PREMIÈRE PARTIE
Anatomie des voies lacrymales,.
La découverte des voies lacrymales date des temps modernes, et en 1662,° Nicolas Sténon décrit pour la première fois les conduits lacrymaux. |
Plus tard, Willis montre que les larmes prises par les points lacrymaux arrivent dans les fosses nasales. |
Le Cat, un siècle plus tard, trace le tableau suivant des voies lacrymales : « Sur chaque paupière, vers ce grand angle où sont charriées les larmes, on trouve une espèce de petit point perdu dont on appelle l’ouvertüre « le point lacrymal » ; chacun de ces petits canaux se réunit au grand angle à un réservoir commun appelé « sac lacrymal » qui descend logé dans les os jusque dans le nez ».
Les organes excréteurs des larmes comprennent: {°les points lacrymaux ; 2° les conduits lacrymaux ; 3 le sac lacrymal; 4° le canal nasal.
“AT Es
Points lacrymaux. — On appelle point lacrymal « l’orifice existant au sommet d’un petit tubercule », le tubercule lacrymal, de forme pyramidale et triangulaire « situé à l'union de la portion plane avec la portion arrondie du bord libre des paupières », à quelques millimètres en dehors de la commissure interne.
Le point lacrymal supérieur est situé un peu plus en dedans que l’inférieur, de telle sorte que «au moment où les paupières se touchent, les deux points lacrymaux ne sont pas placés l’un au-dessus de l’autre ».
D’après Richet, chaque point lacrymal est
pourvu d’un petit anneau cartilagineux auquel
s’attachent des fibres musculaires, émanant de l’orbiculaire.
Conduits lacrymaux. — Ces conduits s’étendent des points lacrymaux, vers le sac lacrymal où ils se terminent. Ils ont d’abord une direction verticale, s’infléchissent ensuite, longent le bord palpébral et s’abouchent dans un canal commun pour s'ouvrir dans le sac. Cha-
que conduit mesure, d’après Sappey, 7 à 8 mil-
limètres de longueur sur une largeur de 1 à 2 millimètres.
Ce qu’il est important de bien retenir dans la direction du canalicule lacrymal, c’est que chaque canalicule offre deux parties bien distinc-
tes : une première « courte, verticale de bas en haut pour le canalicule supérieur, de haut en bas pour l'inférieur », et une seconde partie « beaucoup plus longue, horizontale pour l’inférieur et légèrement oblique en bas et en dedans pour le supérieur. » Cette double direction est indispensable à connaitre pour pratiquer avec succès le cathétérisme ou les injections des voies lacrymales.
Il faut se rappeler également que le point lacrymal siège sur la ligne des orifices des glandes de Meibomius, ce qui permettra souvent de retrouver un point lacrymal obstrué et effacé, dans certains cas d’ectropion.
« Creusés dans chaque branche de bifurcation du tendon de l’orbiculaire, les canalicules lacrymaux sont lapissés à leur intérieur par une membrane muqueuse continue à la conjonctive : aussi peuvent-ils être obstrués par des causes diverses : inflammation chronique, granulations, polypes, valvules, ete. » Tillaux, page 225.
Sac lacrymal. — I constitue pour les larmes une sorte de réservoir, situé dans l'angle interne ou grand angle de l’œil. € Il rappelle la forme du cœcum; terminé au cul-de-sac supérieurement »,1l se continue en bas avec le canal nasal sans ligne de démarcation appréciable à l’extérieur. Il reçoit à angle droit le tronc commun des canalicules lacrymaux et présente
res bé.
de.
di
Le
PERTE à MR
à l'embouchure de ce tronc une valvule appelée valvule de Huschke.
Le sac lacrymal est logé dans la gouttière lacrymale « limitée en avant et en arrière par deux crêtes saillantes » appartenant, la première à la branche montante du maxillaire supérieur, la seconde à l’os unguis.
En avant le sac lacrymal est recouvert par la peau, le tissu cellulaire assez dense de la commissure et «le tendon direct de l’orbiculaire (c'est un rapport précieux pour la médecine opératoire) appelé aussi ligament antérieur et interne des tarses ».
En dedans il répond à la portion réfléchie du tendon de l’orbiculaire, au ligament postérieur et interne des tarses et au muscle de Horner.
Le sac lacrymal se compose : « 1° D'une couche fibreuse très forte, qui appartient seulement à la paroi antéro-externe et qui forme une dépendance du tendon de l’orbiculaire ; ? d’une tunique muqueuse recouverte, comme la pituitaire, d’un épithélium vibratile ». Sappey, tome IF, page 740. Ed. de 1877.
Canal nasal. — Le canal nasal fait suite au sac lacrymal et se termine dans le méat inférieur € tantôt dans l’angle formé par l’union du cornet inférieur avec la paroi externe des fosses nasales, tantôt un peu plus bas sur la paroi externe elle-même ». Le canal nasal a pour sque-
HU pe
lette un canal osseux complet, constitué en dehors par l’apophyse montante du maxillaire supérieur, en dedans par l’os unguis et le cornet inférieur. I] fait sur la paroi interne du sinus maxillaire une saillie arrondie très appréciable,
D'après Galezowski, la muqueuse des voies lacrymales est « lisse dans toute son étendue ; l’épithélium, d’abord pavimenteux, se tranforme dans le sac et le canal nasal en cellules d’épithélium prismatique irrégulier ».
En résumé, les voies lacrymales constituent un système excréteur faisant communiquer le lac lacrymal avec les fosses nasales et permetlant ainsi l’écoulement des larmes. Les voies lacrymales pourront être ainsi la voie de propagation des affections de la muqueuse de Schneider à la conjonctive et jouer ainsi un rôle important dans la pathologie oculo-nasale.