‹ Contribution à l'étude de la corrosion du ferChapitre 6 sur 33 · II. — POTENTIEL d'une ÉLECTRODE DOUBLE · texte numérisé non relu

II. — POTENTIEL d'une ÉLECTRODE DOUBLE

a) Nous avons vérifié la théorie précédente en réunissant en parallèle une électrode de fer et une électrode de cuivre, et en les immergeant simultanément dans le sulfate de soude à 1 % (fig. 3).

La courbe de potentiel obtenue, en comparant cette électrode double à l’électrode au sulfate mercureux, est pratiquement identique à celle que donne l’électrode de fer seule, puisque lon trouve, au bout de quelques heures, — 0 v. 68. Et l’électrode de fer s'attaque comme si elle était seule.

Le cuivre étant le pôle positif, nous nous sommes demandé si on trouverait encore le potentiel du fer en comparant l’électrode double à une électrode négative par rapport au fer.

Nous avons pris alors le potentiel de l’électrode fer-cuivre par rapport à une électrode de zinc, dont nous avons déterminé le potentiel dans le sulfate

se C'OE

de soude à 1 %: soit — 1v.08 par rapport à l’électrode normale saturée au calomel. Le zinc est donc l’électrode négative dans la pile formée par l’électrode double fer-cuivre et l’électrode de zinc.

Dans ce cas encore, c’est le fer qui impose son potentiel; nous trouvons, en effet, 0 v. 45 comme f. e. m. de cette pile, ce qui correspond à la différence de potentiel entre le zinc et le fer.

b) De même, si nous comparons une électrode formée d’un barreau de fer et d’un barreau de zinc à l’électrode au sulfate mercureux, nous trouvons — 0 v. 480, c’est-à-dire — 1 v. 065 par rapport à l’électrode saturée au calomel, c'est-à-dire le potentiel du zinc. De plus, l’électrode de zinc s'attaque seule, l'acier restant parfaitement brillant, el on ne trouve que de l’hydrate de zinc dans le liquide (fig. 2).

Dans ce cas, c'est le zinc, métal moins noble, qui impose encore son potentiel.

c) Nous appliquons, par fusion, un morceau de zinc sur l’électrode de fer, et prenons ensuite son potentiel dans le sulfate de soude à 1 %. Nous trouvons, dès le début, un potentiel beaucoup plus bas que le potentiel habituel du fer actif : — 0 v. 830. Puis, il y a une baisse progressive du potentiel qui se rapproche de celui du zinc, et en 3 heures, on atteint — 1 v. 1. Le fer reste inattaqué, tandis que le zinc se transforme peu à peu en hydrate.

Cuivre | - E----| Sulfate de ÿ | soude à1%

d) Une électrode de chrome massif aluminothermique, placée dans une solution de SO!Na? à 1 % donne un potentiel qui croît progressivement de — Ov.3 à — Ov. 05 (le chrome se passive dans la solution de sulfate, de même, d'ailleurs, que les aciers au chrome).

Considérons, au contraire, une électrode chromée par électrolyse. SON potentiel, initialement de — 0 v.1, baisse à — 0 v. 4, et l’électrode chromée, à sa sortie de la solution de sulfate de soude, manifeste nettement un point d'attaque : il vient d’un défaut dans le dépôt, qui laisse à nu une toute petite surface de fer; celui-ci, plus négatif, impose son potentiel.

Au contraire, une électrode très bien recouverte de chrome donne un potentiel initial de — 0v. 290, qui croît ensuite jusqu'à — 0 v. 040.

e) Une électrode recouverte de titane par électrolyse a donné un potentiel variant de — 0v.55 à — 0v.57 dans le sulfate de soude à {1 %, alors qu’on n’a remarqué aucune attaque.

Cette expérience démontre que le titane est un métal plus noble que lie fer.

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