Achard et Lœper. L’eau dansl’organisme après la ligature
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animaux, virent le férocyanure de potassium injecté passer dans l’œdèmé, le liquide céphalo-rachidien et l'humeur aqueuse.
Sicard, d'autre part,expérimentant sur le même liquide céphalo-rachidien (1), ayant injecté dans le sac sousarachnoïdien d’un chien unesolution d’encre de Chine, vit au bout de huit mois les. ganglions lymphatiques de toute l'économie bourrés de ces granulations noires. Dans d’autres expériences faites pas le même auteur nous savons qu'au niveau du nerf optique on trouve ces particules d’encre de Chine dans l’espace vaginal: Un certain nombre d’entre elles sont arrêtées au niveau du cul-de-sac à l’insertion bulbaïre, mais Dupuy-Dutemps qui fit un examen altentif de ces yeux ne nous dit nullement avoirtrouvé des granulations colorées soit dans le vitré soit dans l'humeur aqueuse.
Quelle certitude peuvent donc nous donner les analyses chimiques de ces diverses humeurs? Elles ne sont jamais superposables Elles varient mème souvent entre. animaux de même espèce. |
Les présomptions que peuvent donner une réaction semblable comme celle de la phaléine, si séduisante pour Leber, ne peuvent dissiper le doute de notre esprit.
Nombre d’auteurs,cependant, considèrent les liquides
du pénicule rénal, Archives de méd. expérimentale el d’anat. path., 1903.
1. Sicard. /njection sous-arachnoïdiennes. Thèse Paris, 1900 et Le liquide céphalo-rachidien. Paris, 1902.
de l’œil comme de lalymphe. Lœper,d’ailleurs,s’exprime ainsi : « Dans l'intimité même des tissus existe done un vaste appareil de filtration et d’excrétion universellement réparti, constitué par une infinité de petits systèmes. Certains de ces systèmes ont, dans le développement de l’organisme, et en raison du rôle qui leur est dévolu ou de la fonction qu'ils doivent ac-
complir, pris une importance exagérée, presque mons- | trueuse. R
C’est ainsi que l’œil contient une cavité lymphatique assez considérable, drainée par des canaux spéciaux. : ce sont des fentes Ilymphatiques géantes qui sont à l’organe ce qu'est la fente lymphatique à la cellule ou à un groupement cellulaire. » ÿ
Angelucci, bien que ne se livrant à aucun commentaire sur l'identification des tumeurs oculaires, se sert du mot lympbhe pour désigner l’humeur aqueuse, ou le vitré. Il paraît évident que dans son esprit les termes sont synonymes en ce qui concerne la nature intimé des liquides.
De même pour Venneman, Wielbrand et Singer, Leber et bien d’autres. Au demeurant, l'exemple vient de loin. Déjà, en 1869, Schwalbe par ses injections touchait à cette question. Michel, en 1872, l’amplifiait, Smith-Rimpler, Axel Rey et Retzius par des méthodes anatomiques semblables établissaient des rapports entre l'espace
supra-choroïdien lymphatique et les gaines du nerf opti-
{.'Lœæper, La formation de la lymphe. Presse médicale, septembre 1903. Angelucei. Encyclopédie française d'ophtalmoloqe, t. II. Venneman. Encyclopédie française, t. 1,
Lot
que contenant du liquide cérébro-spinal. Lorsque vinrent avec Stilling, Priestley-Smith, Gifford, Leplat et autres, les méthodes physiologiques et les substances diffusibles, on s’attaqua à l’origine des tumeurs oculaires et, poussé par l'intérêt étiologique du glaucome, on en chercha les voies d’excrétion. On supposa alors un mouvement continuel un véritable courant, rapide dans la chambre antérieure, lent dans le vitré. Un tel phénomène est-il conforme à la réalité ? Déjà Otto Weiss, dans un travail récent, formule un certain nombre de
très justes critiques à ce sujet.
Bien que ces questions sortent un peu du domaine que nous nous sommes assigné dans ce travail, elles ont pour nous un réel intérêt étant donné le rôle qu’on a toujours fait jouer au nerf optique dans la sortie des liquides intra-oculaires. Comment trancher la question de l’unité de ces humeurs ? Est-ce de la lymphe comme l’admet Cantonnet dans sa thèse récente, ou sommesnous en présence de choses différentes comme le pense Rochon-Duvignaud (1)? Les preuves sont loin d’être décisives. On pourrait peut-être arriver à des considérations intéressantes si les auteurs quise sont occupés du chimisme biologique des humeurs de l’œil consentaient à s'occuper de la même façon de la lymphe prélevée à l’état de jeune au niveau d’une fistule de la grande veine lymphatique, par exemple, et du liquide céphalo-rachidien. Étant donné les discordances existant entre ani-
1. Rochon-Duvignaud. Anatomie et physiologie du nerf optique, Encyclopédie française dipl., t. IT.
EAN D maux de même espèce, comment conclure dès maintenant d’une façon générale ?
De telles recherches sont, à n’en pas douter,extrèmement délicates. À des procédés semblables il faudrait la superposition d'individus identiques,non seulement au point de vue espèce, mais aussi des conditions biolo-
giques. Il est donc prématuré d’affirmer quoi que ce soit.