‹ Contribution À L'Étude De La Conduite À Tenir Dans Les Présentations Du FrontChapitre 7 sur 24 · DE LA CONDUITE A TENIR D'APRÈS LE PRONOSTIC ET LE MÉCANISME · texte numérisé non relu

DE LA CONDUITE A TENIR D'APRÈS LE PRONOSTIC ET LE MÉCANISME

En analysant les deux théories émises sur le mécanisme de la présentation du front, nous avons voulu montrer comment s'expliquent les opinions si diverses des auteurs au point de vue de la conduite à tenir. En effet, eile est basée sur la manière dont on envisage la présentation du front. Selon que l’on considèrera le pronostic comme bénin on comme grave, selon que l’on admét{ra telle ou telle théorie, on sera porté à laisser agir la nature ou à essayer des interventions tout à fait différentes.

Pour les auteurs qui considèrent la présentation du front comme une variété de présentation de la face ou du sommet, le pronostic est en général bénin. Ces auteurs sont partisans de. transformer cette anomalie de présentation en présentation régulière. Comme ils n'admettent aucun mécanisme spécial, la transformation sera pour eux théoriquement facile et pourra s’essayer à tous les moments de l’accouchement. Elle pourra être faite de manières fort différentes, par des manœuvres manuelles ou par des manœuvres instrumentales, levier ou forceps.

Telle est l'opinion de Capuron (1), de Velpeau (2), de Jac-

(4) Capuron, Cours théorique et pratique d’accouch., 4° éd. Paris, 1328, p. 399.

(2) Velpeau, Traité complet de l’art des accouchements ; Paris, 1835, t. Il, p. 41.

— 28 — | | quemier (1), de Joulin (2), de Chaïlly Honoré (3), de Cazeaux (4), de Stolz (5), de Pinard (6), de Charpentier (7) et de bien d'autres. DEA Si, au contraire, les auteurs admettent que la présentation du front est pour la tête une présentation vraie au même titre que le sommet où la face, quoique moins fréquente, leur conduite sera toute autre. Selon qu'ils seront partisans de la théorie de Blanc ou de la théorie de Pollosson, ils agiront différemment. Les partisans du premier chercheront à produire le mouvement. de bascule de la tête qni ramènera l'occiput au lieu du menton au centre de l’excavation. Ils le feront au moyen de manœuvres manuelles, s'ils sont appelés assez tôt, sinon avec le forceps ou le levier prôné par les acconcheurs lyonnais. C'est la conduite tenue par la plupart des accoucheurs italiens et en France par Devars (8) et Blanc (9).

Mais les partisans de Pollosson, qui n’admettent ni la possibilité, ni l'existence de ce mouvement de bascule, seconduiront de toute autre ‘façon. Ceux-ci devront chercher simplement à dégager la tête suivant le mécanisme de la présentation du front. Pour cela, l'emploi du forceps est tout à fait indiqué. Ici

encore les manières d'opérer diffèrent : les uns font une application régulière de forceps, d’autres placent leur instrument obliquement par rapport au bassin. C’est, nous l'avons vu, la

(4) Jacquemier, Loc. cit.

(2) Jouin, Traité complet d’accouchements ; Paris, 1867, p. 514.

(3) Chailly Honoré, loc. cit. à

(4) Cazeaux. Traité théor. et prat, de l’art des acc.; 9 édit, revue et annotée par Tarnier, 1874, p. 335

(5) Stolz, Nouveau dict. de méd. et ch, prat.; Paris, 1864, 1. I, p. 255.

(6) Pinard, Guide pratique de l'accoucheur et de la sage-femme : Paris, 1879, p. 247,

(7) Charpentier, loc. cit.

(8) Devars, loc. cit.

(9) Blanc, loc. cit.

manière de procèder que recommandait M. Vaucois (1), et encore avec des restrictions.

La question du mécanisme n’est pas la seule qui influe sur la conduite à tenir dans la présentation du front : il ya aussi la manière d'envisager le résultat de cette présentation, En effet, le pronostic peut être variable. On peut très bien, quoique admettant la présentation du front comme vraie, lui considérer un pronostic plus ou moins sérieux.

Les auteurs qui considèrent le pronostic de la présentation du front comme entièrement heureux, n’ont par conséquent pas à s'en inquièter et laissent agir la nature en se livrant à une confiante expectation.

Ceux, au contraire, qui portant un pronostic heureux pensent cependant qu’il est toujours bon d'aider la nature, interviennent par des procédés fort différents.RLanc (2) avec Frirsca (3) et MaxaraGazut (4), regardant le pronostic comme assez bénin, pense cependant que dans plus de la moitié des cas l'intervention est nécessaire. Cette manière de voir est pour lui celle qui serait le plus conforme aux diverses statistiques.

Pour ceux qui partagent son opinion, l'intervention est toujours opportune ;elle peut être faite à n’imyorte quel moment de l'accouchement, et alors, selon les cas, ils agiront par l'intervention manuelle, le léger coup de pouce qui doit remettre les choses en l'état et aider la tête à descendre. Quand les circonstances l'exigent, ils emploient le forceps, mais la version leur paraît contre-indiquée. Du moment que le pronostic est heureux à quoi bon aller dès le début du travail contrarier la nature et

(4) Vallois, loc. cit.

(2) Blanc. loc. cit., p. 576.

(3) Fritsch, Klinik der Geburlshülflichen Operationen ; Halle, 1880, in Henricius, loc. cit. A

(4) Mangiagalli, loc. cit.

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faire une version ? C'était ainsi qu'agissaient SMELLIE(1), Bau- DELOCQUE (2) et MM LACHAPELLE (3).

Parmi les auteurs qni considèrent la présentation du front comme très grave, nous devons faire une distinction. Nous les diviserons en interventionnistes et en non-interventionnistes.

Les premiers chercheront à intervenir, dès le début, avec les instruments, persuadès que les tentatives de correction manuelle ne peuvent être d'aucune utilité. Hs aypliquent le forceps suivant ses divers modes, soit en prise directe, soit en prise oblique: ils se laissent guider par lui dans leurs tractions, s'ils emploient l'instrument de M. Tarnier. Si malgré tout, le forceps ne réussit pas, il leur restera encore, si l'enfant est vivant, une chance de le conserver et ils se décideront à pratiquer l'opération conseillée par M. VarLois (4), la symphyséotomie. Si l'enfant est mort, ils délivreront la mère en opérant la basiotripsie. |

Pour certains, il n’y a que la version préventive qui puisse remédier à une présentation aussi grave. Dès qu'ils l'ont reconnue, s'ils sont à temps pour le faire, ils pratiquent la version. S'ils sont appelés alors que la version est impossible, ils ont recours au dernier moyen, la basiotripsie.

Ainsi agissaient ScuRÆDER (5) et Scanzon1 (6), quand il y avait en même temps quelque cause sériéuse de présentation du front, un rétrécissement du bassin par exemple.

C'est la conduite que tiennent les auteurs, qui considèrent la présentation du front comme très grave et l’assimilent, avec

(1) Smellie, loc. cit.

(2) Baudelocque, loc. cit.

(3) Mme L'achapelle, oc. cit.

(4) Vallois, 2m- article. loc. cit.

(5) Schræder, trad. Charpentier, in Heinricius. (6) Scanzoni, loc. cit.

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