ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Formes anatomiques et sièges.
Les dégénérescences observées chez nos malades semblent se localiser à certaines régions du squelette. Par ordre de fréquence, nous mentionnerons : l'os iliaque, l’humérus, le fémur, la région chondrosternale, le péroné. La tumeur est ordinairement unique, largement pédiculée ou sessile; au début, elle a des limites nettes en profondeur, puis elle peut devenir infiltrante et envahir les parties molles qui l'entourent, rendant ainsi son ablation souvent laborieuse.
Le malade de l'observation VI était porteur d’une deuxième exostose en voie de transformation sarcomateuse au niveau du petit trochanter gauche, alors que la première siégeait à l'extrémité supérieure de l'humérus droit.
Volume.
Le volume est extrêmement variable, allant de la grosseur d’une noix à celle d’une tête d’adulte. Habituellement, quand on voit le malade pour la première fois, et à plus forte raison quand on l’opère, elle a déjà atteint un certain volume.
Extension.
L'évolution, en règle, reste locale. À la période terminale, on observe un envahissement des parties molles et de los. Une, deux, trois récidives se voient souvent, parce qu'il
n'aura pas été possible au chirurgien d'enlever complètement la tumeur.
Les métastases peuvent apparaître dans les poumons, le foie et le rein (Obs. III, V, IX, X), le plus souvent après intervention sur le sarcome.
L’envahissement lymphatique est rare, comme dans tous les sarcomes (Obs. TIIT, V), la tumeur se propage surtout par le courant sanguin.
Aspect macroscopique.
L'aspect de ces dégénérescences varie suivant l'abondance de la substance provenant des éléments du tissu squelettogène. Le plus souvent, c’est un aspect cartilagineux, bleuté et perlé, multilobé, se laissant facilement couper à l’ostéotome. Quelquefois, on peut trouver sur la tranche de section, des zones mates, couleur chamois, de tissu homogène, d'aspect sarcomateux, qui paraissent suspectes. Enfin, on peut rencontrer des portions pseudo-kystiques contenant une bouillie néoplasique.
Histologie.
Le sarcome observé est en général un chondrosarcome ; cependant, on peut retrouver dans la tumeur, les éléments d’un sarcome pur (Obs. IX). L'examen des cellules confirme l'examen macroscopique, il permet de retrouver en grande abondance le tissu cartilagineux mélangé parfois à du tissu osseux et conjonctif. C’est au niveau des cellules que nous allons essayer de nous faire une idée de la malignité de la tumeur, mais c’est quelquefois trop demander et l’anatomopathologiste répond souvent qu'il ne lui est pas possible d’être fixé sur le degré de malignité. L'aspect le plus habituel est représenté par des cellules allongées à noyaux foncés, multinucléés, monstrueux, énormes, en mitoses (Obs. D); 1l5'agit alors d’une tumeur très maligne. Côtoyant ces zones
nt
manifestement malignes, on trouve des points beaucoup plus étendus où on chercherait en vain des preuves de malignité. Avant de pouvoir affirmer la bénignité histologique d’une tumeur suspecte, il faudrait avoir examiné des coupes sériées portant sur toute la tumeur.
Nous devons donc souvent nous contenter des données de la clinique et de l’évolution pour compléter les renseignements fournis par le laboratoire. Dans les métastases, on retrouve la même structure,