‹ Contribution à l'étude de la Circulation Artérielle et Lymphatique du Nerf Optique et du ChiasmaChapitre 18 sur 40 · CHAPITRE: Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE: Il

Les pseudo-voies lymphatiques des gaines du nerf optique.

Ainsi que chacun le sait, le nerf optique est entouré sur tout son parcours d’une membrane fibreuse très mince qui luiadhère, d’une façon intime,la pie-mère.Cette gaine se retrouve sur le chiasma dont elle enveloppe toute la portion saillante, de mème pour les bandelettes dont seules, les faces inférieures sont autonomes. La pie-mère qui recouvre tous les centres nerveux, encéphale et moelle est constituée au niveau de cette dernière par deux couches, l’une externe, l’autre interne « l’Intima pia » séparées par un espace, dit-on, lymphatique et garni sur ses deux faces de cellules endothéliales. Dans le crâne, l’Intima pia est la seule couche restante de la pie-mère, et, il en est de mème pour ie nerf optique. Au niveau de celui-ci, elle reçoit, par ,sa face externe, l’insertion du tissu réticulé sous-arachnoidien et celle de colonnes fibreuses émises par la duremère. Par sa face interne elle envoie dans le nerf de nombreuses cloisons conjonctives, et nous avons vu

que ces cloisons étaient parcourues presque toutes par

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des vaisseaux. Entre la pie-mère et les faisceaux nerveux se trouve une couche névroglitique assez large dont Fuchs attribue la formation à une atrophie des

fibres nerveuses périphériques.

Au niveau du trou optique, la pie-mère et le nerf qu'elle habille, sont entourés par la dure-mère entrainant avec elle l’arachnoïde. Dès cet instant, il n’y a sur le nerf optique orbitraire non plus une gaine mais trois. L’arachnoïde qui s'étend entre la dure-mère et l’Intima pia est une membrane très mince constituée par des travées connectives et des cellules plates sur ses deux faces.

Bien que les Allemands n'admettent pas l’autonomie de l’archnoïde, rappelons que l’usage en France a prévalu, depuis Bichat, de lui assigner deux feuillets, l’un pariétal, faisant partie intégrante de la duremère à la face profonde de laquelle elle adhère, et un feuillet viscéral, très nettement visible, dont les deux faces sont libres. Cette liberté cependant ne va pas sans certaines adhérences du côté externe, produites par les colonnes fibreuses émises par la dure-mère dont nous avons parlé, et du côté interne par les trabécules detissu réticulé qui remplit l’espace sous-arachnoïdien.

La dure-mère enfin, membrane épaisse et fibreuse recouvre le tout. Sa face externe est libre, recouverte de tissu cellulaire lâche où cireule des nerfs et des vaisseaux se rendantau bulbe.La faceinterne à laquelle

s'ajoute, d’après les auteurs français, le feuillet pariétal

archnoïdien est lisse. De cette face partent les travées déjà mentionnées.

Il apparaît donc très nettement que la disposition des méninges du nerf optique est calquée sur celle des centres nerveux, en général. On y trouvera donc par anologie deux espaces parfaitement injectables et visibles sur des coupestransversales. L’un externe, ‘entrela dure-mère doublée de l’archnoïde pariétale d’une part, le feuillet viscéral de l’arachnoïde d'autre part. C’est l’espace sous-dural, étroit, virtuel et bien visible que s’il est injecté. Rappelons, en passant, que d’après les conceptions de Bichat et Cloquet, cet espace serait entièrement inter-arachnoïdien.

Au-dessous de cet étage, se trouve l’espace sousarachnoïdien entre la pie-mère et l’arachnoïde viscérale. Cet espace est relativement large. Il n’est pas entièrement libre mais traversé par de nombreux trabécules recouverts de cellules endothéliales souvent euxmême porteurs de vaisseaux. Il est rempli de liquide céphalo-rachidien au même titre que l’espace semblable de la moelle et de l’encéphale.

Au niveau de l'insertion bulbaire, ces cavités se terminent en culs-de-sac, mais pénètrent dans la sclérotique jusqu'aux deux tiers de son épaisseur. Elles s’arrêtent à ce niveau contre la face postérieure dela lame criblée, mais comme l’espace sous-arachnoïdien est virtuel il n’y a en fait qu'un cul-de-sac étroit et serré à l’état normal, arrondi quand il est injecté.

Au niveau du’trou optique, il est à remarquer qu'il existe une fusion entre les gaines du nerf. La pie-mère

adhère intimement à la membrane arachno-dure-mé: rienne. La dure-mère tient d'autant plus solidement à l'os qu’elle sert de périoste, et, que sur elle s’attachent la plupart des muscles droits ,le grand oblique et même une partie du releveur. Cette fusion extrêmement prononcée sur l’homme adulte n’est pas totale. Schwalbe dit qu’elle n’existe pas au niveau de la face inférieure. Bien que très serrée, elle se laisse cependant forcer, et cela quand le liquide céphalo-rachidien en hypertension vient pendant quelque temps appuyer sur la face endocranienne du trou optique. Les adhérences de l’arachnoïde et de la pie-mère peuvent-elles être toujours vaincues de cette façon? Nous croyons après l'examen de nombreux crânes d'adultes qu'il est très vraisemblable que chez certains individus il y ait pour cela des facilités qu'on ne retrouve pas chez d’autres. Chez l'enfant nouveau-né ces adhérences sont minimes. On peut facilement et presque à chaque coup injecter une masse colorée dans les gaines optiques en passant par le lac arachnoïdien antérieur. Chez les animaux comme le lapin la communication est encore plus aisée à obtenir. Chez le chien, on la démontre comme sur l’enfant. C’est sur cet animal, du reste, que Sicard a fait ses expériences dont la partie ophtalmologique a été rapportée par Dupuy-Dutemps.

La conception des gaines séreuses du nerf optique comme voies lymphatiques fut lancée par Schwalbe en 1869. Cet auteur reconnut la communication entre l’espace sous-arachnoïdien de l’optique et l’espace homolo-

gue encéphalique ; il démontra surtout par la niträtation

ES TO: me l’existence de cellules endothéliales, et ce fut sans douté ce fait qui influa sur sa manière d'envisager la nature de cet espace. Il n’admit entre la dure-mère et l’Intima pla qu'une cavité, l’espace intervaginal, opinion qu’il corrige, du reste, dans l’édition de son Anatomie de 1887.

S'il n’admettait cependant qu’un seul interstice entre ies gaines externes du nerf, il décrivait, par contre, un espace supra-vaginal situé sur la face orbitaire de la piemère. Celui-ci se laisserait injecter secondairement à la capsule de Tenon avec laquelle il était sensé comuniquer. Schmidt-Rimpler entreprit vers lamême époque des expériences et confirma entièrement les résultats obtenus par Schwalbe. En 1872 Michel s'inspirant des mêmes techniques reprit la question. Il affirma l’existence de deux espaces intervaginal et sus-vaginal communiquant entre eux par un système de fentes très petites, disait-il, situées dans la dure-mère. Les injections l’amenèrent également à décrire une communication entre l’espace intervaginal et l’espace périchoïdien par un ensemble de lacunes semblables dit-il à celle de la dure-mère. Pour lui, l'espace périchoroïdien était en relation avec l’espace de Tenon par lintermédiaire des gaines vasculaires, et les feuillets de l’espace de Tenon avec l’espace supra-vaginal. « Si bien, dit-il que la masse d'injection qui a pris son chemin, d’un côté par les fentes de la dure-mère de l’optique, de l’autre par les fentes de la sclérotique (entre l’espace intervaginal et l’espace suprachoroïdien)se réjoint dans l’espace de Tenon

ou dans l’espace supra-vaginal avec lequel il communi-

em 79 en

que (1). » On lisait énsuite dans ses conclusions cette phrase : « L'espace intervaginal ei les autres espaces dont on a pris note doivent être considérés, ainsi que l’a dit Schwalbe comme des espaces lymphatiques. »

En 1875 parut le beau travail d’Axel Key et Retzius, Ces auteurs démontrèrent que l’espace intervaginal devait en réalité se subdiviser en deux. Ils réussirent à injecter autour du nerf deux espaces concentriques distincts ; le premier sous-dural pénétré par l’espace sousdural du cerveau,situé entre l’arachnoïde et la pie-mère, et l’espace sous-arachnoïdien par l’espace homonyme de l’encéphale. Ils démontrent que la communication entre les gaines de l'optique et les espaces intra-craniens se faisaient au niveau du trou optique particulièrement à la face inférieure de celui-ci, aux côtés de l’artère ophtalmique.

Ils ne mentionnèrent l’espace supra-vaginal, qu’à propos de l’espace-choroïdien. « Dans certains cas, disent-ils, la canule est enfoncée entre deux faisceaux (de la sclérotique) et oninjecte alors l'espace supra-choroïdien de l’autre côté (l’autre segment du même œil). Cela est du reste rare, car on emploie généralement alors une pression forte. On note alors que la masse d'injection diffuse dans l’espace de Tenon au niveau des veines vorticineuses. La masse s’étend jusqu’au pourtour du nerf, en dehors de la gaine durale, dans l’espace

supra-dural ».

1. Michel. Loco citato. Les fentes décrites dans la dure-mère

seraient tapissées d’endotéhlium.

Recourant à la méthode expérimentale Quinke en 1872, pratiqua sur des animaux vivants des injections au cinabre et démontra la mème communication entre les espaces optiques et encéphaliques. Il instillait sa substance colorante soit dans les espaces cérébraux, soit dans les espaces rachidiens. Dans ce dernier cas, il reconnut d’abord que les particules de couleur se retrouvaient à une certaine distance du point d'injection puis il la vit à la base du crâne au niveau de la sortie des nerfs craniens qu’elle accompagnait sur une petite distance. Quelques heures après, il retrouva sa masse rouge dans les gaines de l’optique. Illa vit rarement (!) dans l’espace supravaginal et dans celui de Tenon ; jamais dans la fente périchoroïdienne, le tissu interstitiel du nerf ou Ia rétine.

Depuis Quincke, de nombreux auteurs eurent recours aux méthodes phyisologiques, soit pour rechercher certaines particularites du liquide céphalo-rachidicen, soit pour examiner la façon dont se comportait de telles injections vis-à-vis les gaines du nerf optique. C’est ainsi que Gifford reproduisit les expériences de Quinke mais contrairement à luiremarque avec raison que « dans des. conditions normales » on n’observe pas le passage duliquide de l’espace intervaginal dans l’espace périchoroïdien.

Deutchmann, au contraire, ayant recours à l'encre de Chine dontil instillait quelques gouttes dans l’espace sous-arachnoïdien de lapin, observa ditil, au moyen de l'examen ophtalmoscopique un anneau noir autour

la papille. Bien plus, au bout d’une heure l’encre pas-

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