VOTE
ÉTHIOLOGIE — PATHOGÉNIE
« L'assimilation de l’Herpès gestationis avec les dermatites polymorphes douloureuses est actuellement universelle. ment adopté. » L. Brocq.
« Au point de vue symptômatologique, l’Herpès gestationis n’est que la Dermatite de Duhring, comme troubles subjectifs, comme physionomie générale, comme éruption. » Fournier.
Dans des thèses très documentées, le D' Melot (Lyon 1895) et le D' Perrin (Paris 1895) ont montré que l'Herpès gestationis n’est autre que la Dermatite herpétiforme ou Dermatose de Dubring survenant pendant la grossesse. Le D° Perrin conclut : que l'Herpès gestationis « représente une variété de la Dermatite herpétiforme de Duhring ». C’est sur la nécessité de maïntenir cette subdivision qu'il semble nécessaire d’insister. Quand bien même on cite quelques cas où l’Herpès gestationis à régi-
divé dans l'intervalle des grossesses (D° Melot, 1895) le fait. que cette dermatose survient pendant la gestation oblige tous les auteurs à en faire une Dermatose de Dubring spéciale, tous . les auteurs qui la décrivent dans leurs ouvrages, lui réservent une place à part, une subdivision immédiatement à côté de la . Dermatose de Duhring et avec raison; mais le fait de faire ainsi un groupe, peu importe le nom donné à ce groupe du reste, qu’on le nomme une variété, une forme spéciale ou particulière de la maladie de Duhring, indique bien que si tous les auteurs Sont d'accord pour reconnaître qu’au point de vue de l’aspect des lésions, la description que l’on fait de l’éruption caractéris- | tique de la Dermatite polymorphe : chronique, s’applique absolument à l’éruption qui survient dans la Dermatite polymorphe des femmes enceintes ou venant d’accoucher. Tous les auteurs sont. également d'accord pour en faire une variété de la Dermatite
Fee RDA $ eo Eds
polymorphe Dubring-Brocq, puisqu'ils lui réservent dans leurs ouvrages un titre spécial et une description, sommaire ou étendue, selon qu’ils sont plus ou moins DArUISANS de l'identité complète des deux affections.
Chez la femme enceinte ou venant d’accoucher, l'affection, ‘absolument semblable à la Dermatite polymorphe chronique au point de vue éruption, est particubère au pour de vue de l’évone C'Iutiont: !
| 1° Caractère distinctif. — Si énrbtion se montre pour la première fois au cours de la grossesse, on est certain que, bien qu’elle disparaisse quelquefois avant l’accouchement, il y aura
aiguë, des poussées successives subintrantes, envahissant, sou-
tout s'apaisera et que la malade sera parfaitement guérie jusqu’à ce qu’elle redevienne enceinte. Que lors des récidives, les poussées éruptives seront plus longues, plus intenses.
ne permet de prévoir les poussées aiguës. L’affection n’est ni limitée à une période déterminée comparable à celle si nette “à kde la grossesse, ni influencée par une cause si appréciable ques l’est un accouchement et une délivrance.
2° Caractère distinctif. — Règle irès générale, la Dnaiee polymorphe de la grossesse, est caractérisée par une durée rela: tivement courte, même en considérant l’ensemble des poussées successives qui se produisent pendant une grossesse, on voit qu’en moyenne trois mois après l’accouchement, la malade est guérie. Cette dermatite a une tendance à guérir seule en moins de quelques mois après la délivrance et ce n’est qu’exception-
ne #7
l’intervalle des grossesses. Ces cas forment des intermédiaires entre l’Herpès gestationis et la Dermatose polymorphe chronique. Cette dernière a une tendance à devenir permanente. Il existe des observations où l’affection a une courte durée, mais -elles sont rares; celles où l'affection a persisté de longues années - sont assez nombreuses.
Bb + M. L. Brocq indique nettement ce caractère différentiel en … remplaçant le mot « chronique » de la Dermatite polymorphe douloureuse, chronique, par celui de « récidivante de la > grossesse » dans la Dermatite polymorphe douloureuse réci-' divante de la grossesse.
nn” M. Fournier dit aussi que c’est alors la « Dermatite de -. Duhring limitée à la durée de la grossesse et de l’état puer- D. pérali».
quelques jours après la délivrance une attaque en quelque sorte.
vent en 24 ou 48 heures, tout le corps de la malade, puis que
Au contraire, dans la Dermatite polymorphe chronique, rien
è nellement qu’elle est grave ou a une tendance à récidiver dans :
Les auteurs allemands : Ittemann et Ledermann, vont encore plus loin et affirment que la grossesse est la cause déterminante de l’Herpès gestationis. Le
En réalité, il semble tout à fait probable que la Dermatose de Duhring, variété de la grossesse, a les mêmes origines que les autres variétés de la Dermatose de Duhring. Ces causes ne sont pas encore parfaitement démontrées, et trois groupes diftérents de fait sont invoqués comme pouvant déterminer la Der- matose de Duhring-Brocq.
4° Des causes d’origine nerveuse;
2 Des causes d’origine toxique.
3° Des causes à la fois toxiques et nerveuses. |
Les antécédents des malades ne permettent pas de constater une prédisposition spéciale. Les malades sont en général à l’âge moyen de la vie, puisque c’est le moment où l'état de grossesse existe le plus souvent. D’après le tableau des observations parues dans les auteurs, il est assez curieux de voir que les deux plus jeunes malades, ont l’une 20 ans, l’autre 22 ans, et cependant combien, dans les classes pauvres des villes où la Dermatose polymorphe semble exister de préférence, ne constate-t-on pas de très jeunes femmes ‘enceintes entre 17 et 22 ans? C’est de 30 à 35 ans que l’Herpès gestationis apparaît le plus souvent. La malade la plus âgée avait 45 ans. Cette apparition chez dès primipares ou des multipares ayant dépassé l’âge moyen de la période de fécondité, mdiquerait peut-être uné, moindre résistance de l'organisme, une tare qui serait apparue, Soit du côté du foie ou des reins, ou même des nerfs, chez les malades atteintes de Dermatite polymorphe de la grossesse.
On a relevé dans les antécédents de certaines malades du lympathisme, de l’arthritisme, de l’alcoolisme, des rares cas de syphilis. La malade que j’ai observée avait eu à l’âge de 17 ans, une attaque de rhumatisme subaigu surtout localisé aux articulations des membres inférieurs et ayant duré 8 mois. De plus, 5 mois avant l’attaque d’Herpès gestationis, elle avait eu une angine herpétique ayant duré 8 jours. re
Chez un très grand nombre de femmes ayant eu des atteintes de Dermatite polymorphe pendant la grossesse, on a constaté un caractère irritable. Ces malades ont des accès de tristesse, des crises: de larmes, des accès de colère sans raisons notables. Chez ces malades une poussée éruptive coïncide sou vent avec une émotion violente. Les grands chagrins, les frayeurs sont signalés comme causes provocatrices des Dermatoses polymorphes. Un point important à signaler, c’est que Ja plupart
tose.
‘de-ces malades sont dès surmenées et appartiennent à la classe
‘pauvre de la société. Dans ce milieu, les privations de toutes
sortes et les fautes continuelles contre l'hygiène font de ces malheureuses les victimes de dermatoses três pénibles, rares dans les classes aisées.
La constatation d'un état nerveux spécial chez un grand nombre de femmes enceintes et la constatation de chagrins, d'émotions, chez celles qui sont atteintes d’Herpès gestationis, ont fait penser à beaucoup d'auteurs qu'un certain ébranlement nerveux n'était pas étranger dans l'apparition de cette derma-
L'existence d’un violent prurit, devançant l'éruption, persistant avec elle, un -prurit intense est aussi un deuxième argu-
ment pour les partisans du rôle du système nerveux dans l'évo-
lution de la Dermatite polymorphe. M. Sauvage, dans un article intitulé « Dermatoses gravidiques auto-toxiques conclut : l’Her-
pès gestiationis et le prurit de la grossesse ne sont que des mani-
festations différentes d’une même imprégnation du système ner-
Veux par des toxines anormalement fabriquées au cours de la
grossesse.
Un caractère objectif de l’éruption est des plus intéressant : c’est la symétrie frappante des groupes éruptifs et même la symétrie des grosses bulles. À ce point de vue, la malade que j'ai observée, avait une éruption typique : dans la description des lésions éruptives du corps, et en voyant la pho-
tographie des mains de cette malade, on se rend compte de
cette symétrie. On pense immédiatement au rôle que les nerfs: peuvent jouer dans cette dermatose. M. le Professeur Brissaud a fait à ce sujet une lecon clinique où Se trouve une discussion des plus intéressantes. Des auteurs ont signalé des lésions des nerfs et du système nerveux; l’analogie est frappante avec les éruptions bulleuses qui se montrent dans certaines affections du Système nerveux. Ainsi on a cité la coexistence d’un mal de
Pott et d’une Dermatose polymorphe chronique. J'ai vu une paralytique générale présenter quelques jours avant sa mort,
sur la partie latérale du thorax et à gauche, une éruption de 8 ou 40 bulles grosses comme des noisettes et reposant sur une base érythémateuse ; l'ensemble avait l’aspect d’une brûlure au 2 degré. : :
En résumé, les partisans de la théorie nerveuse sont frappés : 1° par l’état nerveux des malades atteintes de Dermatite polymorphe, la coexistance fréquente chez ces malades, de chagrins, d'émotions violentes et d’une poussée aiguë de Dermatite