‹ Contribution à l'Étude de la Coxa Vara TraumatiqueChapitre 26 sur 28 · SR ONE · texte numérisé non relu

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boité, et pendant la croissance la jambe antérieurement blessée fut toujours plus faible que l’autre. Mais, à part cela, l'enfant s’est bien développé. Ce n'est que neuf ans plus tard, que, sur les conseils d’un médecin les parents vinrent consulter à la clinique.

Etat au 10 mai 1898. — Enfant bien constitué et bien portant.

Le membre inférieur gauche est sensiblement plus faible et plus court que le droit. Sur le sacrum et la fesse gauche on constate l'existence d’une cicatrice nette et pâle d’une longueur de 15centimètres. La jambe est en rotation externe eten adduction légère. Le grand trochanter est fortement saillant,mais n’est pas tuméfié. Son sommet est à 4 bons centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.

Le raccourcissement total du membre est de 6 centimètres.

Les mouvements de l'articulation coxo-fémorale gauche sont, en général, libres, sauf l'abduction qui n’est possible que dans une faible mesure et la rotation en dedans qui est également limitée. Au-dessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure on sent, dans la partie antérieure de la capsule, un corps dur et résistant qui suit les mouvements de la hanche ; c'est le col du fémur tourné en haut. Pas de phénomènes inflammatoires. On porte le diagnostic de traumatisme ancien, avec probablement disjonction épiphysaire et coxa vara conséculive.

La radiographie montre qu'il y a eu un trait de fracture siégeant dans la ligne épiphysaire.

La tête est séparée du col, sa moitié inférieure a abandonné la cavité cotyloïde et se trouve tout près du trochanter. On voit nettement le bord tranchant du col, et entre le col et la tête existe une zone claire, de telle sorte qu’on pourrait croire à l'existence d’une pseudarthrose. Cette zone claire correspond au cartilage épiphysaire, car la tête accompagne tous les mouvements du membre.

La radiographie explique facilement l’obstacle à l'abduction :

Le col est poussé contre le bord supérieur de la cavité cotyloïde et le grand trochanter contre la fosse iliaque.

Le fonctionnement du membre étant parfait et l’anomalie de

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structure très légère, le professeur de Braman ne trouva aucune indication opératoire et ne garda pas le jeune garçon, en lui recommandant toutefois de porter une chaussure avec talon surélevé.

OgservariIoON XIV (BramaN).

(Communiquée par RAMMSTEDT).

Gottfr B..., 15 ans, domestique de ferme. Le 11 novembre 1898, s'appuyant sur une charrue il se contusionna fortement la hanche gauche. De suite cette région fut le siège de douleurs intenses ; il fut dans l'impossibilité de remuer son membre inférieur gauche et on dut le reconduire à la ferme. Un médecin constata une tuméfaction prononcée de la partie antérieure de la hanche gauche et ordonna un pansement et des frictions.

Quatorze jours après le malade put quitter le lit, mais il boitait et marchait à l’aide de deux cannes ; c’est alors qu’il fut envoyé à la clinique.

Etat, 8 semaines après l'accident. — Dans le décubitus dorsal la jambe gauche est légèrement fléchie sur la hanche, en forte adduction et en rotation externe. Le racourcissement est considérable. Le trochanter est élevé de 4 bons centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. La mensuration pratiquée à l'épine iliaque antérieure et supérieure à la malléole externe indique que la jambe blessée est plus courte de 4 cent. 1/2 que la jambe saine. Dans la hanche gauche la flexion est limitée, il en est de même pour l'extension et la rotation en dedans, l’abduction est complètement supprimée. Le grand trochanter fait une forte saillie en dehors et paraît élargi par suite de sa rotation en dehors. Au-dessous de l’épine iliaque antérieure et supérieure, sur le devant de l'articulation, on sent une masse résistante qui fait une saillie. L’articulation n’est pas tuméfiée et ne présente aucun signe d’inflammation.

‘Diagnostic. — Fracture du col du fémur ou plutôt décollement épiphysaire.

Les rayons Ræœntgen montrent qu'un trait de fracture existe

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dans la ligne épiphysaire. Au reste, il y avait en faveur de cette idée, d’abord la longueur du col, puis le fait qu'il s'agissait d’un individu jeune, dans la période de croissance, individu chez lequel, comme Sprengel et d’autres l'ont montré, on ne constate de fracture que dans la ligne épiphysaire.

La radiographie montre de plus que la tête, comme dans la Coxa vara, est luxée en arrière et en bas, de telle sorte que sa moilié inférieure a abandonné le cotyle et se trouve tout près du pelt trochanter.

L'obstacle à l’abduction est facilement aperçu, la partie inférieure du col appuie contre le bord du cotyle. On voit en outre que si le patient se lève il n’appuie plus la têle, mais la partie inférieure du col fémoral contre le bord supérieur du cotyle. La résection pratiquée le 3 février par le procédé de Kocher confirma le diagnostic. La séparation de la tête s’élait produite au niveau de la ligne de conjugaison, une petite partie du col avait élé brisée el adhérait encore à la tête. Le cartilage de conjugaison était réuni d'une façon très lâche à la partie postérieure du col. Ablation du fragment de la tête, le col est modelé et implanté dans la cavité cotyloïde en position d'abduction. Réunion per primam.

Résultat définitif. — La mobilité est peu augmentée, mais la bonne position d'abduction a bien diminué le raccourcissement.

OBSERvATION XV (BRAMAN).

(Communiquée par RammsrEDT).

E... J..., 17 ans, commis de magasin. En juillet 1899 monte sur une échelle, il fit un faux mouvement, glissa et tomba d’une hauteur de un mètre sur le genou droit et sur la cuisse. Tout d'abord il ne ressentait que de légères douleurs, la cuisse étail tuméfiée et il boitait. Malgré cela il continuait à travailler. Mais peu à peu douleur et boiterie s’accentuèrent. Unecure de bains de vapeur apporta une amélioration sensible. Mais bientôt l'état s’aggrava et le repos au lit seul fit cesser les douleurs.En octobre

J... est admis à la clinique, Quesnot

Lis SD

Jeune homme de taille moyenne et de constitution assez forte mais bien portant, aucune trace de rachitisme. Dans la station debout on est de suite frappé par l’amaigrissement de la cuisse droite. La moitié droite du bassin et le pli fessier du même côlé sont abaissés. La jambe droite est nettement en rotation exlerne, le malade marche en boitant et pour avancer 1l projette en même temps sa cuisse et son bassin. |

Dans le décubitus horizontal, le raccourcissement de la jambe droite et la rotation externe sont si marqués que la partie externe du membre repose sur le plan du lit. L'obstacle à la flexion empêche de délimiter la ligne de Nélaton-Roser.

Si on tire une ligne de l’épine iliaque à l’ombilic et ensuite une autre ligne parallèle à la première, mais parlant de la pointe du trochanter,on voit que les distances sont à droite de 3 cent. 5, à gauche de 6 cent. 5. Il existe donc un raccourcissement réel de la jambe droite de 3 centimètres. Les mouvements de la hanche sont très limités, l’abduclion est supprimée, la flexion peu considérable, l'extension est libre, la rotation en dedans est impossible à exécuter, quant à la rotation en dehors elle est si prononcée que la pointe des orteils peut presque toucher le plan du lit.

Pas de signes d'inflammation. Au-dessous de l'épine iliaque antérieure et supérieure au devant de la région articulaire on sent une saillie dure et résistante comme de l'os. Le signe de Trendelenbourg est très net.

Diagnostic. — Coxa vara consécutive à un décollement épiphysaire.

La radiographie montre que le trochanter et le col du fémur n'ont pas changé de place,la tête déjetée par en bas, a abandonné la cavité cotyloïde et s’est rapprochée du petit trochanter. Plus loin on voit entre l'épiphyse et le col une ligne de fracture très nette, c'est à ce niveau que la séparation s’est produite.

La partie supérieure du col du fémur fait une saillie prononcée.

Traitement. — Par l'extension prolongée on n'obtint aucun.

résultat. Le malade insistait pour être opéré. Le 15 décembre 1899

1e professeur Braman pratiqua la résection de la tête. Il laissa la moitié externe du col et le sommet du trochanter qui furent implantés dans le cotyle. Bien que, la suture des muscles eût provoqué de la suppuralion, le résultat final au point de vue fonctionnel, fut très favorable.

Etal au 10 avril 1900. — Le raccourcissement est compensé par une bonne abduction. J... n’éprouve plus aucune douleur. marche avec l’aide d’une canne. 11 peut fléchir la cuisse sur le

bassin jusqu’à angle droit.

OBsERvATION XVI (BRAMAN).

(Communiquée par RammsrEepr).

O0. M..., 17 ans, ouvrier à Z..., admis le 25 octobre 1899.

Issu d’une famille bien portante, lui-même, présente des stigmates anciens de rachitisme, mais il jouit tout de même d’une bonne santé ; à signaler seulement qu’à l’âge de 8 ans il fut mordu au visage par un chien.

Eu mai 1897, pour s'amuser il monta sur une meule de paille mais il tomba d’une hauteur de 3 mètres sur la hanche droite qui porta sur une charrue. Ressentant aussitôt de violentes douleurs dans la cuisse, il resta étendu pendant quelques minutes, mais il lui fut possible de se relever et de retourner chez lui en boilant légèrement.

Le malade affirme qu’il ne part une légère douleur qui revenait de temps à autre. Cel état persista jusqu'en avril 1898, époque à laquelle il entra comme porleur dans une briqueterie. À dater de celte époque les douleurs furent légères, mais continues, et M... éprouvait une cer- Laine lassitude dans la hanche droite. Pourtant il pouvait faire

souffrait nullement de sa hanche,àù

son travail.

En mai ses compagnons lui firent remarquer qu'il boitait, car lui-même ne s’en était pas aperçu.

Jusqu'au printemps de l'année 1899, il continua à travailler, mais remarquant à ce moment que les mouvements de la hanche devenaient de moins en moins étendus, il consulla un médecin

qui prescrivit des bains de vapeur et le repos au lit. Son état s’améliora à un tel point que pendant l'été de 1899 il pouvait travailler. Mais alors les douleurs reparurent el avec elles la gêne de l'articulation augmenta. C’est alors que M... entra à la clinique.

C'est un homme de forte constitution, la musculature est bien développée et sans trop de tissu adipeux, sur le visage on constate quelques cicatrices, par suite de sa morsure par un chien.

Le crâne est quelque peu anguleux et le cartilage costal est épaissi. La jambe droite est très raccourcie et dans le décubitus dorsal, l’épine iliaque antérieure et supérieure droite est plus haute de 1 centimètre que la gauche.La limitation de la flexion ne permet pas de tracer la ligne de Nélaton-Roser.

Le raccourcissement réel atteint près de 5 à 6 centimètres. La cuisse droite est tournée en dehors à un tel point que le bord externe du pied touche le plan du lit ; on constate en plus une forte adduction et une légère flexion. Les mouvements sont assez limités. L’abduction et la rotation en dedans sont complètement supprimées, seules la flexion et l’extension peuvent encore se faire. En faisant exéculer au membre un mouvement de rotation on ressent une crépitation très nette dont le siège est au niveau de l'articulation de la hanche. Les muscles sont atrophiés, on ne note pas d’inflammation.

A la partie antérieure de l'articulation on sent une saillie déjà décrite, qui est formée par le col incurvé en avant. La marche est difficile, et M... n'avance qu’en projetant en avant son bassin. Le signe de Trendelenbourg est net.

Diagnostic. — Le raccourcissement considérable, la déformation de la cuisse droite, la contracture, la limitation des mouvements étaient en faveur d’une lésion ancienne du col du fémur avec déformalion consécutive du col du fémur et arthrite déformante, et ce, malgré que le traumatisme fût ancien.

Ce cas ressemblait beaucoup aux cas présentés dernièrement par Sprengel au Congrès de 1899. Chez ces malades la contracture el la limitation des mouvements étaient telles qu'Hofmeister

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(Compte rendu du Congrès, S. 62) pensait plutôt à une lésion ancienne du col du fémur qu'à une coxa vara statique où les déformations ne sont jamais aussi marquées.

Plusieurs radiographies furent faites et permirent d'observer que chez notre malade, en outre de la déviation de la tête et du col, ce dernier avait pénétré dans le cotyle élargi et qu’il était entouré de proliférations osseuses, si bien qu'il supportait réellement tout le poids du corps.

La résection fut pratiquée le 9 janvier 1900 par le professeur Braman, qui trouva une cavité colyloïde élargie avec des bords épaissis et couverts de jetées osseuses. La tête et le col étaient incurvés en arrière et en bas, si bien que la tête avait abandonné le cotyle et pouvait, par un moûüvement de rotation externe forcé, être absolument entraîné en dehors de l’acétabulum. Le grand trochanter fut scié et la diaphyse fémorale fut arrangée et placée dans la cavité cotyloïde, appareil fenêtré placé dans la position d'abduction. Réunion par première intention.

Résultat. — Le membre est en bonne position d'abduction la mobilité est à peu près égale au quart de la mobililé normale.

La pièce enlevée montre une déviation typique, comme Kocher l’a décrite. La partie inférieure de la tête partout recouverte de cartilage est déprimée par suite de l’atrophie du Lissu spongieux.La partie supérieure du col présente une saillie ressemblant à une exostose. La tête est complètement délachée du col dont la surface de fracture a pénétré dans la cavité cotyloïde et s’est ainsi polie en tenant lieu de surface articulaire.

Au microscope nous trouvons, iciencore, entre les restes du cartilage épiphysaire et le col, des masses de tissus fibreux qui permettent de conclure à l'existence certaine d’une solution de continuité. Dans le milieu de la ligne épiphysaire on trouve du cartilage entrecoupé de trabécules osseux qui avaient formé une union solide entre la tête et l'épiphyse.

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OBsEervaTION XVII (KoEniG).

(Communiquée par Pecs-LEupen, 45).

Jeune homme de 20 ans, qui deux ans avant avait fait une chute du deuxième étage et était tombé sur les pieds, puis sur le côté gauche, aussitôt après sa chute il lui fut impossible de se relever et force fut de le transporter chez lui mais, trois heures après, il se leva et tout en souffrant il se remet à travailler ; depuis cette époque, tant bien que mal il peut vaquer à ses occupations.

C'est un individu d’une corpulence modérée et de taille assez petite.

A l'examen. — Claudication prononcée, saillie énorme dans la région trochantérienne gauche, le membre inférieur gauche est en adduction. Dans la station debout le membre droit sain est tenu dans un angle de 120 degrés. Les mouvements d’abducüon sont impossibles, les mouvements d'adduction sont peu prononcés, la flexion et la rotation sont presque complètement supprimées, le sommet du trochanter se trouve à environ 5 centimètres au-dessus de la ligne du Nélaton-Roser.

La radiographie montre le col du fémur raccourci en bas et allongé en haul, dirigé horizontalement en passant en haut sans transition dans le grand trochanter. La tête est déformée par aplatissement de sa partie supérieure. Ces allérations sont analogues à celles de l’arthrite déformante.

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