‹ Contribution à l'Étude de la Circulation Intra-HépatiqueChapitre 4 sur 27 · DE FOIE · texte numérisé non relu

DE FOIE

FOIE GAUCHE. Foie proir.

Après 48 heures de jeûne... . . : 1,90 AO 2 heures et demie après le repas. .. 1,175 0,93 6 — —— SRE 3,86 8 — — 1 1043:09 4,35 12 — — ie PSC 4,15

Sérégé en déduit que l'accouplement entéro-hépatique droit est évident si l’accouplement gastro-spléno-hépatique gauche est peu manifeste, du fait de cette teneur en glycogène plus grande à l’état de jeûne, qui commence douze heures après le repas, pour durer jusqu’ sième heure environ du repas suivant. D'ailleurs, Sérégé explique cette teneur en glycogène, plus grande à gauche qu'à droite à l’état de jeûne, par l'angle formé par les

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veines sus-hépatiques gauches avec le tronc de la veine cave.

D'un travail que l’auteur a faitsur l’anatomie des veines sus-hépatiques chez l’homme et chez le chien, il résulte que l’angle formé par les veines sus-hépatiques gauches avec le tronc cave est bien supérieur à l'angle formé par les veines sus-hépatiques droites. Il en conclut que lon peut supposer une inégale vitesse des courants sanguins, à droite et à gauche, vitesse plus grande à droite, grâce à l'aspiration thoracique, qui peut se faire plus facilement sentir, et qui favoriserait ainsi la déplétion plus rapide de l’ergane.

Sérégé et Soulé, l'année suivante, ont d’ailleurs vérifié expérimentalement cette inégale vitesse du courant sanguin dans les deux lobes du foie. Il résulte de leurs recherches qu'une solution de ferro-cyanure de potassium

26 no HISTORIQUE

met 45 secondes pour traverser complètement le foie droit, et 95 secondes quand il s’agit du lobe gauche.

En 1909, Denigès, dans une étüde sur la localisation de l'arsenie, a donné des conclusions favorables à l’hypothèse de Sérégé.

Après avoir injecté à des lapins et à des chiens de l'acide arsenieux, Denigès a constaté que le foie était l'organe qui contenait le plus de la substance injectée. Toutefois, la teneur en arsenic était différente dans les deux lobes, et Deniges a constaté que le lobe droit contenait une bien plus grande quantité d’'arsenic que le lobe gauche. Il explique cette inégale repartition de larsenie par l'indépendance des lobes du foie. ù

Pincherle, la même annéé, a fait de nouvelles recherches sur la fonction glycogénique sur le rat blane et le chien, après administration de glucose par la voie rectale et buccale.

Dans une première expérience chez un rat, nourri de pommes de terre et de sucre, et tué au cours de la digestion gastrique, Pincherle a prélevé dans chaque lobe du foie des parties égales de substance hépatique, qu'il a iriturées, et dont il a pris l'extrait aqueux auquelila ajouté 10 centimètres cubes d'une solution titrée de Lugol. En se servant d’une éprouvette-étalon contenant cette même solution de Lugol, il a constaté une réaction rouge vineuse intense dans le lobe gauche seulement, et négative dans les autres lobes. Dans deux autres expériences faites dans des conditions absolument identiques, Pincherle a constaté la présence du glycogène dans le lobe gauche et dans le petit lobe droit seulement.

Chez le chien, Pincherle a obtenu des résultats analogues el nous résumons ici les trois expériences qu’il relate.

INDÉPENDANCE LOBAIRE F PORT

EXPÉRIENCE E. — Après un jeûne de 6 jours l'animal, qui a perdu 40 p. 100 de son propre poids, absorbe 200 centimètres cubes d'unesolution de glucose à 40 p. 100. L'animal est sacrifié par saignée une heure après et l’on prélève des parties égales de foie dans chacun de ses lobes. Après avoir employé la même méthode de recherche du glycogène que pour le rat blane, Pincherle constate des différences de coloration bien évidentes dans les divers lobes, qu'il résume ainsi:

Lobe gauche: Coloration rouge vineuse intense avec reflets rubis.

Lobe droit : Légère coloration jaune rougeàtre à peine plus marquée que celle de l'éprouvette-étalon.

Lobe médian: Coloration rouge vineuse très marquée bien que moins intense qu'à gauche.

Lobe de Spiegel : Même coloration que le lobe droit.

Lobe carré: Coloration vineuse bien manifeste bien qu'également moins intense qu'à gauche.

Dans lexpérience IT, le chien qui a jeûné également 6 jours n’a perdu que 10 p. 100 de son poids et n’a absorbé la solution de glucose qu'à l’aide de la sonde æsophagienne. Après la même technique opératoire, Pincherle a observé clairement une teinte rouge vineuse intense des 5 lobes du foie, avec une différence minime de coloration à peine appréciable, qui indique la présence d’une grande quantité de glycogène. Pincherle ‘pense que ce résultat différent du résultat de l'expérience ne 1 trouve son explication dans le bon état de l'animal qui n'avait perdu que 10 p. 100 de son propre poids.

. Dans l'expérience III, Pincherle s’est servi d’un chien pesant 24 kg. 200 qu'il soumit à un jeûne de 13 jours lui faisant perdre ainsi le quart de son poids. Après l’absorption de glucose, l'animal est sacrifié et Pincherle cons-

tale la présence bien évidente de glycogène dans tout le foie avec des différences de coloration et de quantité.

Le lobe gauche a la coloration la plus intense, puis en décroissant on trouve le lobe médian, le lobe droit, le lobe carré et enfin le lobe de Spiegel qui a une teinte couleur Marsala. En pesantle poids de glycogène obtenu par addition d'alcool, Pincherle obtient 1,94 p. 100 à gauche et 1,24 p. 100 à droite: ce qui montre une prédominance de glycogène à gauche.

Pincherle en conclut que :

«1° Chez le chien, .on observe un certain degré d’indépendance fonctionnelle entre les lobes du foie ;

«2° Que cette indépendance n’est pas aussi constante et aussi schématique que le prétend Sérégé ;

€ 3° Qu'une plus grande activité fonctionnelle du foie gauche durant l'absorption gastrique est probable. »

Le docteuritalien Silvestri a fait paraître, en 1905, un travail où 1l relate les expériences qu’il a réalisées au sujet de la fonction glycogénique, et où il étudie les expériences de Jovane sur la teneur en glycogène du foie des lapins et les conclusions de cet auteur relatives à une inégale teneur glycogénique à droite et à gauche : « Je lui ai fait connaître, dit Silvestri, que Claude Bernard dans ses mémorables recherches sur les glandes sous-maxillaires a établi clairement la loi suivante de physiologie générale : les glandes ne sont que des unités apparentes, toute leur substance ne fonctionne pas en même temps, ni au même degré; certaines régions sont en plein travail de sécrétion tandis que d’autres sont en repos. À l’aide de cette notion nousnousexpliquons à merveille, la distribution diverse et capricieuse déjà notée par d’autres et que l’on ne doit pas considérer comme un argument de

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grande valeur démonstrative en faveur de la conception développée par Jovane. »

Des expériences que Silvestri a tentées sur le pore, le veau, le chien, le lapin, il résulte que :

«1° à jeun, le glycogène ne se trouve pas uniformément distribué non seulement de lobe à lobe, mais même dans le même lobe :

«2° Qu'entre le glycogène des deux moitiés du foie, il y à une très petite différence ;

«3° Que dans les diverses phases digestives, la différence d’une moitié à l’autre du foie est bien peu évi- GÉES

Silvestri én conclut que Sérégé trouve une certaine confirmation à sa théorie même dans ses expériences, mais la différence de glycogène est trop minime d’une moitié à l’autre du foie pour conclure à l’absolue autonomie des deux moitiés du foie.

D'ailleurs d’autres arguments, dit Silvestri, militent

contre cette autonomie, et en premier lieu l'action du système nerveux qui «règne en souverain sur tous les

actes digestifs; en dehors de l'élément psychique de aate récente, on sait que périodiquement les cellules des diverses sections de l'appareil digestif entrent en fonction indépendamment de l'entrée des principes alimentaires. Voilà pourquoi je ‘pense que l’on ne peut parler d'indépendance fonctionnelle absolue. » Silvestri reconnaît qu'il existe une différence d'intensité de fonction, tantôt dans une moitié tantôt dans l’autre, différence d'intensité qui est due probablement « aux rapports vasculaires. »

En 1905, Pincherle a fait paraître un nouveau travail sur le problème de l'indépendance des territoires hépatiques ; mais l’auteur a eu surtout en vue de vérifier expé-

rimentalement la théorie du double courant porte; nous ne résumerons ses expériences qu'à propos de cette dernière question.

Sérégé a étudié, en 1906, la fonction martiale du foie en faisant le dosage du fer, non seulement dans les lobes droit et gauche, mais aussi dans le sang des veines afférentes et efférentes de cet organe, à l’état de jeûne et pendant la digestion. Voici les conclusions qu'il tire de ses expériences à l'état de jeûne:

1° Le sang splénique contient plus de fer que le sang de la grande mésentérique et de la veine cave;

2° Le sang de la veine grande mésentérique a un taux de fer équivalent à celui de la veine sus-hépatique droite, ce qui montre que le foie droit ne retient pas de fer à l'état de jeûne ;

3° Le sang de la veine splénique présente une teneur en fer plus considérable que le sang de la veine sus-hépatique gauche, ce quiindique quele lobe gauche arrête une partie du fer;

4° Le fer se trouve en égale quantité dans les deux lobes.

Pendant la période de digestion, Sérégé a observé chez l'animal d'assez nombreuses différences qu'il résume ainsi :

1° Le sang de la veine grande mésentérique est plus chargé en fer que le sang de la veine splénique ;

> Le sang qui traverse le foie gauche abandonne-pendant la période de digestion une quantité de fer égale à celle qu'il abandonne à l’état de jeûne ; |

3° La veine sus-hépatique droite contient moins de fer que la veine grande mésentérique, ce qui indique que le foie droit retient une certaine quantité de fer ;

4" La teneur du sang en fer pendant la digestion et

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pendant le’ jeûne est différente dans la veine grande mésentérique, ce qui hqné D PRICE du fer par l'intestin grêle;

D° Le foie droit possède un taux de fer supérieur à celui du foie gauche pendant la phase digestive.

Sérégé voit dans ces résultats une nouvelle preuve de lexistence d’un double courant sanguin dans la veine porte.

En 1906, Bauer, dans un premier travail sur les voies de la circulation sanguine intra-hépatique, avait nettement montré que, si l'on ne peut constater l'existence de vaisseaux calibrés réunissant soit les deux voies sanguines entre elles, soit les différentes branches de ces voies sanguines, 11 était facile de mettre en évidence l'existence de capillaires réunissant les deux systèmes porte et sushépatique, capillaires porto-sus-hépatiques, et l'existence de capillaires unissant entre eux les divers rameaux de chaque tronc veineux, capillaires inler-portaux et capillaires inter sus-hépatiques.

« Grâce à ces anastomoses, dit Bauer, toute veine porte comme. toute veine sus-hépatique peut être suppléée par ses voisines ; grâce à elles encore, on pourrait imaginer un globule sanguin parcourant tout le foie par la zone des capillaires intermédiaires. »

En 1966, le professeur Gilbert avec son élève le docteur Villaret ont conclu à la non-indépendance Iobaire après avoir pratiqué sur des chiens : « soit des injections de gélatine colorée sur le cadavre exangue, soit des injections pulvérulentes de chromate deplomb, aseptiques, en solution isotonique avec le sérum sanguin, sur l’animal vivant et sacrifié quelque temps après l'opération ». Ces auteurs ont constaté que quand on injecte de la gélatine colorée « post mortem »1ilexiste : « une certaine

indépendance macroscopique, en ce sens qué les lobes droits semblent sous la dépendance veineuse de la branche droite de bifurcation et que les lobes gauches -sont plus colorés quand la masse est poussée dans la branche hilaire gauche. » Maissi l’on pousse une injection dans une des racines portales soit gélatineuse in vitro, soit pulvérulente in vivo, cette indépendance cesse d'apparaître. « Le foie paraît toujours également injecté dans sa totalité. » MM. Gilbertet Villaret ont également observé que si l’on pousse une injection de gélatine colorée dans les racines'ou le tronc porte la matière colorée se trouve localisée dans : « les capillaires centrés autour du pôle Iobulaire opposé à celui d'où venait linjection, » e est-à-dire qu'une injection poussée dans la veine porte se localise dans le territoire sus-hépatique. Cette localisation de la matière colorée ne se produit qu'in vivo et 6 heures après la mort cesse de se produire, ce qui fait croire à MM. Gilbert et Villaret à un rôle de défense des tissus hépatiques.

La même année, le professeur Brissaud et son élève le docteur Bauer ont publié les résultats de recherches qui, si elles confirment leurs expériences antérieures au point de vue de l’absence d'indépendance vasculaire, leur font interpréter autrement que MM. Gilbert et Villaret la localisation de la masse colorée dans le système sushépatique. Après avoir injecté une masse gélatineuse colorée dansle système veineux d’un animal vivant, à sang rendu incoagulable par injection d’extrait de têtes de sangsues, ces injections étant faites dans la veine porte ou ses branches d’origine, les veines périphériques où la veine cave inférieure, MM. Brissaud et Bauer ont constaté qu’à moins de cas particulier la matière colorée

était en bien plus grande quantité dans le système sushépatique que dans le système porte : les capillaires :

INDÉPENDANCE LOBAIRE 33

portes, même dans les foies très injectés, ne contenant .Cqu'une minime trace de gélatine ». Cette localisation de la matière colorée n'implique pas pour ces auteurs l’idée d’une réaction de défense du parenchyme hépatique; ils considèrent le système sus-hépatique : « comme un vaste sinus béant et ramifié, dont les ramifications sont toujours largement ouvertes ». L'injection profite donc de n'importe quelle voie libre pour envahir le système sushépatique et s’y accumuler.

En 1907, le docteur Devé, de Rouen, a publié un travail où il réfute la théorie de l’indépendance lobaire et du double courant en se basant sur les variations d’origine de certains rameaux portes. Devé a étudié le point d'origine d’un rameau porte se rendant à la portion de parenchyme hépatique qui se trouve à droite de la vésicule biliaire, et qu'il appelle branche porte antérieure. D’après Devé ce rameau pourrait naître tantôt de la branche droite de bifurcation, tantôt au niveau même de la bifurcation, tantôt de la branche gauche de bifureation ; sur trente foies, pris au hasard, Devé a rencontré vingt-deux fois la première disposition, cinq fois la seconde et trois fois la troisième; il en conclut : « que le territoire hépatique moyen, étendu du bord droit du foie à l’'échancrure cystique, pourrait être dans le quart des cas, tributaire de la circulation gastro-hépatique gauche admise par Sérégé ».

En 1907, à la suite des expériences de MM. Gilbert et Villaret, Brissaud et Bauer qui renversaient l'hypothèse d’une indépendance lobaire hépatique et d’un double courant sanguin dans le tronc de la veine porte, Sérégé a apporté les résultats de nouvelles expériences réalisées avec la même technique que ses contradicteurs. Sérégé a fait des injections de gélatine colorée dans des foies de

DE LALAUBIE. 3

lapins ou de chiens à sang rendu incoagulable ; 1l a constaté que, si son injection était poussée dans la branche, droite de bifurcation porte, seuls les lobes droits en totalité et le lobe médian, dans la portion qui correspond au lobe droit, c’est-à-dire suivant une ligne allant de l’incisure biliaire à l'embouchure des veines sus-hépatiques, étaient colorés ; s’il poussait son injection dans la branche gauche, tout le territoire primitivement mdemne de matière colorante en était rempli cette fois. Sérégé en conelut qu'il existe dans le lobe médian une de ces zones neutres décrites par Rex il a d’ailleurs, à la suite d’injection d’une branche de la veine porte, fait pratiquer l'examen microscopique du parenchyme hépatique voisin de cette zone et constaté qu'aucune parcelle de matière colorante ne l'avait franchie pour passer dans l’autre lobe. Seregé a pratiqué les mêmes expériences sur foies non lobés, c'est-à-dire sur foies humains et a obtenu les mêmes résultats. La masse injectée s'arrête toujours selon une ligne s'étendant de l’incisure biliaire à l'embouchure des veines sus-hépatiques. Il y aurait ainsi, pour Sérégé analogie complète entre les foies, lobés et non lobés, puisque l’on peut, chez les uns comme chez les autres, mettre en évidence l'existence de zones neutres.

Looten,en 1908, a repris expérimentalement la question de l’indépendance lobaire hépatique au triple point de vue veineux, artériel et biliaire : de ses expériences, que nous résumons, 1} conclut à une indépendance lobaire absolue.

Dans l'expérience n° 1, Looten a poussé une injection de gélatine colorée au bleu de Prusse dans la branche gauche de bifurcation porte d’un foie d'enfant, la branche droite étant liée ; il a constaté l'augmentation de volume du lobe gauche, puis du lobe carré et enfin du lobe de

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Spiegel, mais pas du tout du lobe droit qui est resté flasque. L'injection a été cessée au moment où la gélatine colorée s’est montrée à l’orifice des veines sus-hépatique, et le foie a été plongé aussitôt dans une solution de formol à 5 p. 100. A la coupe, Looten a constaté la présence d’une ligne de démarcation bien nette entre les deux lobes. Les lobes gauche, carré et de Spiegel sont remplis de la massé colorée alors que le lobe droit n’en possède aucune trace.

Dans une seconde expérience du même type, et faite avec la même technique, maïs où l'injection a été poussée dans la branche droite, Looten a constaté la turgescence du seul lobe droit, les autres lobes restant aplatis.

‘À Ja coupe, il a noté la présence de‘ la même ligne de démarcation nette entre les deux lobes et l'existence de matière colorée dans le seul lobe droit.

Au point de vue artériel, Looten a constaté la même indépendance. Dans une première expérience il a injecté de la gélatine colorée au carmin dans la branche gauche de l'artère hépatique d’un foie d'enfant, la branche droite étant liée. Les lobes gauche, carré et de Spiegel se sont distendus et on. a pu voir se dessineità leurs surfaces de nombreuses arborisations rouges. À la coupe, démarcation complète entre les deux lobes, les rameaux artériels des lobes gauche, carré et de Spiegel sont remplis de gélatine rouge dont on ne trouve pas trace à droite.

Dans une seconde expérience, Looten a injecté à la fois du collodion rouge dans la branche droite de lartère hépatique et du collodion bleu dans la branche gauche: il a pu noter que durant l'injection des arborisations se dessinaient à la surface de l'organe, arborisations rouges à droite et bleues à gauche. A la coupe, le lobe droit était coloré en rouge et les trois autres lobes en bleu. |

Enfin, au point de vue biliaire, pour mettre en évidence l'indépendance déjà signalée par Wertheimer et Lepage, en 1896, à l'aide du sulfo-indigoate de soude, et par Sérégé, en 1901, à l’aide du bleu de méthylène, Lootena fait deux expériences, l’une dans la branche gauche de formation du canal hépatique, l’autre dans la branche droite, en injectant de la gélatine colorée en jaune par le chromate de plomb. Dans la première expérience, la coupe a montré la gélatine colorée localisée dans les canaux bilaires des lobes gauche, carré et de’ Spiegel, alors que les canaux du lobe droit en étaient absolument exempts ; dans la seconde expérience, ce sont les canaux biliaires du lobe droit qui étaient colorés en jaune alors que ceux des autres lobes ne présentaient aucune coloration. |

De ces expériences, Looten conclut à une indépendance vasculaire absolue entre les lobes du foie, et fait dépendre le lobe de Spiegel uniquement du lobe gauche au triple point de vue biliaire, artériel et veineux.

En 1909, Bauer à publié le résultat de nombreuses expériences qui lui font mettre en doute la théorie de l’absolue indépendance des lobes du foie. « Il n’est pas douteux, dit Bauer, et personne ne le conteste, que chacune des deux branches de division du tronc porte a son territoire particulier, la branche gauche se distribuant au foie gauche, la branche droite au foie droit, et qu'il n'existe entre ces deux branches aucune anastomose directe calibrée. » Mais il pense que les prétendues zones neutres de Rex ne sont en réalité que des : « zones d'union occupées par les capillaires d'anastomoses entre les deux systèmes porto-sus-hépatiques voisins ». En un mot, s'il existe une indépendance lobaire,elle est très relative el non pas absolue, puisque toujours des injections

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fluides franchissent plus ou moins la prétendue ligne de division interlobaire,

Bauer, pour ses expériences, a employé une technique nouvelle consistant à injecter une solution diluée d'encre de Chine dans les branches portes quiirriguent, à gauche et à droite de la vésicule, les lobes médians des foies delapin.

Après une description très minutieuse de la distribution des vaisseaux portes et sus-hépatiques dans le lobe médian, Bauer décrit les résultats qu'il a obtenus au cours de ses injections : tout d'abord une zone très fortement injectée, zone correspondant en général à la ligne s’étendant des sinus sus-hépatiques à l’incisure biliaire ; ensuite une zone très faiblement injectée franchissant plus ou moins cette ligne; enfin une zone non injectée comprenant le tiers ou les deux tiers postérieurs du lobe.

En poussant lPinjection dans la branche porte postérieure du lobe médian, branche qui irrigue la portion de ce lobe située à droite de la vésicule biliaire, Bauer a constaté que la zone très injectée comprenait tout le lobe médian de certains auteurs, la zone faiblement injectée comprenant une étendue plus ou moins considérable du lobe médian gauche. En injectant Ia branche porte antérieure, qui irrigue la portion du lobe médian située à gauche de la vésicule, Bauer a obtenu la coloration intense du lobe médian gauche des partisans de lindépendance lobaire absolue et la faible coloration d’une partie du lobe médian droit.

En injectant une veine sus-hépatique du lobe médian,les résültats obtenus ontété comparables. Bauer a constaté de plus, au cours de ses injections, que la limite de la zone très injectée ne correspondait pas absolument à la prétendue ligne de démarcation interlobaire, mais suivait le trajet de la veine sus-hépatique dans laquelle se jetaient

les capillaires de la veine porte injectée. Dans d’autres régions où il ne pouvait être question de Séparation entre les lobes, Bauer a obtenu des résultats identiques, c'està-dire que toujours la zone très mjectée correspondait au trajet de la veine sus-hépatique tributaire de la veine porte injectée.

Dans le lobe médian, la zone très injectée ne correspond done qu’en apparence à la ligne sus-hépato-vésieulaire des partisans de l’indépendance lobaire absolue ; en réalité, la zone très colorée épouse le trajet du vaisseau sus-hépatique dont dépend le système porte injecté.

Quant à la zone très faiblement injectée, Bauer a constaté qu'elle franchit toujours, sur une étendue plus ou moins considérable, cette ligne sus-hépato-vésiculaire, il en conclut que les capillaires périphériques d’un système porto-sus-hépatique entrent en relation avec les’ capillaires périphériques du système porto-sus-hépatique voisin. La coloration légère, quoique très nette, de la zoné faiblement injectée provient de l’exiguité des rameaux qui ne permettent qu'une diffusion minime des grains d'encre de Chine.

Chez le chien comme chez le lapin, Bauer a vérifié que « c’est bien la veine sus-hépatique sus-vésiculaire et non l'incisure biliaire que suit le plan qui limite le territoire pleinement injecté ».

On peut constater chez l’homme,comme chez l'animal, la présence de la grosse veine sus-hépatique sus-vésiculaire correspondant à la ligne de démarcation des partisans de l'indépendance lobaire absolue; Bauer pense que Îles résultats des injections de substances colorées s’arrêtant suivant celte ligne doivent recevoir la même interprétation que les résultats:obtenus dans l'expérimentation sur l'animal. |

INDÉPENDANCE LOBAIRE 39

En 1909, S. Gussio a publié un travail important où il a rapporté les nombreuses expériences qu'il a tentées, tant au point de vue anatomique qu’au point de vue expérimental, pour vérifier les deux questions de l’indépendance lobaire hépatique et du double courant porte.

Pour étudier la division intra-hépatique des canaux sanguins, Gussio s’est adressé à la dissection qui lui à fourni plusieurs résultats intéressants ; nous résumons iei ses expériences sur la veine porte, l'artère hépatique et les veines sus-hépatiques qui portent sur un total de 20 foies humains normaux.

VEINE PORTE : La veine porte en arrivant au sillon transversese diviseen deux branches principales droiteetgauche.

Branche droite : La branche droite parcourant le trajet du sillon transverse, donne des petits rameaux au parenchyme voisin et quelques-uns qui se rendent à la portion droite du lobe de Spiegel. À l'extrémité du sillon, la branche porte se résoud en trois gros troncs qui se distribuent, le médian directement au lobe droit, le tronc postérieur en haut et en arrière se ramifiant dans la partie postérieure du lobe droit, enfin le tronc antérieur le long de l’incisure cystique et de la portion droite du sillon antérieur envoyant des rameaux de divers calibres dans toutes les directions.

Branche gauche : La branche gauche dès son origine envoie une branche importante dans la portion postérieure du foie, que l’on peut suivre jusque dans la portion gauche du lobe de Spiegel. Cette branche naît toujours et indiscutablement à gauche au niveau de bifurcation portale. Après avoir envoyé des rameaux au parenchyme environnant, la branche gauche se résoud ‘en quatre trones, les deux du milieu se ramifiant dans le I6be gauche, le postérieur en hautet en arrière dans la portion

postérieure du lobe, et l'antérieur dans le lobe carré après avoir décrit une courbe à convexité gauche.

Cette disposition est presque constante, et Gussio croit que l’on peut établir que les rameaux spiegeliens naissent des deux branches portes, tout près de leur bifureation; et il ajoute que rarement le rameau spiegelien de la branche gauche est accompagné d’un autre rameau. plus petit; alors qu'à droite on trouve un peu plus fréquemment un rameau beaucoup plus gros que les autres ; mais ce qui est plus rare encore, dit-il, c'est de rencontrer un rameau de la branche droite se dirigeant vers le lobe carré.

RE HÉPATIQUE : L’artère hépatique se divise ordinairement, à environ 2 centimètres du sillon transverse, en deux branches droite et gauche. |

Branche droite : La branche droite, plus grosse que fa gauche, après avoir donné des rameaux cystiques, s'enfonce dans le sillon transverse droit et se divise en deux branches principales, l’une continuant la direction primitive et se distribuant dans la portion antérieure du lobe droit, l’autre plus grosse se portant en haut et en arrière pour se perdre dans ce lobe et dans celui de Spiegel.

Branche qauche : La branche gauche, plus petite, suit un trajet oblique en haut et à gauche, et à l'extrémité du sillon se divise en trois branches principales, les deux postérieures se distribuant dans le lobe gauche et l’antérieure dans le lobe carré.

On rencontre plus de différences de division pour l’artère hépatique que pour le tronc porte, et Gussio a constaté qu'on rencontre souvent au lieu d’une bifurcation une division triple : deux des branches allant en ce cas plus souvent au lobe gauche qu’au lobe droit, et parfois même une des deux branches gauches provenant de la branche droite à 1 ou 2 centimètres de son origine.

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