun ainsi que nous
l’avons dit, avec des ciliaires internes.
1. On a dit aussi que l’artère centrale de la rétine pouvait naître par deux racines. Cette opinion due la première fois à Mariotte fut reprise par Beaunis et Bouchard qui la mentionnent seulement. Mayer doute fort de sa réalité et, personnelle ment, n’a jamais vu de tels cas,
Lauth. (Mémoire de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg, Paris, 1833, L. II, p. 46, dit encore : « Dans un cas observé par mon père la centrale de la rétine naissait directement de la carotide interne. »
rer)
Son cours visiblen’excède jamais 1 ou 2 millimètres. Il est très souvent nul, et il faut une recherche délicate, aidée d’une très fine dissection, pour la percevoir. Mayer dit à ce propos que la centrale de la rétine est sur tout son parcours engainée dans un dédoublement de la dure-mère qui engloberait souvent l’ophtalmique elle-même. Elle serpenterait ainsi pendant un parcours assez long dans cette chemise fibreuse, et ce n’est que 10 à 15 millimètres en arrière de l'insertion bulbaire qu’elle se déciderait à s’enfoncer perpendiculairement dans le tronc optique, traversant seulement alors les espaces sus et sous-arachnoïdiens.
Pour ce qui nous concerne, en examinant le résultat de nos injections nous avons pu facilement nous convaincre de la réalité de ce cours caché de la centrale rétinienne. Cependant, il nous a semblé que le vaisseau étant bien rempli est facile à trouver, et même à voir serpenter dans sa gaine. Ainsi que nous l’avons déjà dit pour l’ophtalmique, il ne nous paraît pas y avoir là à l’origine un véritable dédoublement de la duremère. D'abord accolée au tronc optique par un feuillet fibreux mince, véritable fascia vasculaire, ce n’est qu'après un cours de 2 à 3 millimètres qu'elle s’enfonce véritablement cette fois dans l'épaisseur de la gaine durale.
Que devient-elle à ce moment?
L'opinion la plus courante veut qu’elle fasse son entrée entre 15 et 20 millimètres en arrière du bulbe ; mais il arrive que cette pénétration ait lieu plus bas. Vossius donne, du reste, les chiffres de 10 à 12 mil-
her
limètres. Arlt ceux de 11 à 13 millimètres. Il s’agit là, évidemment, d'adultes car en ce qui nous concerne, Sur des cadavres de nouveau-nés nons avons constamment observé des chiffres beaucoup plus bas, de 5 à 9 millimètres, et cela tendrait à prouver que dans la suite, la portion immédiatement rétro-bulbaire du nerf optique se développerait moins que les autres. Schwalbe qui donne un chiffre très faible, dit, du reste, avoir trouvé parfois chez l’adulte une distance plus petite encore que celle donnée par les autres anatomistes soit: 7 millimètres.
Large à son origine de 28 millimètres d'après Henle, elle se rétrécirait pour entrer dans le nerf, «elle ne mesurerait plus alors d’après Schwalbe que 23 millimètres. Bien que la différence soit minime, elle est intéressante à noter. Nous attribuons, pour notre part, cette diminution de calibre au fait que l’artère centrale de la rétine avant de traverser la pie-mère émet régulièrement ainsi que nous l’avons noté, des branches pour le réseau superficiel contenues dans cette gaine vasculaire. Ces branches qui ne sont pas, du reste, très fines, sont rarement récurrentes, généralement descendantes.
L’artère entre seule dans le tronc nerveux, c'est-àdire qu'elle n’est pas accompagnée de la veine. Celleci, ainsi que l’a fort bien vu Michel, quitte l’axe du nerf, quelques millimètres plus bas. Elle reste sous la gaine piale dans cette partie superficielle si riche en névroglie et c'est de là qu’elle envoie dans la dure-mère, jusqu à épuisement, des émissaires de dimensions plus ou moins considérables. ;
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FiGurE I Nerf optique d'enfant. Coupe longitudinale montrant l'entrée de l'artère centrale qui pénétrait sur ce sujet environ à 5 millimètres en arrière du bulbe.
Ficure II Coupe de nerf optique d'enfant à son insertion bulbaire. Aspect périphérique de la lame criblée montrant la distribution de deux artérioles d'origine ciliaire, La pupille non visible est dans un étage inférieur.
fig 2.
Acrob, Éditeur.
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On a coutume de dire que l'artère centrale de la rétine pénètre le nerf par sa face inférieure, mais cette question, d'apparence si simple, a suscité des opinions différentes et des recherches de contrôle. Vossius soutint, en effet, que ce point d’accès avait lieu dans le quadrant inféro-externe. Or, l’embryologie nous enseigne que l’invagination de la vésicule secondaire, gouttière par où pénètrentles vaisseaux centraux, se trouve directement sur la ligne médiane. Fallait-il donc supposer qu’au cours du développement le bulbe effectuait une torsion de 90°? Cette opinion, dit Leber, est insoutenable. Des examens de nerfs optiques sur des nouveaunés ont montré, en effet, que si cette artère pénètre dans le quadrant inféro-externe, c’est dans la portion tout inférieure de celui-ci, autant dire directement en dessous. Dureste, Deyls qui compulsa vingt-neuf cas trouva ce point d'accès directement sur la ligne médiane. Henckel qui examina, pour se convaincre, un certain nombre d’embryons humains, écrit qu’au troisième mois la fente fœtale est bien à cet endroit. Plus tôt, elle serait en bas et en dedans (His, Henckel). D'autre part, s’il n'existe du côté du bulbe oculaire aucun changement pouvant expliquer l'opinion de Vossius, ne pourrait-il y avoir de très bonne heure quelque torsion du nerf proprement dit? Strahl, Leber, Wilbrand et Saenger en doutent tout en la déclarant possible.
L’artère centrale rétinienne entre dans le nerf en entraînant avec elle un épais cordon conjonctif qu’elle parait emprunter en grande partie à la dure-mère et
qui n’est autre, pensons-nous, qu'un fascia vasculaire
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très dense contenant des fibres sympathiques venues du ganglion ciliaire etqui suivront jusqu’à la papille. Cette gaine, dont l’épaisseur dépasse le diamètre de l'artère elle-même lorsque le cordon a gagné sa situation axiale, n’est pas à son passage dural, si large. La piemère paraît renforcer considérablement les faisceaux périphériques en se déprimant à son point d'entrée, si bien que sur une coupe transversale on trouve là une formation conjonctive d'apparence réniforme, qui s’amincit ensuite et s’arrondit au centre du nerf pour se terminer coniquement à la papille. Cette gaine qui contiendrait, d’après Bietti, de très nombreuses fibres élastiques serait une véritable chemise lymphatique. Nous verrons dans la deuxième partie de ce travail les opinions émises à ce sujet et qui en font une voie d'écoulement soit de l’humeur vitrée soit de la lymphe hyaloïdienne.
Quoi qu'ilen soit, pour gagner lé centre du tronc ner- . veux, l'artère et sa gaine entrent perpendiculairement à l’axe, puis, se recourbant en un demi-cerclese dirigent en avant, où elles rejoignent bientôt la veine. A partir de ce moment, pour étudier la façon dont se comporte les vaisseaux centraux, il faut avoir recours aux coupes sériées longitudinalement. Ainsi, on peut se rendre compte que la centrale rétinienne après avoir dessiné cette courbe presque à angle droit se dirige vers la papille en suivant à peu près le centre du nerf, mais le plus ordinairement déviée un peu vers le bas. Enfin durant ce trajet, elle émet des branches.
Ces rameaux ne sont pas, comme tend à le montrer la
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figure classique empruntée à Leber disposés dans un sens radiaire, c'est-à-dire s’écartant perpendiculairement du tronc pour se diriger vers la périphérie et se mêler aux vaisseaux du réseau pial. Ils sont, au contraire, presque tous parallèles à l’axe, et très rapprochés de l'artère d’origine. Souvent ces gros rameaux sont au nombre de deux et viennent se loger dans le voisinage immédiat du cordon vaseulo-conjonctif, s’amineissant jusqu'à disparition aux approches de la papille. D’autres plus fins suivent la même direction, mais ici encore, leur mode de ramescence est conforme à ce que nous savons déjà de la vascularisation du nerf optique. Presque aussitôt après avoir pris naissance par une courte origine perpendiculaire au tronc mère, le rameau se divise en T envoyant entre les faisceaux une branche descendante et une récurrente. De celles-ci, naissent par le même mode de ramescence d’autres émissaires de plus en plus fins, jusqu’à épuisement.
Certains auteurs (Vossius) ont dit que l'artère centrale aussitôt entrée envoyait dans‘la région postérieure du tronc optique une branche récurrente d’un certain volume. Bien que sur six cas d’injections réussies nous n’ayons trouvé cette disposition qu’une fois, nous la considérons comme très possible. L’artère centrale, partagée en deux troncs dans le prolongement l’un .de l’autre dont l’un descendrait vers la rétine et l’autre remontrait vers le trou optique obéirait ainsi à cette disposition générale qu’on retrouve pour ses branches et celles du réseau pie-mérien. D'autre part, si cette dis-
position n'existe pas sur tous les sujets, il nous a sem-
blé qu’il y avait souvent, en arrière du coude décrit par son entrée, une artériole assez grosse, provenant, non pas directement de la centrale rétinienne elle-même mais d’une de ses branches qui courent parallèlement à , son trajet. Ce ne serait, dans ce cas, qu’une récurrente résultant de la division d’un rameau de premier ordre.
Il ressort de ces faits, que sur une coupe transversale si on observe dans le nerf optique de gros vaisseaux dont la lumière se dessine nettement, il y en a fort peu de coupés longitudinalement. L’artère accompagnée de ses branches est flanquée de la veine qui est sensiblement plus grosse qu’elle. Il est à noter que celleci possède également des affluents de grosse taille et sur les coupes parallèles on se rend bien compte par leurs dimensions de la différence entre les artérioles et les veinules.
Une question qui aurait un certain intérêt serait celle de savoir s’il existe deux territoires, l’un pour les branches piales, l’autre pour l’artère centrale. Or, bien que ce soit notre conviction, il est impossible de donner des preuves, à l’appui de ce fait. Pour résoudre le problème il faudrait pouvoir.pousser une injection dans l’artère centrale seule, ou tout au moins la lier et remplir l’ophtalmique.
Si ces recherches sont impossibles sur un nouveauné, au moins peut-on les croire réalisables sur l’adulte, Malheureusement il n'en est rien, car il ne faut pas oublier que la moindre effraction donne avec les masses extra-fluides d’abondantes pertes qui paralysent l’opé-
ration. Or, comment lier la centrale de la rétine sans
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pénétrer dans l’orbite, c’est-à-dire en plein territoire de l’ophtalmique ? Nous dirons cependant plus loin les raisons qui militent en faveur d’une telle indépendance physiologique.
Au niveau de la lame criblée, la disposition du tissu conjonctif, à cet endroit constitué par des travées minces et serrées entraînerait, d’après Leber, une variante dans la disposition des vaisseaux. Ceux-ciseraient contistués par des capillaires très minces et fins dirigés radiairement et provenant de deux sources différentes; les vaisseaux ciliaires etl’artère centrale. Il existerait ainsi à cet endroit, des anastomoses entre le système hyaloïdien et le système ciliaire, celles-ci se faisant, d’une part, à l’aide des vaisseaux de la sclérotique et de la choroïde, d’autre part avec la ramification provenant du cercle de tissu plongeant directement dans le tissu interstitiel du nerf au niveau de l'insertion durale.
En ce qui concerne l'existence même de ces vaisseaux, leur présence au niveau de la lame criblée n’est pas douteuse. Nous pensons cependant après l'examen répélé de nos coupes que d’une part, leur quantité a été peut-être exagérée et qu'en tous les cas l’origine hyaloïdienne de certains d’entre eux est fort sujet à caution.
La planche II qui fut dessinée à la chambre claire d’après une de nos préparations montre, en effet, une particularité remarquable. C’est le contraste existant entre un tronc parfaitement injecté rempli de vaisseaux
et, au contraire, la pauvreté d'irrigation de la lame cri-
hote
blée. Cette disposition est-elle normale ou attribuable à un défaut de perméabilité de ces fins capillaires ? Nous ne le pensons pas, car sur d’autres coupes semblables nous avons, à cinq reprises différentes, observé le mème fait. Il est juste, cependant, d'ajouter que nous avons utilisé toujours des nouveau-nés. Cette ischémie relative serait-elle normale à cet âge, ou le calibre du réseau serait-il tellement fin que les masses pourtant si fluides à base d’éther ne pourraient pénétrer ? Il est bien difficile à cet égard d'apporter des preuves, soit dans un sens soit dans l’autre.
Quant à ce qui concerne la contribution de l'artère centrale dans l'irrigation de lame criblée, nous pensons ‘qu’ilest tout à fait anormal que cette artère envoie des vaisseaux dans ce tissu conjonctif d’origine scléroticale. La centrale, primitivement hyaloïdienne, et devenue dans la suite de l’évolution de l’œil chez l’homme et chez certains mammifères le vaisseau chargé d’irriguer la rétine, peut bien donner des branches dans le nerf optique pour concourir à la nutrition des faisceaux nerveux émanant de la menbrane sensorielle, mais n’a rien à voir avec la lamina cribrosa qu’elle ne fait que traverser, et, qui est perpendiculaire même à la direction de ses branches.
Cette région est irriguée,sinon d’un façon intense du moins d’une façon normale par des vaisseaux uniquement d’origine ciliaire. Ceux-ci viennent, ainsi que nous l'avons déjà mentionné, des vaisseaux situés dans la choroïde, de ceux de la sclérotique qui ne font en cela que continuer leur trajet dans les fibres de cette
tunique prolongée dans le nerf optique, et enfin du cercle de Zinn.
Et maintenant les ramifications de ces vaisseaux s’anastomosent-elles avec les terminaisons des branches d'origine hyaloïdienne ? Leber le dit et Rochon-Duvignaud, tout en se rangeant à cette opinion, ajoute que ces communications portent sur des branches si fines qu’elles n'ont aucune importance physiologique. En ce qui nous concerne, nous pensons que ces anastomoses ne sont que la continuation de capillaires artériels avec des veinules, qu’il en est de cette zone comme pour les autres parties du tronc optique,et quetout ce qui circule comme vaisseaux sanguins dans le nerf et dans la rétine
sont des branches terminales.
Magitot 4