‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 13 sur 40 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Artères des bandelettes optiques.

Les bandelettes, continuation postérieure du chiasma constituent la troisième étape que traversent les fibres rétiniennes avant leur arrivée au premier relai ganglionnaire. AR

Ces organes ont une irrigation vasculaire spéciale qui a deux sources différentes selon que l’on considère leur région tout antérieure, c’est-à-dire presque chiasmatique ou, au contraire, leur partie qui s'étend en arrière de celle-ci jusqu’à leur bifurcation pour les corps genouillés.

La partie antérieure de chaque tractus optici a une irrigation qui lui est commune avec la face inférieure du chiasma dont il constitue en quelque sorte la corne postérieure. On trouve là une branche, venue soit directement de la carotide interne soit-de la communiquante postérieure, et dont le territoire de distribution est presque aussitôt double par suite de sa division en deux rameaux principaux, l’un destiné au chiasma, l’autre à la tige pituitaire et au tuber cinéréum. Le rameau

antérieur, assez volumineux, dirigé en haut et en avant

| — 51 — est obligé de croiser très obliquement la bandelette bomolatérale. Ce faisant, il abandonne dans la pie-mère qui la recouvre de fines branches qui constitueront la moyenne partie du réseau polygonal, continuation du réseau pial qu’on trouve sur toute l’étendue du nerf optique.

La partie postérieure de chaque bandelette poss ède upe autre artère, la choroïdienne antérieure dont le terrain de distribution est essentiellement thalamique. Encore appelée choroïdienne externe par quelques auteurs, elle naît directement de la carotide interne immédiatement au-dessous de la sylvienne, au-dessus de la communiquante postérieure. Cette artère que tous les anatomistes connaissent comme appartenant aux noyaux de la base du cerveau, et que Duret a fort bien décrit dans ses rapports avec les bandelettes peut cependant naître autrement. On la voit alors se détacher, soit de la cérébrale moyenne (Sylvienne), soit de la communiquante postérieure elle-mème lorsque celleci est volumineuse. Chez le fœtus elle est relativement beaucoup plus considérable que chez l’adulie à cause du développement des plexus choroïdes.

De cette origine, elle se dirige en arrière eten dehors, aborde la face inférieure de la bandelette qu’elle croise, longe son bord interne, puis traverse de nouveau et se. met en rapport avec le bord externe jusqu’à sa disparition dans la corne inférieure du ventrieule latéral où nous ne la suivrons pas.

Dans ce trajet, elle a émis des branches collaté-

rales.

TÉNE

4 Un ou plusieurs rameaux pour la cinquième circonvolution temporale ;

2 De petites branches pour la bandelette optique et le pédoncule cérébral. Celles-ci sont en nombre très variable généralement dirigées de haut en bas sur la face supérieure de l’artère. Elles vont se jeter aussitôt dans le réseau pie-mérien, constitué en avant par les divisions de l’artère venue de la communiquante postérieure décrite plus haut.

3° Enfin des artères centrales ou perforantes signalées par Heubner. ,

Ces dernières branches sont volumineuses. Elles sont au nombre de trois à quatre jusqu’à huit dit Charpy,et pénètrent dans les trous qu’on voit en dedans et en dehors dela bandelette et sur la bandelette elle-même.

Ces artères traversent le tractus optique. Elles sont destinées au bras postérieur de la capsule interne et au segment interne du noyau lenticulaire ; mais bien que surtout nucléaires, elles donnent en passant des rameaux plus ou moins gros qui s'étendent obliquement dans le trajet des fibres optiques de la bandelette. Nous avons pu,par des coupes,nous convaincre que de ceuxci naissent des branches fines contribuant à la nutrition interstitielle des fibres nerveuses à ce niveau.

Cette disposition ne peut être vue que sur des coupes sériées et il n’est pas plus difficile de suivre ces gros rameaux que de répérer une artère centrale dans le nerf optique. En même temps, on trouve la cireulation interstitielle des tractus constituée par une infinité

de petites artérioles ayant absolument le mème aspect -

qu'au niveau du chiasma, mais on peut dire qu'ici cette irrigation est en partie double. D’une part, en effet, on voit descendre du réseau pie-mérien des ramuscules plus où moins longs,très perpendiculairement, qui s’enfoncent dans la profondeur, se ramifient suivant le mode habituel et se résolvent en capillaires qui courent alors parallèlement aux fibres nerveuses, les unes récurrentes, les autres descendantes.

D'autre part, existent des branches venues des artères perforantes thalamiques, de diamètre plus considérable que celui des émissaires du réseau pial, et qui se ramifient en dernière analyse de la mème façon.

Kolisko(cité par Charpy)observe que la choroïdienne antérieure doit être considérée comme une grosse artère de la base ayant un territoire central et périphérique. Le terriloire central serait constitué par ces rameaux térébrants destinés au globus pallidus, au corps strié, à la capsule interne dans ses deux tiers postérieurs et à la couche optique. Le territoire périphérique aurait sous sa dépendance, la cinquième temporale, le plexus choroïde et la bandelette optique.

Enfin, de ces deux territoires l’un, le périphérique seraitanastomotique; l'auire,le central,serait terminal(1).

Dans le hut de nous rendre compte des relations anastomotiques du réseau pial des bandeleites nous

avons pratiqué, dans la choroïdienne antérieure un cer-

1. Kollisko a rassemblé plusieurs observations de ramollissement dela capsule interne par oblitération de la choroïdienne antérieure dans lesquelles on nota de l’hémiplégie avec de l’hémianesthésie et de l’hémianopsie.

tain nombre d’injections. Pour cela, nous avons pris des cerveaux d’adultes à l’autopsie en ayant soin de détacher le plus de dure-mère possible et en ménageant une certaine longueur à la section de la carotide interne.

Ceci fait, en ayant soin de lier ou de pincer toutes les branches de bifurcation de cette grosse artère de manière à ne laisser perméable que la choroïdienne antérieure nous poussions par cette voie une injection de liquide, soit à base d’éther, soit une masse aqueuse selon les cas.

Lorsqueles conditions étaient favorables, nous voyions alors le réseau pie-mérien des bandelettes se remplir, et s’avancer jusqu’au chiasma sans l'atteindre. Pendant ce temps l’injection refluait en arrière et ressortait par la cérébrale postérieure.

Bien que la puissance de pénétration dans telles opérations ne puisse être comparée avec ce que l’on obtient sur les crânes intacts et entiers, nous croyons que cette constatation est intéressante. Elle tendrait à nous faire revenir à l'opinion de Duret combattue par Hubner, Cadiat, Charpy, par laquelle cet auteur affirmait ne voir dans les réseaux pie-mériens qu’un assemblage d’artérioles terminales, et non des mailles anastomotiques.

Pour notre part, sans nous hâter de conclure, nous ne pouvons nous empècher de rapprocher ce fait d’un autre que nous avons observé après plusieurs tentatives et qui démontrerait l'indépendance des réseaux pie-

mériens intra et extra-orbitaire du nerf optique.

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