‹ Contribution A L'Étude De La Cure Radicale Des Sinusites Frontales ChroniquesChapitre 4 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Il y a quelques années le traitement chirurgical des sinusites frontales suppurées, chroniques paraissait définitivement établi, et pour fixer une date, en 1895 la thèse d'Ortega, en 1897 celle de Morin, donnaient à penser que sur ce point spécial de thérapeutique, l'ouverture large du sinus, suivie du drainage endo-nasal, la trépanation d'Ogston-Luc était le procédé classique indiqué dans la majorité des cas.

Depuis, les rhinologistes ont travaillé ferme, de nouvelles méthodes ont été proposées, mais là encore la certitude du définitif, de l'imperfectible régnait parmi les spécialistes.

Sébileau citait avec malice le 16 novembre 1904 à la Société de chirurgie de Paris cette phrase écrite par Lermoyez en 1902 : « Pour les sinusites frontales et maxillaires nous avons imaginé des méthodes thérapeutiques presque proches de la perfection. Il n'a fallu que 20 ans à la rhinologie pour mettre au point une question que la chirurgie séculaire n'avait pu débrouiller ».

Or il semble aujourd'hui que tout est à recommencer. À propos d'une fort intéressante communication de Luce à la Société de chirurgie, la discussion reprend de plus belle et l’accord ne paraît plus prochain.

La chirurgie séculaire a-t-elle laissé ineulte le champ que la rhinologie se flatte d'avoir si bien exploré ?

Depuis longtemps l’on trépane et guérit des sinusites fron-

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tales ; dans la récente discussion à laquelle j'ai déjà fait allusion, Terrier et Quénu ont tiré de leurs souvenirs des observatons de 1894-1895 où sans parti pris de procédé, ils avaient fait le nécessaire et guéri leurs malades.

Dans ces tentatives de cure radicale, le manuel, et ce sera notre conclusion, à été d'échapper à tout procédé systématique, de se laisser guider là comme ailleurs par les lésions, en faisant une opération atypique, non réglée, appropriée à chaque cas.

À cet égard nous avons trouvé une preuve éclatante de cette nécessité d'être éclectique, dans l’étude des documents qui nous ont servi à ce travail.

Le docteur Martin nous a réuni en effet 11 cas de trépanation de sinus frontal. Le premier opéré en 1897 dans le service de Quénu ; 3 chez Monod et enfin les sept derniers à Angers. Tous ont guéri, mais 5 ont dü être opérés deux fois, quand le chirurgien, ainsi qu'il le dit lui-même, voulut exécuter un procédé classique, le plus souvent un Ogston-Luc, au lieu de suivre les lésions, sans préoccupation d'opération réglée, au lieu de varier les manœuvres comme est variable la hauteur, la profondeur et l'anatomie des sinusites frontales suppurées chroniques.

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