INTRODUCTION
En novembre 1906, au début de notre externat, notre premier maître, le D' X (de Grenoble), chirurgien des hôpitaux, fut un matin fort étonné d'apprendre qu'on venait de découvrir en Italie le pouvoir antiseptique de la teinture diode. « Encore un qui invente la teinture d'iode, s’écria-t-il ! La découverte, en effet, était pour le moins tardive et fut joyeusement accueillie dans un service où depuis huit ans on retirait les meilleurs résultats de son emploi. Plus récemment encore, le professeur Quénu s'est étonné de pareille découverte (Société de chirurgie du 16 mars).
Aussi nous ne voudrions pas au début de ce travail encourir un reproche injustifié. L'alcool et l'iode surtout,
nous le savons, se sont assurés depuis longtemps une place prépondérante dans la classe des antiseptiques. Mais ce qui est vraiment nouveau dans le procédé que nous étudions, c'est l’application de la teinture d'iode sans aucun lavage préalable. Grossich (de Fiume) le promoteur de la méthode, est particulièrement précis à ce sujet : 1l est préférable de ne pas laver, car le liquide qui reste dans les couches superficielles de la peau peut empêcher la pénétration de l’iode. Ainsi posée, la question est intéressante, grosse de déductions et d'applications pratiques, mais elle choque quelque peu nos instincts de propreté. C’est pour cela sans doute que le procédé de Grossich a sommeillé au lieu de s'étendre depuis son apparition (nov. 1908). Cependant Walther, Routier et Lejars ont contribué pour une large part à le faire connaître en France. Les recherches histologico-chimiques de Touraine, à la Pitié, ne sont pas à refaire. Nous nous contenterons de les rappeler au début de ce travail dans lequel nous aurons surtout en vue les constatations purement cliniques, les avantages pratiques de la méthode, appliquée systématiquement depuis bientôt deux mois dans le service de M. le professeur Estor.
Nous laisserons aussi à d’autres dans l'avenir le soin d'élucider le mystère de l’action intime, Pensemble des modifications de tout ordre : chimiques, électriques ou physiques, qui font l’antisepsie en général et celle de l'iode en particulier.