ASIE
Le fungstène donne au début — 0v.06, puis son potentiel descend en quelques heures à — 0 v. 13, où il se stabilise.
Le potentiel du molybdène se fixe à — Ov. 09. Celui de l’arsenic, moins constant que celui des métaux précédents, varie entre — Ov. 09 et + 0 v. 06. Il est à noter que ces derniers chiffres sont très voisins de la valeur du potentiel du cuivre dans les mêmes conditions (— 0 v. 03), d’où le danger bien connu de la présence de l’arsenic dans le raffinage du cuivre impur : l’arsenic se précipite en effet à la cathode pour un même voltage que le cuivre (1).
Le potentiel de la poudre d’antimoine contenant 0,15 % de fer se fixe à la valeur — 0 v.58, plus négative que celle de l’arsenic et du bismuth. Ces faits sont d'accord avec la propriété plus « métallique » de l’antimoine, dont on connaît le sulfate, alors que celui d’arsenie n’a pas été isolé.
D'autre part, le fer déplace l’antimoïne de ses solutions, mais beaucoup plus difficilement que le bismuth et l’arsenic.
D) RECHERCHE DU POURCENTAGE MINIMUM DU MÉTAL LE MOINS NOBLE, QUI IMPOSE LE POTENTIEL DE CE DERNIER. — Nous avons appliqué les méthodes précédentes à l’étude quantitative de la règle énoncée plus haut: nous avons cherché, dans un mélange de deux métaux, quelle est la quantité relative minima du métal le moins noble nécessaire pour que ce dernier impose son potentiel à l’ensemble. Les mesures faites dans ce sens ont porté sur des mélanges de poudres de différents métaux, dont le potentiel a été mesuré sur le mercure, dans une solution de sulfate de soude à 1 %.
Mélange cuivre-fer. Du cuivre en poudre contenant 0,2 % de fer donne à l'équilibre un potentiel de — 0 v. 30, différant déjà beaucoup de celui de la poudre de cuivre pur obtenue par réduction de l’oxyde (— 0 v. 04). Avec 1 % de fer dans le cuivre, nous avons trouvé un potentiel de — 0 v. 59, beaucoup plus voisin de celui du fer. Enfin, avec 5 % de fer, nous retrouvons tout à fait le potentiel de ce métal, soit à l’équilibre — 0 v. 73.
Mélange cuivre-nickel. — Le nickel étant un métal qui se dépassive très difficilement, 5 % de ce métal dans la poudre de cuivre ne suffisent pas à imposer le potentiel du nickel: un tel mélange donne — 0 v. 22, potentiel d'environ 0 v. 30 supérieur au potentiel du métal le plus actif.
Mélange cuivre-plomb. — Le plomb seul, lavé à l'acide nitrique, puis à l’eau et à l’alcool, accuse, sur le mercure, un potentiel de — 0v.58. 1 % de plomb dans le cuivre abaïsse le potentiel de ce dernier à — 0 v. 23, tandis que 5 % de plomb suffisent à donner au mélange un potentiel d'équilibre de — 0 v. 56
De ces mesures, il semble permis de conclure qu’il faut une quantité minima du métal le plus actif pour qu'on mesure vraiment son potentiel: le pourcentage nécessaire serait en gros de 5 %.
(1) Aussi l’engage-t-on dans une boue anodique de SnO,, en ajoutant intentionnellement 1 % d’étain dans les anodes impures.
ROTENTIEPduRÉER
DIFFICULTÉS de la MESURE du POTENTIEL du FER MASSIF
La première remarque à faire à ce sujet est la très grande diversité des nombres que l’on trouve dans la littérature comme valeurs du potentiel du fer. Le fer est, en effet, un métal — et ce fait est encore beaucoup plus marqué pour d’autres métaux tels que le chrome, le nickel, etc. — qui se passive relativement facilement. Et cette passivité, qu’elle soit due à la présence d’un gaz sur la surface du fer, où à la formation d’une couche d'oxyde ou d’un sel insoluble, a toujours comme effet de rendre le fer plus noble, c’est-à-dire d'élever son potentiel. Et comme les causes de la passivation sont nombreuses, comme cette dernière peut se produire dans une série de conditions très variées, on pourra obtenir pour le fer un potentiel variant entre des limites très éloignées, allant du fer le plus « actif » au fer le plus « passif ».
Nous avons essayé de faire une étude systématique de ce potentiel dans un très grand nombre de milieux, en cherchant à trouver les relations qui existent entre ces milieux et le potentiel qu'ils imposent au fer.
Nous avons ainsi mis en évidence l’action activante de certains milieux, l’action passivante des oxydants, des alcalis, de certains anions, l'influence du pH de lélectrolyte, et enfin le rôle fondamental que joue l'oxygène dans la passivation, par opposition à l’action toute différente des gaz inertes comme l'azote et l'hydrogène.
Dans la plupart de nos expériences, nous avons utilisé des électrodes en fer électrolytique en forme de barreaux de 15 mm. de largeur, de 7 millimètres d'épaisseur, et de 7 à 8 centimètres de longueur, que nous avons polis au papier émeri 0000.