CLINIQUE
Le début clinique est marqué, chez un sujet atteint de maladie ostéogénique, par l'accroissement subit et important d’une exostose restée jusque-là stationnaire. En règle générale, c’est après 25 ans que le malade voit apparaître ces faits et il s’en alarme, mais souvent trop tard, à un stade avancé de l’évolution de ce sarcome. Il connaît l’hérédité de sa maladie : il est habitué depuis plus ou moins longtemps à ses exostoses et ne s’en préoccupe seulement que lorsque la tumeur a acquis un volume vraiment par trop exagéré, ou lorsqu'elle siège en un point où sa présence est gênante.
Signes fonctionnels.
Les douleurs qui peuvent conduire quelquefois le patient à la consultation, sont plus habituellement nulles ou peu intenses, n'empêchant pas le sujet de se livrer à ses occupations quotidiennes.
Toutefois, lorsque les exostoses dégénérées se localisent en des points voisins de troncs nerveux. on peut voir apparaître des douleurs paroxystiques sur un fond permanent de douleur sourde (Obs. IT, compression du sciatique à la grande échancrure; Obs. X, compression du sciatique poplité externe au niveau du péroné).
Examen clinique.
Pratiqué au début, cet examen donne un minimum de signes. À plusieurs examens pratiqués à intervalles rapprochés,
on note un accroissement régulier et progressif de la tumeur. Ultérieurement, ces modifications tumorales sont plus manifestes. C’est souvent à cette période que l’on voit le malade pour la première fois. La tumeur est plus ou moins volumineuse, assez bien limitée, dure et donnant une sensation d’élasticité, arrondie ou lobulée, fixée à l'os, envahissant quelquefois les parties molles et la peau, mais le plus souvent la peau est souple et ne contracte pas encore d’adhérences avec la tumeur.
Ce n’est qu'après quelques mois d'évolution que la peau perd sa mobilité, sa souplesse, elle devient adhérente et peut même s’ulcérer (Obs. VI).
Des signes de compression vasculaires profondes ne tardent pas aussi à apparaître, œdème, teinte rouge violacée, tandis que les troubles nerveux de compression ne font que s’accroître.
Signes généraux.
Pendant très longtemps, il serait inutile de les rechercher, l’état général est nullement touché, le malade n’est pas fatigué, il n’est pas anémué, il ne maigrit pas.
Le malade n’éprouve donc aucune raison de s'inquiéter de sa maladie, s’il vient voir le médecin, celui-ci ne possède encore aucun critère lui permettant de caractériser un tableau si peu spécifique.
EXAMEN RADIOLOGIQUE
L'image observée est sensiblement celle présentée par les chondrosarcomes sous forme d’une masse pédiculée, irrégulière, lobulée, en chou-fleur, de structure non homogène, avec des plages alternativement sombres et claires.
Elle peut montrer aussi des irrégularités de contours de l’os et en certains points un soulèvement du périoste qui s’effiioche.
Enfin, elle permet de conïirmer r’existence de métastases soupçonnées à l'examen clinique et de suivre leur progression.