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culier dans leur action sur les linges, nous voyons qu'un certain nombre doivent être éliminésles uns en raison de leur prix élevé (acidethymique, acide salicylique), qui sont de plus très peu solubles dans l’eau, ce qui nécessite une certaine quantilé d'alcool pour les dissoudre ; les autres à cause de la variabilité de leur action ou des réactions qu’ils occasionnent. lei doit ètre mentionné l'acide sulfureux, se rattachant indirectement à la désinfection des linges, mais sur lequel on avait fondé de telles espérances que, dans bien des cas, l’on admet que sont désinfectés des tentures, des linges, situés dans une pièce où l'on aura fait brûler du soufre, en général 20 à 30 gr. par mètre cube. Assurément, celte désinfection peut à la rigueur rendre des services, mais on ne doit pas la considérer comme donnant une sécurité absolue. Nous en donnerons comme preuve le fait fort instructif constaté dans les magasins de l'armée, place Saint-Thomas d'Aquin, et rapporté par M. le docteur RicaarD (1).
Pour détruire les mites dans les matelas, dans l’équipement, on avait brûlé 2 k. 500 de sulfure de carb one à l’aide d’un brüloir ckiandi, dans une chambre de 100 m.cubes, la chambre fermée pendant 36 heures; puis, au bout de 17 heures, on a pénétré dans la pièce; on à pu reconnai. tre que les mites n'élaient mortes que dans les parties superficielles des objets; les larves vivaient encore.
A côté des acides forts, se placent un certain nombre de sels :sulfates,persulfates, chlorures. Les sulfates, eten particulier le sulfate de cuivre, constituent de très bons anti-
(1) Ricuano, Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, 27 avril 1887.
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septiques. Mais, si dans la désinfection des malières fécales, il nous rend les plus grands services{1),iln'enest malheureusement pas de même dans la désinfection des linges. Son action est assez puissante, puisque, d'après les expériences de TarniER el ViGnar.,, un morceau de flanelle, imbibée de culture albumineuse de streptocoque ou de staphylocoque, doit rester 35 minutes dans une solution à 4 0/0 (10 gr. par litre) pour êlre stérilisée. Mais l'action du sulfate de cuivre sur les téguments de ceux qui sont appelés à le manier force à rejeler son emploi (2). Le sulfate de cuivre avait été employé par TaRNIER pour injections vaginales à la dose de { gr. pour 100. Bientôt les infirmières présentaient des mains bleuâtres ædémaliées. Le fait fut jugé assez intéressant pour être l'objet d'une communication à l'Académie de médecine (28 janvier 1890).
Chlorure de zinc. — Le chlorure de zinc a été recommandé par Vazun à la dose de 2 gr. à 10 gr. par litre; enfin, dans un règlement de 1887 (3) concernant le service
(1) Comptes-rendus Academ. sciences, 3 déc. 1894, Nous rappellerons les résultats obtenus par Vincent avec l’action du sulfate de cuivre sur les selles pathologiques. Les selles pathologiques sont en géneral très fluides et renferment des microorganismes pathogènes moins résistants que les saprogènes. Ces selles sont donc plus aisément désinfectées que les matières normales, dont la consistance et la composition microbienne offrent une plus grande résistance à l’action des antiseptiques. Pour les selles normales, la désinfection est obtenue en 24 heures avec du sulfate de cuivre dans la proportion de 6 pour 1000, soit 6 kilos pour 1 mètre cube. Pour la désinfection des selles typhiques et la destruction du bacille d’Eberth, la proportion de sulfate de cuivre peut être réduite à 5 p. 1000 et environ à 3 pour les matières contenant lelbacille du choléra, Dans ces deux cas, la désinfection est obtenue en 12 h. de contact.
(2) Wacxer. Pouvoir désinfectant des persulfates, Centralblatt für Baleter., 26 sept. 1894.
(3) Rapporté in Revue Hygiène, 1887.
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intérieur de l'hôpital des varioleux à Aubervilliers, nous le voyons recommandé à la dose de 30 gr. par litre. C'est dans celte solution que devaient être trempés les linges de corps abandonnés par les malades.
Sublimé.— Le bichlorure de mercure, dont l’action est si énergique sur les cultures que 1/100.000suffità arrêter le développement du charbon et sur les microbes disséminés, aura-{-ille même pouvoir sur leslinges? Nous rappellerons tout d’abordles expériences de TarniEr et ViGnaL. Pour ces auteurs, la stérilisation de flanelles imbibées de cultures albumineuses de streptocoqueet destaphylocoque
aurait été obtenue en 3 minutes dans Eau Sublimé Alcool 1000 1 3 — 900 I 100 8 — 980 0.20 20 plus de 60 — 990 0.10 10
D'après ce tableau, nous voyons qu'avec des doses très minimes de produit, on arrive dans un temps plus ou moins long à la destruction de ces organismes. Mais ces expériences, failes sur de petits morceaux deflanelle, peuvent-elles nous permettre dé conclure aux mêmes effets, quand nous aurons de grandes quantités de linges souillés de sang,de sérosités, de pus. Une expérience, facile à répéter, nous permettra d'en juger ; elle consiste à mélanger dans un tube à essai sérum de bœuf et solution de sublimé à { pour 1000, sans alcool, dans des proportions variables.
Dans le tube n° 1, où nous aurons misune partie de sérum pour 2 du sublimé, le sérum prendra simplement un aspect un peu plus trouble.
ras
Dans Le tube n° 2, où il y aura unepartie de sérum pour 4 de sublimé, l’ensemble du liquide sera opalescent.
Enfin dansle tube n° 3, où il y aura une partie de sérum pour 10 parties de sublimé, nous constaterons un abondant précipité, formé par la coagulation de l’albumine.
De ce dernier essai, où nous voyons la coagulation déterminée par une grande quantité d'antiseptique sur une masse homogène de sérosités, ne peut-on pas déduire ce qui se passe lorsqu'on plonge des linges profondément souillés de sérosités dansunrécipient rempli de sublimé?
La conséquence de cette action sera la fixation des taches de sang et de matières albuminoïdes.
Parmi les auteurs ayant aussi expérimenté le sublimé, nous citerons ABBoTT (1), Borcuow (2), KroniG el Pauz (3), Rorknorr (4).Ce dernier auteur aurait conslalé :
1° Que la solution à 1/1000 tue les spores les plus résistantes en 6 jours ;
20 Que la solution à 1/1000 tue Les spores charbonneuses en 9/10 heures ;
3° Que la solution à 1/1000 tue le staphylocoque doré en 2 1/2 à 5 heures;
4° Que la solution à 1/1000 tue le bacille d'Eberth en 50 minutes ;
8 Que la solution à 1/1000 tue le bacille de Loffler en
80 minutes ;
(1) Assorr. Le sublimé corrosif à titre de désinfectant contre le staphylocoque pyogène doré. The Johns Hopkins hospital Bullet (avril 1891).
(2) Boncrow. Sur les propriétés désinfectantes du sublimé. Thèse Saint- Pétersbourg, 1897.
(3) KnoxiG et PauL. Théorie chimique de l’action des désinfectants, Zeitchrift f. Hygiene, analysée in Rev. Hygiène, 1897, p. 839.
(4) Rorxnorr. Des propriétés microbicides du sublimé. Thèse Saint- Pétersbourg, analysée in Rev, Hyg., 1896.
6° Le vibrioncholérique et le bacille charbonneux sans spores périssent dans la solution à 14/1000 en 15 secondes.
Dans untravail de Worouzorr, WinoGraAporr et Kozes- NIKOFF (1), où se trouve étudiée l’action des désinfectants sur la contagion du charbon, les résullats obtenus avec le sublimé sont les suivants.
Si l’on opère avec une solution à 2 pour 1000, le sang frais d’un animal charbonneux perd sa virulence au bout de 2 minutes, quand il y a grand excès de solution mercurielle ; au bout de 20 minutes seulement, s’ily a parties égales de sang et desolution; à 1/1000, bactéridie etspores sont tuées au bout de 15 minutes.
CHAMBERLAND et FerNBACr ont fait agir le sublimé sur un mélange de spores de subtilis et d’eau de terre à 15°; la solution à 2/1000, qui a détruit lesspores au bout d’une heure, est restée sans effet au-dessous.
Sur les germes secs, le sublimé acide à 15° a dû agir pendant 2 h. pour détruire les spores de subtilis.
À 50°, le temps d'action nécessaire n’a été que de 5 minutes.
Par ces derniers résultats, nous voyons que pour arriver à une désinfection totale ei agir sur les formes de résistance, on doit, si l’on veut un résullat à bref délai, atteindre de forte proportions.
C'est ici qu'apparaît un grave inconvénient du sublimé, même si l’on emploie la solution au millième. Nous voulons parler de sa toxicité. Dans les hôpitaux, où le sublimé
(1) Worouzorr, Wixocraporr et Kozesnikorr. Ruskaïa medicina, 1886, n°$ 3 et 32. Analyse in Journal Conn. Medic., 1887.
(2) Larrace. Deutsche Medicinisthe Wochenschrift, oct. 1887. Solution acide de sublimé comme moyen de désinfection, analyse in Rev. Hyg., 1888.
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est manié journellement par des personnes expérimentées, en connaissant les dangers, on prend de multiples précautions pour éviter des confusions avec les autres liquides. Ces confusions pourront avoir lieu, si nous nous supposons dans une famille où la maladie a jelé le désarroi et où le maniement du linge sale sera le plus souvent confié à une infirmière d'occasion : le sublimé n'ayant ni couleur ni odeur spéciale, rien ne le dénoncera à un examen superficiel.
Si le sublimé n’a pas d’odeur, on pourrait adresser Île reproche contraire à une série nous fournissant de nombreux antiseptiques, la série aromatique. Elle est conslituée par des substances dérivant des résidus de distillation de la houille. Le produit le plus pur de la série est l'acide phénique cristallisé, dont l'odeur pourrait à la rigueur êlre masquée par des essences aromatiques, mais ce produit est relativement cher et ne permel guère de s’en servir que pour la désinfection des plaies ou la désinfection des mains (l'acide phénique neigeux coûte 4fr. les 1000 grammes, ce qui permet de faire 200 litres de la solution à 5 p. 100). Ses résultats sont très satisfaisants. Une solution à 2 p. 100 rend stériles en 35 minutes, pour TaRnIER, des flanelles imbibées de cultures albumineuses. L'acide phénique en solution à 5 p. 100 détruit en 2 jours la virulence des bacilles d’un crachat(ScmezLet Fiscaër)(1). Pour Yersin, des bacilles plongés 30 secondes dans la solution à 5 p. 100 ou 4 minute à 1 p. 100 seraient InCapables de peupler un bon milieu de culture. Ces résultats
(r) Scmezz et Fiscner. Désinfection des crachats des phtisiques, #iltheil d. k. gesundh, t. I, p. 131.