L. — INTERPRÉTATIONS DE GREKOFF
Grekoff, à l'hôpital Obouchowsky, fut amené (par l’en- W- combrement des malades nécessitant des interventions rapides en un temps restreint) à rechercher un mode pratique de désinfection de ses mains et du champ opé- 3 : ratoire. Il s'est arrêté dans ce but aux lrois procédés de ze Heussner, de Brünn et de Grossich. Ce sont surtout ces 3 deux derniers qui lui paraissent avantageux et il tient. : compte pour l’émploi de l’un ou de l'autre d'indications bien distinctes. D'une part, ea effet, il pense que l'alcool, moins irrilant pour les muqueuses, doit être employé toutes les fois que le champ opératoire est voisin d'une cavité naturelle : c'est ainsi qu'à la face il n'utilise que le procédé de Brünn légèrement modifié par ce fait — qu'au moment de l'intervention il trace un liséré antiseptique avec la teinture d’iode sur la ligne d’incision future. Il
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réserve le Grossich pour les interventions abdominales et pour tous les cas où Le futur champ opératoire est très sale. Quoi qu'il en soit, par ces divers procédés sans lavage, il a obtenu des résultats très importants que nous résumons ’icl, insistant surtout sur les interventions
abdominales où la méthode Grossich fut pie particu-
lièrement appliquée (1).
« Pendant 10 semaines, jusqu’au 4 janvier 1909, j'ai employé cette méthode dans 150 cas : dans 67 la peau fut suturée ; dans 83 autres cas la plaie fut pansée sans suture. Sur 150 cas j'ai eu 12 morts, soit 8 °/,, et sur les 67 cas où la peau fut suturée, 5 suppurations, soit dans 7,5 °/, des cas. De ces suppurations, 4 étaient des suppurations secondaires.
CAS MORTELS PREMIÈRE SÉRIE : Mort le jour de l'opération.
1% cas. — F..., balle dans le cerveau. Hémorragie de la méningée. Toonat on:
(1) À côté des méthodes de Grossich, Walther, Grekoff, il est im-
portant de signaler une vieille coutume de Lister. Ce chirurgien
avait l'habilude, dans des cas d'extrème urgence, de n'employer comme désinfectant que l'acide phénique (solution forte à 1/20) sans lavage préalable (Communication à la Société chirurgicale, 24 mars, Lucas-Championnière). Néanmoins le procédé ne prévalut pas ; son insuccès doit être mis sur le compte de la causticilé du produit. La teinture d'iode elle aussi est caustique, el un de nos premiers chefs de service, le docteur Jacquemet (de Grenoble), frappé de cet inconvénient, avait proposé la leinture épiscopale, probablement solution d’iode dans le sulfure de carbone. Mais n'est-il pas à craindre en enlevant à la teinture d’iode sa causticité de la priver aussi
d'un facteur puissant d'efficacité.
2 cas. — Abcès du cerveau. Trépanation (déc. 1908). 3° cas. — Vieille femme tombée sous tramway. Signes d'hémorragie cérébrale. Trépanation.
4 cas. — Pneumotomie pour gangrène pulmonaire ;
. désinfection Es Grossich. Mort. A l’autopsie, foyer gan-
gréneux qui n’a pas été diagnostiqué, à gauche. - . Il est évident qu'on ne saurait imputer au mode de désinfection, la mort survenue le premier jour dans des cas désespérés.
DEUXIÈME SÉRIE: Mort les jours suivant l'opération.
5° cas. —"Obstruction intestinale, On fait un anus iliaque. Mort 6 jours après lopération. A l’autopsie: sarcome de la partie ascendante du côlon: cœur et autres organes très atrophiés. Il n'y a jamais eu de température.
6°-7° cas. — Hernies étranglées. Péritonite adhésive. Résection intestinale. Murphy. Mort avec signes de péritonite.
S° cas. — Infection puerpérale forme pyohémique. Mort malgré ouverture de plusieurs foyers suppurés (viscéraux ou non).
®% cas. — Sarcome du corps thyroïde. Mort 2? mois
après laryngotomie, probablement par sarcome secon-
daire du poumon (signes d'induration). Jamais de fièvre. 10° cas. — Périltyphlite suppurée à langle du côlon ascendant. Après opéralion, pouls et température normaux. PE 11° cas. — Vieille femme de 80 ans. Hernie étranglée. Anus iliaque. Mort un mois après l'opération. A lautopsie, aucune infection du péritoine et de la peau. 12 cas. — Phlegmon putride du tissu cellulaire sous-
cutané consécutif à hernie crurale étranglée. Le lendemain on est obligé d'enlever la suture plaie seule avait été d’ailleurs suturée.
De tous ces cas, le dernier seul pourrait être à la rigueur mis sur le compte de l’anasepsie opératoire. Mais il y a de fortes circonstances atténuantes puisque la suture portait sur une peau décollée par la collection antérieure.
: la moitié de la
TROISIÈME SÉRIE. — Cinq cas de suppuration.
.. Dans ces cinq cas, l'intervention portait sur des tissus septiques. Néanmoins les parties suppurées des plaies se sont réunies par première intention: à l'exception d'une malade à qui on a fermé un anus contre nature et qui a présenté un écartement tardif des sutures profondes.
1*% cas. — Cholécystite ulcéreuse. Adhérences formant poche entre l'épiploon, l'estomac et l'angle colique droit et où s'écoule la bile. La plaie opératoire suppure. (Strepto et staphylo). Guérison malgré pneumonie gauche chez malade de 67 ans.
2° cas. — Amputalion de la jambe. 10 jours après on enlève les fils : réunion de la plaie. On s'aperçoit qu'il y a dans le creux poplité un hématome. 10 jours après on trouve cet hématome suppuré.
3° cas. — Rétréciss. cicatriciel du rectum qui se développe consécutivement à cellulite périrectale, On opère une résection haute du rectum avec ouverture du Douglas. Le côlon pelvien, qui est situé dans le bassin, a été abaissé, tourné de 90° et fixé aux lèvres de la plaie périnéale. Le bout rectal s’est gangrené sur un espace de 2 em. et les points de suture ont légèrement suppuré. Malgré cela on a obtenu cicatrisation per primam.