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visibles, mais toujours dans de petits vaisseaux. Les deux dessins
F1G. 44. — Vaisseau porte Fic. 45. — Vaisseau porte du lobe gauche. (Gross. 150 D.). du lobe droit. (Gross. 150 D.).
que nous reproduisons, pour cette expérience, indiquent cette disposition.
Expérience V.
Injection de 1 centimètre cube d’encre de Chine dans une petite veine d'origine de la grande mésentérique.
Aussitôt l'injection terminée, on voit apparaître des petites taches noires disséminées dans tout le foie. On en aperçoit notamment dans le lobe droit, le long du sillon vésiculaire, dans le lobe médian, à peu près au niveau de la ligne de division des partisans de l'indépendance lobaire absolue, dans le lobe gauche, à l'extrémité antérieure de ce lobe.
A l'examen microscopique, on ne rencontre néanmoins que peu d'amas grisâtres, aussi bien à droite qu’à gauche.
Expérience VI.
Injection d’un quart de ‘centimètre cube d'encre de Chine dans une pelile veinule d'origine de la grande mésentérique. Prépondérance marquée des amas, dans le lobe droit où ils sont
également plus volumineux qu'à gauche.
Expérience VII.
Injection d'un demi-centimètre cube d'encre de Chine dans une
veinule d'origine de la grande mésentérique.
On note, dès la fin de l'injection, l'apparition de petites taches
DE LALAUBIE. 12
noires dans tout le bord antérieur du foie. Ces taches sont disséminées dans le lobe droit, le lobe gauche et le lobe médian dans toute sa masse.
L'examen microscopique révèle la présence d’amas grisâtres en assez grand nombre, nombre toutefois moins considérable que ne le faisait prévoir l'examen macroscopique.
Expérience VIII.
Injection d'un demi-centimètre cube d'encre de Chine dans la pulpe splénique.
De nombreuses taches noirâtres se dessinent immédiatement à la surface du foie, avant même la fin de l'injection ; on en note d'assez volumineuses dans le lobe de Spiegel, et de plus petites dans le lobe médian et dans la partie postérieure du lobe droit.
A l'examen microscopique on lrouve un grand nombre d’amas, tant à droite qu’à gauche ; la lumière de certains vaisseaux portes en est complètement obstruée.
Dans toutes nos expériences, il ne nous a jamais été possible d'obtenir la localisation de l’encre de Chine dans le lobe du foie,considéré par certains auteurs comme tributaire de la racine portale mjectée : toujours la diffusion s’est faite dans toute la masse, avec parfois une légère prépondérance dans le lobe, soi-disant tributaire de la racine injeclée, mais sans qu'il soit possible de tirer de ce fait une déduction favorable à la théorie du double courant. Même macroscopiquement, nous avons pu nous rendre compte parfois de la diffusion de l'encre dans tout le foie, sans que la quantité injectée ait été bien considérable. Nous pensons donc que l’on ne peut parler d’un double courant dans le tronc porte, à moins que par double courant l’on entende, comme l’a fait remarquer Gussto, cette légère prépondérance que l’on observe, pour le lobe droit après injection dans une racine mésaraïque, et pour Île lobe gauche après injection dans la veine ou la
pulpe splénique.
CORROSIONS
Nous avions songé à faire des corrosions du foie, en injectant une seule branche de la veine porte, pour voir quelle diffusion de la masse injectée on obtiendrait dans les rameaux portes du côté opposé. Nous nous sommes rendu compte que par voie capillaire, surtout pour un mélange bien moins fluide que le minium et devant en plus être employé très chaud, il nous serait impossible d'obtenir de bons résultats, et nous avons essayé ces corrosions, en injectant dans le tronc même des vaisseaux, sans pratiquer la ligature d'aucun rameau.
Après avoir tenté plusieurs corrosions en employant l’alliage de Wood, nous avons été obligé d'y renoncer, n'ayant jamais obtenu un résultat appréciable; en effet, il faut maintenir les pièces à corroder à une température telle que leurs tissus se désagrègent dès que pénètre l'injection ; ou bien, si l’on a négligé cette précaution, l'alliage se solidifie dès l’entrée dans les vaisseaux, etil se forme un . coagulum qui empêche l'injection de pénétrer plus avant.
Nous nous sommes finalement servi dans nos expériences, comme masse d'injection, du vieux mélange conseillé par Lauth, en ayant soin toutefois de mettre, dans la préparation, la quantité maximum de blane de
LASER CORROSIONS |
baleine, qu'il indique pour rendre le mélange moins cassant. |
Les photographies d'une de ces corrosions, que nous reproduisons ici, représentent un foie dent les vaisseaux veineux et artériels, et les voies biliaires sont injectés : les vaisseaux veineux en bleu, l'artère en rouge et les voies biliaires en jaune.
Bien que ces expériences soient un peu en dehors de la thèse que nous défendons, puisque nous avons pratiqué l'injection tolale des vaisseaux, nous avons tenu à reproduire ces photographies, pour montrer la richesse et l’enchevêtrement des rameaux vasculaires.
A la vérité, il existe bien, sur la corrosion que nous reproduisons, une ligne de division interlobaire que malheureusement la photographie indique mal ; mais cette
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ligne de division n’est pas franche, elle est traversée par quelques petits rameaux, et en outreelle n'occupe pas du tout la situation que lui assignent les partisans de l’indépendance lobaire absolue. Elle s'étend ici de l’incisure ombilicale en avant, à un travers de doigt à gauche de
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CORROSIONS 1/
de)
l'embouchure des veines sus-hépatiques en arrière. En
un mot, dans ce cas le lobe carré et le lobe de Spiegel semblent absolument incorporés dans le lobe droit.
La photographie n°1 (fig. 46) qui représentele foie vu de face, dansla situation qu'iloccupe dans l’organisme, le sujet étant debout, montre assez bien cette disposition, tout au moins sur le bord de l'organe. En effet, on aperçoit sur la photographie deuxincisures, l’une petite, de peu d’étendue, qui part du milieu de la gouttière vésiculaire et s'arrête àmi-chemin entre cette goutlière etle sommet de l'organe; et l’autre pluslarge, étendue d’avant en arrière, qui naît de l'extrémité du sillon de la veine ombilicale et sépare le lobe gauche du lobe carré.
- Surla photographien®2(fig. 47) quireprésentele foieexa-
Fic. 47.
miné, de dessus, parsa face convexe, on voit très nettement que la première incisure, qui était visible sur le bord tranchant du foie, n'existe plus, et qu'à la place où elle devrait être si elle s’étendait jusqu'à l'embouchure des veines
150 ; CORROSIONS
sus-hépatiques, les vaisseaux sont complètement enchevêlrés. On peut de plus voir un peu la seconde incisure qui s'étend de l'extrémité du sillon ombilical à un point situé à peu de distance de l'embouchure des sus-hépatiques ; mais celte incisure, qui est d’ailleurs très petite, est à peine marquée sur la photographie, si bien que les vaisseaux semblent former un bloc compact que rien ne vient diviser.
Ces corrosions sont intéressantes par la richesse de vaisseaux qu'elles indiquent; d’ailleurs, au musée Orfila, où il y a quelques très belles pièces de ce genre, on peut se rendre compte de l’aspect si particulier présenté par un foie dont tout le parenchyme a disparu, et dont il ne reste plus que le moulage de la charpente vasculaire. A vrai dire, l'organe ainsi examiné semble former un tout si homogène, si compact, qu’on a peine à distinguer et à admettre, dans cet entrelacement de rameaux, une zone de division si petite soit-elle occupée par des capillaires d’anastomose, ainsi que les radiographies et les injections de solutions colorées la mettent en évidence.
Nous sommes persuadé que les corrosions peuvent fournir des indications très intéressantes pour la théorie de l’indépendance relative des lobes du foie, sans même qu'il soit question, en injectant une seule branche vasculaire, de faire franchir à linjection le réseau capillaire occupant la zone d'union interlobaire. |
Nous nous proposons de reprendre ces expériences et de publier ultérieurement les résultats que nous aurons obtenus.
CONCLUSIONS
Nos injections de solutions colorées et nos radiographies nous amènent donc logiquement à admettre l’existence de capillaires anastomotiquesentreles deux systèmes
“veineux des foies humains, et à rejeter l'hypothèse d'une indépendance lobaire absolue.
Que cette indépendance relative puisse être considérée pratiquement comme absolue, ainsi que le veulent MM. Gilbert et Villaret, c’est fort possible : le sang des deux branches portes ne se mélangeant que très peu par ces petites anastomoses capillaires. Il n’est pas moins vrai, qu’au point de vue expérimental, on est bien obligé de tenir compte de ces petits rameaux d'union, et que le terme d'indépendance absolue, au point de vue anatomique, est inexact.
D'ailleurs, la question de l'indépendance lobaire hépatique a légèrement dévié depuis son origine, et il semble, que d’une idée juste et féconde à l’origine, on soit arrivé à des erreurs, en voulant {rop prouver.
Dans les premières expériences de Glénard et Siraud, le terme d'indépendance absolue n'avait pas encore été prononcé : les auteurs avaient constaté (expérience V), qu'après une injection, aqueuse, dans la branche porte