DIAGNOSTIC
Le diagnostic est facile et évident lorsque chez un sujet atteint de maladie ostéogénique, on rencontre un tel tableau fonctionnel et physique; faut-il encore, pour cela, ne pas attribuer à l’exostose seule tous les troubles fonctionnels et les troubles de compression qui peuvent apparaître. Ce tableau correspond donc à celui d’une tumeur à développement rapide et s'oppose ainsi à celui donné par des tumeurs stabilisées comme le sont les exostoses ostéogéniques.
Dans la pratique, le problème est assez simple et il faudra toujours suspecter de dégénérescence une exostose qui devient douloureuse et se met brusquement à augmenter de volume, ou suspecter de malignité une tumeur qui apparaît chez un même sujet.
QI faut se méfier des exostoses de l'adulte qui s’accroissent brusquement, acquièrent un gros volume, deviennent douloureuses où gênantes pour les organes voisins; on peut les considérer comme des tumeurs dégénérées ou transformées dont la structure est celle des ostéochondromes » (Sabrazès, Jeanneney, Mathey-Cornat)
PATHOGENIE DES EXOSTOSES OSTEOGENIQUES DANS LA MESURE OÙ ELLE PEUT EXPLIQUER L'APPARITION DES DEGENERESCENCES SARCOMATEUSES
Les théories, les hypothèses varient, nombreuses, pour essayer de nous expliquer l’apparition des exostoses ostéogéniques et force est d’avouer avec leurs auteurs que pas plus hier qu'aujourd'hui, elles ne contentent notre esprit. Rachitisme, insuffisance thyroïdienne, infections, troubles tératologiques, troubles polyglandulaires, troubles humoraux, prédestination du germe. « Il y a donc autre chose que des actions mécaniques dans le déterminisme de la morphogénèse. Il y a prédestination du germe qui domine l’évolution. Il est probable que cette prédestination subit une régulation hormonale » (Policard).
Sans prendre part à cette controverse, avouons après Lenormand que : « dans ce domaine de l’hypothèse où les mots tendent à remplacer les faits, 11 vaut mieux reconnaître que nous ignorons complètement l’origine de la maladie ostéogénique comme celle de bien d’autres dystrophies osseuses. »
Pouvons-nous plus aisément expliquer l’apparition de ces dégénérescences sarcomateuses à la lumière de ces théories ?
Représentent-elles une étape éloignée et rare dans l’évolution de la maladie ostéogénique qui ne serait qu’apparemment stabilisée à l’âge adulte? Rien pour l'instant ne peut nous permettre de vérifier une telle hypothèse.
Il serait intéressant de connaître sous quelles influences une exostose, qui est restée pendant plus ou moins longtemps inactive, va se transformer en sarcome.
Gaignon
Schintz pense que dans ces cas, (il s’agit d’une inoculation de sarcome ostéogénique ».
Les exostoses étant assez superficielles, nous avons essayé de retrouver dans nos observations l’existence de blessures, de chocs ou d’irritations quelconques susceptibles d’être à l’origine du développement de ces tumeurs. Nos recherches sont restées sans résultats.
D'autre part, comme le fait Justement remarquer R. Didier, «l’évolution de la tumeur peut être mal interprétée, et il est possible que l’on ait pris pour une transformation d’exostose en enchondrome, un enchondrome resté dès le début sans évoluer pendant assez longtemps et subissant brusquement une évolution à marche rapide ».
En fait, il est logique de penser que la même cause doit donner naissance au sarcome évoluant sur un os normal et au sarcome évoluant sur un os porteur d’exostoses.