‹ Contribution à l'Étude de la Coxa Vara TraumatiqueChapitre 2 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Mettant à large contribution le travail de de Quervain (1)*, nous allons à grands traits exposer la genèse de la question.

C'est d'Allemagne que vinrent les premières publications relatives à la coxa vara.

Ernest Müller (2) rapportait, en 1888, avoir observé, dans le service de Bruns, à Tübingen, 4 jeunes gens, âgés de 14 à 18 ans, qui, soit à la suite d’un léger traumatisme, soit sans cause appréciable, accusaient d’assez vives douleurs dans une hanche, en même temps qu'une boiterie, surtout prononcée après une longue marche. L'examen de ces malades permettait de constater un raccourcissement de 2 ou 3 centimètres portant sur le membre intéressé ; en outre, le trochanter s'élevait au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. La jambe, tantôt en extension, tantôt en flexion peu marquée, pouvait exécuter des mouvements très étendus ; seules, l’abduction et la rotation étaient gênées. Un de ces malades, souffrant tout particulièrement, réclama une intervention chirurgicale. En pratiquant la réséction sous-trochantérienne, on reconnut

* N.-B. — Les numéros inscrits après les noms d'auteurs correspondent aux numéros d'ordre de l'Index bibliographique.

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qu'on se trouvait en présence d'une incurvation à angle droit du col du fémur en bas. Müller pensa qu'il s'agissait d'une affection relevant d'un rachitisme tardif et la compara au « genu valgum » de l’adolescence : l’affaissement s’opérerait dans l’incurvation du col du fémur tout comme dans le genu valgum, sous l’influence statique du Corps.

Cette communication attira l'attention des chirurgiens sur celte difformité mal counue jusqu'alors et provoqua l'étude approfondie, tant clinique qu'anatomique des incurvations du col fémoral.

Peu de temps après, Lauenstein (3), à l’autopsie d'un jeune garçon de 7 ans, trouvait une incurvation en bas bilatérale du col du fémur. La coexistence de cet affaissement cervical avec d’autres stigmates de rachilisme ne laissait subsister aucun doute sur la pathogénie exacte de l'affection : la déformation était d’origine rachitique.

Au cours des années suivantes Schultz (4), Streubel (5), Royal Whitman (6) relataient des faits analogues.

En avril 1894, au Congrès allemand de chirurgie tenu à Berlin, Bruns (7) et Hofmeister (8) lurent une note préliminaire traitant de l’affection nouvelle. Ces chirurgiens, ayant procédé à l'examen de plus de 600 malades soignés pour des coxalgies tuberculeuses, avaient pu se rendre compte qu'un certain nombre des cas enregistrés comme coxiles légères ou initiales n'étaient autre chose que des incurvations du col fémoral. Hofmeister basait ses conclusions sur 33 observations de « coxa vara »: Quelque temps après, il faisait un exposé clinique eomplet du nouveau syndrome (8 bts).

es et PE

Kocher (9), en mars 1894, avait déjà proposé le nom de « coxa vara » pour désigner cette altération, étendant ainsi à la hanche le terme consacré au pied-bot dévié en dedans. Mais son mémoire, dans lequel sont consignés trois cas de la maladie, ne vit le jour que deux mois après les communications de Bruns et d'Hofmeister. Se basant sur l'examen microscopique d’une pièce obtenue par la résection sous-trochantérienne, Kocher paraissait disposé, conformément d'ailleurs aux descriptions histologiques de Recklinghausen et de Ribbert, à admettre un processus d’ostéomalacie juvénile ; il plaçait, en outre, le siège de la lésion anatomique au voisinage immédiat de la ligne épiphysaire.

Au mois de septembre de la même année, M. Kirmisson (10) insistait sur la rareté de ces courbures anormales du col et mettait en garde les praticiens contre la confusion facile de l’incurvation rachitique avec les lésions conséculives à la coxalgie.

Ces travaux furent suivis d’autres qui élargirent les données établies par ces auteurs. Les observations confirmèrent pour la plupart le processus rachitique de l’affection.

Mais bientôt ses facteurs étiologiques parurent se mulüplier. Au rachitisme précoce ou tardif invoqués dans la presque totalité des cas, à l'ostéomalacie ‘juvénile de Kocher ou puerpérale d'Hofmeister (11) vinrent s'ajouter les faits de coxa vara congénitale de Kredel (12), de Kirmisson (13), de Mouchet et Audion {1#), ceux liés aux inflammations d’origine tuberculeuse où ostéomyélitique sur

l'importance desquelles Kocher a particulièrement insisté.

MSN N

Enfin le premier, Borchard (15), le 26 juin 1897, motrait le rôle que joue le traumatisme dans l’étiologie de la coxa vara. Royal Whitman (16) publiait le même mois une observation de coxa vara typique, conséquence d'un décollement épiphysaire du col fémoral. Le 16 avril 1898, au XXVII° Congrès allemand de chirurgie (17), Sprengel disait avoir eu l’occasion d’opérer deux adolescents qui avaient présenté l'attitude propre à la coxa vara. L'examen détaillé des pièces obtenues par la résection avait montré non pas des lésions rachitiques, ostéomalaciques ou autres, mais l'existence d'une ancienne fracture épiphysaire consolidée en position défectueuse.

Considérant alors que l’étiologie de la coxa vara pouvait ne pas être univoque, le chirurgien de Brunswick proposait de désigner sous le nom de «coxa vara traumatique» les deux faits précités.

Quelques mois plus tard, le professeur Kirmisson (18) publiait le premier cas français connu de coxa vara traumalique.

D'autres observations, 1l est vrai peu nombreuses, suivirent.

En 1902, Royal Whitman (19) au Congrès américain d'orthopédie de Philadelphie, comptait 20 cas de coxa vara traumatique chez les adolescents pour 38 ordinaires. Mais nombre de ceux-ce1 étaient antérieurs à la radiographie el n'avaient donc pu être scientifiquement vérifiés.

Nous signalerons encore les observations de Joachimsthal (20),de Kredel (21), de Braman (22), de Clarke (23) de Coville (24). Une observation recueillie dans le service de M. le professeur Le Dentu, par son chef de chnique, M. le D' Mouchet, a suggéré ce travail.

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