CONTRIBUTION A L’ETUDE
CHEZ LES MICROOR&ANISMES
le milieu, debarrasse par raclage de la culture, était deveuu impropre à la vie d’autres bactéries. Freudeureich* fit de nouvelles expériences à ce sujet; pour cela, il prit cominé milieu nutritif, du bouillon où il ensemençait une certaine espèce, attendait son développement complet, puis filtrait sur une bougie Ghamberland; le liquide stérile lui servait à ensemencer d’autres espèces. Pour beaucoup de ces espèces le développement était nul ou faible, d’autres au contraire ne semblaient pas influencées. A signaler encore les résultats de Soyka qui côncordent avec ceux de Freudenreicb^.
Les raisons de cet antagonisme sont nombreuses; on peut, d’après les auteurs, les ranger sous deux chefs, selon qu’elles proviennent du terrain de culture ou des toxines sécrétées par lès bactéries elles-mêmes. L’oxygène est indispensable au plus grand nombre : les aérobies; et, si une espèce, opère plus rapidement que les autres sa soustraction d’oxygène au milieu, elle les met dans un état d’infériorité marqué’et eêlles-ci périssent. Souvent, une espèce, . jouissant d’un développement très rapide parvient à former, à la surface du bouillon de culture, un voile continu, privant ainsi d’air les autres bactéries qui disparaissent.
■ -Mais la part la plus grande reviendrait aux toxines fabriquées par telle ou telle espèce microbienne, toxines
‘ Freudenreich, De l’antagonisme des bactéries et de l’immunité qu’il confère aux milieux de cùlture (Amtales de VInstitut Pasteur, 1888).
= So yka, Die Eatwieké lang von pathogenen Spaltpilzen unter dem .weohseleitigen Einfluss ihrer Zersetsungsprodukten fForchritt der Mediein, 1888, p. 769).
injecté simultanément à des lapins le microbe de l’érysipele et la bactéridie charbonneuse, les animaux tombaient
bonnêtise en sécrétant des produits nuisibles pour elle i en épuisantlesmilieus nutritifs.
BlagOTestchensky =■ a étudié la question en suivant un technique spéciale qui le mettaitmieuxen mesuredesuivi l’évolution des phénomènes : il a injecté les deux microbe
ques gouttes de l’humeur aqueuse qui lui servaieut à faire des examens microscopiques et des cultures.
Après six heures les bactéridies et les bacilles sont en grand nombre facilement colorables, la phagocytose est abondante.
. Après douze heures un grand nombre de bactéridies sont incluses dans les phagocytes, les bacilles du pus bleu sont libres.
Puis à des intervalles plus éloignés les bactéridies se déforment, se flétrissent et se colorent mal ; les bacilles ■ sont toujours bien colorés et libres. .Après cent quinze heures au maximum il n’y a plus de bactéridies et les bacilles commencent à être inclus dans les phagocytes.
Ici on pourrait faire cette objection que ce n’est pas à proprement parler le bacille pyocyanique qui empêche la bactéridie charbonneuse de se développer, mais bien l’inégale façon dont se comportent les phagocytes vis-à-vis de ces espèces microbiennes; l’une, la bactéridie charbonneuse, était englobée et dévorée de préférence à l’autre.
Mais dans l’expérience suivante la concurrencé vitale entre le bacille et la bactéridie apparaît d’une façon très
Dans l’œil d’un lapin, Blagovestchensky introduit un fil de soie chargé de bactéridies charbonneuses et enduit par dessus d’une culture sur gélose de bacilles pyocyaniques. L’examen des fils après vingt-quatre heures montre l’absence de tout bourgeonnement des spores de bactéridies, et pourtant l’on sait que les spores de bactéridies se développent même dans l’œil des animaux réfractaires.
Après avoir établi d’une façon aussi irréfutable l’action directe du bacille du pus bleu sur la bactéridie du char-
opiques. Le Mucor lit-il, dévore nos confitures, VAseophora mucedo moisit notre pain; ie Molinia se nourrit aux dépens de nos fruits ; le Mucor herbarium détruit les herbiers des botanistes et le Chætonium (Actinospora) chartarum se développe sur le papier, dans l’intérieur des livres de nos bibliothèques et dans la reliure lorsque ces livres sont en contact avec l'humidité du mur. Quand la bière, tourne, et que les cornichons confits aigrissent, c’est le fait d’un champignon.
En pathologie, les moisissures semblent devoir prendre une place très importante ; jusqu’à présent on s’était peu occupé de la question, et, malgré ce temps, on a fait des recherches ni santés sur l’afièction occasionnée par une variété d’aspergillus ; VAspergillua fumigatus, i animaux et chez l’homme une maladie p grandes ressemblances avec la tuberculose ; l’aspergillose.
par la technique, on ne trouve jamais de moisissures.
Ce fait observé et signalé par M. le professeur agrégé Roux peut être confirmé par tous les bactériologistes ; il repose sur uir nombre considérable d’expériences et ne peut être mis en doute. A ce point même que toutes les fois que dans une culture d’eau on trouve des moisissures oh pfeut affirmer d’une façon absolue qu’il y a eu une faute
de commise dans le manuel opératoire ^
Au cours de ce chapitre, nous nous proposons d’éclaircir les points suivants ; après avoir démontré que l’eau n’est pas un milieu de culture complètement impropre au développement des moisissures, nous rechercherons pourquoi elles ne s’y trouvent pas. Est-ce d’abord parce que l’atmosphere en contact avec l’eau est moins riche en spores de moisissures? Paut-il faire intervenir ici la notion de pesanteur qui entraîne les spores au fond ouïes oblige a demeurer à la surface? Le mouvement de la masse' liquide a-t-il une influence sur la vitalité des moisissures « Ou nien encore une trop grande épaisseur de liquide leur est-elle fatale ? Voilà pour les causes physiques :
Les causes chimiques ne peuvent guère être invoquées, car 1 eau, dans la nature, j’entends l’eau potable destinée
stérilisée, nous en avons fait des dilutions au dixième, au centième et au millième. Après avoir préalablement ensemencé sur gélatine 1 centimètre cube de chacune de ces
dilutions, nous nous sommés arrêté à celles qui présen-
titél Une fois le titre de ces solutions bien connu, nous avons ensemencé régulièrement, chaque jour, 1 centimètre cube de chaque solution dans des tubes de gélatine. Les spores mettaient de cinq à'huit jours à se développer et à devenir le centre d’une colonie ; chaque colonie correspondant à une spore, il nous était facile, de calculer le nombre de spores contenu dans 1 centimètre cube de nos solutions mères.
Deux causes d’erreur nous ont préoccupé au cours de ces expériences ;
r Les spores des moisissures obéissant à la pesanteur ombent en général au fond du liquide ; il en résulte que
12 noTeoibre et joi nd, des quantités de j
surface comme i
pas été préalable
ensemencé de
moisissures
I suggéré les réflexions
Lorsque les moisissures sont dans de l’eau privée de . microbes, elles vivent plus longtemps (expér. A) que lorsqu’elles sont dans une eau polluée par des bactéries (expér. B); néanmoins elles finissent par disparaître lorsque l’on opère sur une masse liquide assez importante. Il est probable qu’une trop grande épaisseur de liquide leur est
Il semble, en comparant les résultats des expériences B et G, que la présence de moisissures dans l’eau influe jusqu’à un certain point sur le développement des bactéries ; c’est ainsi que les numérations donnent des chiffres beaucoup plus élevés pour B que pour C, et cependant l’eau employée est la même ; mais, dans l’expérience B, nous avions ensemencé des moisissures tandis que dans G il n’y en avait pas.
Enfin dans le dernier cristallisoir G, qui était exposé à l’atmosphère du laboratoire, il ne s’est pas développé, de moisissures, bien que cette atmosphère en contînt.
Après avoir étudié l’infiuence de la pesanteur, il est un autre facteur qu’il faut considérer, puisqu’il se trouve réalisé dans la nature : c’est le mouvement auquel est soumise la masse liquide.
L’expérience présentait de réelles difficultés pour être pratiquée dans un laboratoire; nous avons pensé nous rapprocher le plus possible des conditions réalisées dans la nature en l’instituant ainsi qu’il suit :
Dans un large tube à essai nous avons mis 100 centimètres cubes d’eau ensemencée avec une culture de Penicillum glancum, et au moyen d’une trompe à eau nous avons fait barboter nuit et jour de l’air; cet air se trouvait filtré par un tampon d’ouate. Ainsi se trouvaient
. les résultats i
iployant des milieux
stérilisée)
- Nous ensemençons dans trois mt de l’eau stérilisée, des spores de Un demi-centimètre cube fut pré- 1 ces tubes, ce qui nous donna les
tubes A, B, C, c Penicillum glai, levé chaque joui résultats suivant
cés avec une culture de Penicülumglaumm. Seulement, une faute dans le manuel opératoire nous a donné un tube (tube A) souillé de microbes, aussi dès la première analyse quantitative, nous Savons plus trouve de moisis-
apport de microbes, •ésultats étaient faciles ^ trouve généralement h i les microbes ne se (
prévoir en réfléchi;
développent pas
it recouverts de trouvent pas là
res, tandis que les mi favorable pour leur ni
Le même jour un antre coBaye inoculé avec de l’Eberth meurt également en vingt- quatre heures.
Expérience 2i.
décembre, nous inoculons un cobaye de 800 gram qui reçoit dans le péritoine deux centimètres cube
moisissure (Penic
rnumglaueum.) dans du bouillon stéri -
lis^. On prend régulièrement matin et soir sa tempéra-
1®' décembre. -
- Matin 38“2 (inoculation).
Soir37°I.
2 décembre. —
- Matin 38»6.
Soir 38“8.
3 décembre. —
- Matin 38‘5.
Soir 38"6;
4 décembre. —
■ Matin 38*7.
Comme on le v<
oit, le soir de 1 inoculation il y a une
bacille d’Eberth
chiftes: