‹ Contribution A L'Étude De La Cure Radicale Des Sinusites Frontales ChroniquesChapitre 12 sur 15 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

INépires, — Dr MarTin Cu.

Observation 4. — Sinusite frontale droite et otorrhée gauche de vieille date Guérison par l'évidement pétro-mastoïdien et la sinusectomne. — M. X..., âgé de 35 ans, garçon coiffeur, entre en 1896 dans le service de mon maître Quénu à l'hôpital Cochin ; ce malade se plaint depuis des années d’un écoulement fétide par la narine droite, de maux de tête fréquents, a mauvais aspect, le teint terreux, pas de forces. Il souffre également de l'oreille gauche et ne peut dire si les deux suppurations auriculaires et nasales sont contemporaines ou laquelle a été la première en date.

Son entrée est motivée par de violentes céphalalgies mal limitées, de la fièvre et un état infectieux grave existant depuis quelques jours.

L'intervention montrera qu'il s’agissait en réalité d'infection purulente au début, due à une lésion mastoïdienne compliquée de phlébite du sinus latéral. Nous laissons de côté cette partie de l’observation et de l'intervention, qui consiste dans l’évidement pétro-mastoïdien gauche, et le drainage du sinus latéral thrombosé, pour ne donner que le temps frontal.

Après avoir évidé la mastoïde, ne pouvant mettre hors de cause complètement, au point de vue des accidents infectieux, la sinusite frontale droite, je fais une trépanation de ce sinus. Celui-ci est en effet plein de fongosités.

La paroi antérieure est réséquée largement. La cavité curettée à fond, l'infundibulum est agrandi à la curette aux dépens de l’ethmoïde antérieur ; celui-ci paraît sain, aussi l’élargisseinent de l'infundibulum est établi très suffisamment par le drainage fronto-

nasal.

On installe une mèche de gaze, qui, introduite par le sinus, est attirée vers les fosses nasales. La peau est suturée par-dessus.

Suites normales à part la nécessité de découdre la peau dans l’angle interne de la plaie, pour drainer un petit abeës qui se formait malgré le drainage fronto-nasal.

La guérison du sinus fut complète en deux mois et précéda la guérison mastoïdienne qui en demanda six.

Ce malade fut revu toujours bien portant, transformé au bout d’un an, pas de déformation faciale ; mais depuis il a été perdu de vue.

Observation 2. — Sinusite double frontale chronique chez une jeune fille de 18 ans. Evidement des sinus. Guérison. — Mile D.., âgée de 18 ans, petite, malingre, avait été consulter en 1904 pour de l’ozène, dit-elle ; en effet, elle mouche un pus épais, mélangé de croûtes très odorantes. L’écoulement est cependant un peu pius abondant à gauche.

L'aspect du nez n’est pas celui des ozéneux ; les cornets, bien que grêles, ne sont pas réellement atrophiés. Dans le méat moyen gauche existe une rougeur diffuse et quelques polypes ; ceux-ci sont enlevés et du méat moyen le pus s'écoule très nettement.

Il ÿ à également du pus dans le méat moyen à droite, de la sensibilité sus-orbitaire des deux côtés.

A l'éclairage sous-frontal, la région des sinus s’éclaire mal, surtout à gauche.

Il y a sûrement une sinusite frontale gauche avec probabilité de sinusite à droite.

Opéralion du 15 mai 1903. — Le sinus gauche ouvert est trouvé plein de fongosités et de pus malodorant; ce sinus est très grand, le stylet s'enfonce à 2 centimètres 1/2 dans le sens antéro-postérieur, 1l existe un véritable dédoublement de la voûte de l'orbite ; du côté de la cloison inter-sinusale on remarque une perte de substance, soit déhiscence spontanée, soit carie de cette cloison. Les deux sinus, quoi qu'il en soit, communiquent l’un avec l’autre, le droit est done infecté et doit être trépané comme le gauche.

Résection de la paroi antérieure du sinus gauche, l’arcade orbitaire est respectée.

Une trépanation isolée est faite à droite et une bande osseuse verticale, située sur la ligne médiane, reste soutenant les téguments qui ne sont pas incisés au delà de l'extrémité interne des sourcils. Résection également de la paroi antérieure de ce sinus, qui est d’ailleurs petit, du volume d’une noisette, sans dimensions comparables avec celles du côté gauche.

Après curettage des sinus, les infundibulums sont élargis, nettoyés, celui du côté gauche renferme beaucoup de fongosités et même de petits séquestres ; les cellules ethmoïdales voisines sont également fongueuses, leur abrasion fait largement communiquer les sinus avec le nez. Du côté droit, le canal fronto-nasal est seulement agrandi pour le passage facile d’une mèche du diamètre d’un porte-plume,

Les sinus sont bourrés à la gaze stérilisée et les téguments laissés non suburés.

Pansement tous les deux jours, au bout de quinze jours le drainage fronto-nasal est supprimé, peu à peu la cavité des sinus se comble, les téguments se cicatrisent à droite en cinq semaines, la réunion est complète, elle demande plus de trois mois à gauche.

Le résultat obtenu est la cessation complète de l'écoulement nasal et une cicatrice peu visible à droite, trop apparente à gauche.

Observation 3. — Æmpyème chronique frontal droit : récidive après un Ogston-Luc. Guérison par l'opération de Tilley. — Jeune homme de 25 ans, opéré en 1897 à Saint-Antoine selon le procédé de Luc : suture des téguments et drainage par le canal frontonasal.

La cicatrisation de la peau se fait par première intention ; elle est linéaire, peu visible.

Le drain est enlevé au bout de quinze jours, des lavages sont faits par le nez, dans le canal du drain, persistance de l'écoulement purulent et des phénomènes douloureux ; la peau, bien que cicatrisée, n’adhère pas à l'os. La région du sinus opéré parait même plus saillante que celle du côté opposé, on perçoit une espèce de fluctuation.

Les soins ayant cessé depuis la sortie de l’hôpital, la récidive est évidente. Les douleurs sont assez accentuées pour faire accepter une

seconde intervention qui est faite en 1898.

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