CHAPITRE III
POTENTIEL du FERROPHOSPHORE
A) Mesures du potentiel.
Nous avons employé pour ces mesures du ferrophosphore contenant 25 % de phosphore et 73 % de fer.
Dans le sulfate de soude à 1%, une électrode de ce ferrophosphore nous a donné comme potentiel + 0 v. 10, puis au bout de 8 heures + 0 v. 06. La poudre de ce même corps indique sur le mercure un potentiel variant entre + 0v.05 et + Ov. 11, et on obtient la même valeur de + 0 v. 10 en employant le panier de platine comme support de la poudre.
Dans l'acide sulfurique, le ferrophosphore subit une très nette passivation : son potentiel dans l’acide 0,5 N est, en effet, très élevé : + 0 v. 36. Une élévation de la température de la solution acide supprime, ou du moins atténue la passivation : à 40°, le potentiel est de + Ov. 31, à 80°, de + Ov. 11, et à ébullition, on obtient — 0v.23. Après refroidissement de la solution, le potentiel revient à + 0 v. 06.
Dans l'acide chlorhydrique, la passivation ne se maintient pas comme dans l’acide sulfurique : une solution d'acide chlorhydrique 0,5 N donne un potentiel inilial de + 0v.11. Par élévation de température, on a encore une activation, marquée par un potentiel de — 0 v. 26. A froid, le potentiel s'établit à — Ov. 02. f
Dans l'acide nitrique à 4%, concentration employée pour le réactif d'attaque macrographique, le ferrophosphore accuse un potentiel légèrement activé, si on le compare à son potentiel dans une solution neutre : on obtient, en effet, + 0 v. 01. Par contre, l’acide nitrique à 10 % donne au ferrophosphore un potentiel de début très élevé : + 0v.58, puis peu à peu on observe une activation, qui se manifeste par une baisse du potentiel : en 2 heures, on atteint à l'équilibre + 0v.08. L'effet de l'élévation de température est ici opposé à celui observé dans le cas des acides sulfurique et chlorhydrique : alors que dans ce dernier cas il se produisait une activation, on obtient par élévation de la température de la solution d’acide nitrique, une forte passivation, puisque le potentiel passe de + 0 v. 10 à + Ov. 57, quand on arrive à la température de 90°. Ces derniers résultats, comparables à ceux que donnent, dans les mêmes conditions, les aciers spéciaux austénitiques, s’expliquent par le pouvoir oxydant de l’acide nitrique, pouvoir nettement plus grand à chaud qu’à la température
ordinaire.
Dans les oxydants, le ferrophosphore manifeste d’ailleurs une très nette passivation : une solution d'acide chromique à 1 % lui donne un potentiel de + 0 v. 63. Il est à remarquer que le fer électrolytique donne dans ces conditions un potentiel très voisin (+ 0 v. 65).
B) Conclusions.
Bien que le ferrophosphore employé ne soit pas d’une formule bien définie, on peut conclure de ces mesures que la différence de potentiel entre ce composé et le fer est du même ordre de grandeur que les valeurs déjà obtenues pour les autres constituants de l'acier : 0 v. 80 environ. Et ici encore, nous retrouvons l’action passivante qu’exerce sur le ferrophosphore les solutions oxydantes.