ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Quoi qu’il en soit, dans la plupart des cas, l’amibe qui a atteint le colon, en infestera les différentes tuniques et y manifestera son action irritative et destructive. Le Ua
RS rte
nécrosant de l’amibe, et principalement de ses toxines, y créera des lésions variables correspondant à l'allure clinique de la maladie.
Dans la dysenterie aiguë, nous trouvons les lésions classiques de la muqueuse, de la sous-muqueuse et même des lésions musculaires et sous-péritonéales, des ulcérations, des abcès en bouton de chemise et des suppurations diffuses.
Dans la colite amibienne chronique, les lésions sont beaucoup moins caractéristiques. Comme le tableau clinique, l’aspect anatomique ne diffère guère de <elui des rectocolites banales. Les ulcérations sont rares, les lésions disséminées sur tout le colon, mais prédominant sur le rectosigmoïde. Elles sont fréquemment superficielles, plus ou moins confluentes. Dans les formes diffuses, on peut distinguer des formes hémorragiques, catarrhales, œdémateuses ou infiltrantes.
RECTOSCOPIE.
La rectoscopie, pas plus d’ailleurs que l’autopsie, ne montre aucune lésion pathognomique de la colite amibienne chronique. Les lésions ulcéreuses sont rares. Le plus souvent, on ne trouve qu’une congestion plus ou moins intense, des petites ulcérations superficielles ou de la rectite hémorragique diffuse.
BAUMEL, qui a pratiqué plus de 1.500 rectoscopies chez des amibiens chroniques, classe les lésions de la manière suivante :
Amibiase chronique ancienne, sans poussées intercalaires (Aspect des formes chroniques, non évolutives, cliniquement latentes).
La rectoscopie est facile. La muqueuse recto-sigmoïdienne est pâle, décolorée. Sur ce fond, on voit des arborisations vasculaires, souvent importantes. La sous-muqueuse est normale et on ne sent aucune induration des parois rectosigmoïdiennes, qui n’ont cependant pas leur souplesse normale. L’intestin baille devant l’endoscope qui progresse facilement. Les parois intestinales sont recouvertes de quelques glaires et ne sont nullement spasmées. Chez d’autres malades, on voit tout un lacis vasculaire fin, formé de beaucoup de petits vaisseaux rouges. Cette vascularisation prédomine au voisinage du sphincter anal.