‹ Contribution à l'étude de la désinfection du lingeChapitre 13 sur 16 · IR OA · texte numérisé non relu

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après { minute d'immersion dans la solution à { ou 2 0/0 et Le staphylocoque doré en 4 jours dans la solution à 2 0/0. Les spores charbonneuses résisteraient 20 jours à la solution à 5 0/0.

Le lysol, la créoline, sont des antiseplique très employés en obstétrique — la créoline à la dose de 5 p. 1000 (1).

Le crésyl a été recommandé par RicHarD (1891) dans la désinfection des linges. Des émulsions de crésyl à 1 p. 100 conviennent très bien pour l'immersion du linge des contagieux avant son transport à la buanderie. Le séjour du linge dans cette émulsion alcaline favorise le lessivage et le blanchissage. Le crésyl à 3 p. 100 détruit presque instantanément : bacilles du charbon sans spores, choléra des poules, morve, rouget des porcs; à 4 p. 100 il détruit les spores; à 5 pour 100, une stérilisation totale a été obtenue.

Sous! la direction de M. le docteur Momowr, préparateur du laboratoire de la diphtérie à l’Institut Pasteur, qui a bien voulu nous aider de son expérience et auquel nous renouvelons ici nos remerciements, nous avons entrepris diverses expériences sur la crésyline.

Nous rappellerons que ces divers produits, dérivés du goudronde houille, diffèrent très peu entre eux et que ce qui concerne l’un d’eux peut, à peu de chose près, s'appliquer aux autres.

Nous indiquerons tout d’abord la technique suivie pour rechercher l’action des antiseptiques sur des tissus infectés. Ici, en effet, nous n’opérons plus sur des cultures ; nous devons nous placer dans les conditions de la pra-

(1) GarriGues. Sublimé corrosif et créoline en obstét., American journal of the med, sciences, août 1889,

tique journalière, c'est-à-dire les plus défavorables possibles.

Nous revenons souvent sur cette idée pour expliquer le désaccord apparent entre les résultats des différents auteurs que nous citons et les résultats que nous avons obtenus. — Ces manipulations longues et minulieuses nécessitent, avant de commencer, la préparation d’une grande quantité de tubes à essai passés au four à flamber et de bouillons de culture (1). Les cultures dont on se servira seront des cultures rajeunies, qui, mélangées à du sérum de bœuf dans les proportions de 1 partie de sérum pour 2 parlies de cultures, serontutilisées pour imbiber des tam pons de coton. Ces tampons auront dès le début été préparés en grand nombre, de la grosseur d’une petite noisette, pour pouvoir, lorsqu'ils seront imbibés, entrer sans subir de pression dans les tubes dont on devra éviter de mouiller l’orifice. Ils seront au préalable pliés dans une feuille de buvard et passés au four à flamber (2). Le mélange de sérum et de culture sera fait dans un verre également flambé. Après avoir enlevé le long des parois de verre l'excès de liquide, les tampons imbibés seront placés, © dans des tubes à essai, 3 jours, dans l’étuve à 37°, afin de dessécher le coton.

(1) Faire macérer 580 grammes de viande pendant 12 heures dans un litre d'eau, passer sur un linge et exprimer. Porter lentement à l’ébullition en agitant constamment, faire bouillir quelques minutes. Jeter sur un filtre humide, ajouter parties égales de peptone (Mari), 5 gr. de sel marin. Alcaliniser légèrement avecde la soude (soude à 1/10), mettre à lautoclave 1/4 d'heure à 120° Filtrer à chaud, répartir dans des tubes de culture . Stériliser le tout 1/4 d'heure à 115 à l’autoclave.

(2) On met 3/4 d'heure pour arriver à 180; laisser 5 minutes, éteindre, laisser refroidir lentement dans l'appareil ; le papier, le coton, doivent être légèrement roussis et non brülés.

Au bout de ce temps, les cotons sont retirés des tubes et placés dansde petits carrés de toile de 10% 10 préalablement passés une demi-heure à l’autoclave à 115°; on obtient ainsi de petits sachets maintenus par un fil, dont l'un des bouts plus long que l’autre se terminant par une boucle permettra l'immersion dans les différents liquides. Aprèsl'immersion, un certainnombre d'heures, dans l’antiseplique, il faut en chasser l'excès par de nombreux lavages. Le séjour dans l’eau stérilisée renouvelé 7 ou 8 fois sera en moyenne de 24 heures. On vérifiera quele lavage est suffisant à l'aide du papier de tournesol ; si nousavons affaire à un alcalin par exemple, on reconnaitra qu’il n’en reste plus d'une façon notable lorsque le papier rouge de tournesol ne bleuira pas.

Cette opération, qui consiste à chasser l’antiseptique, présente une grande importance, car les résultats seraient facilement faussés s’il en persistait une certaine quantité, rendant le milieu impropre au développement des microbes. Ces faits sont plus évidents avec les antisepliques forts. C'est ainsi que, d’après Kocuil suffit de 1/100.000 de sublimé dans une solution, pour y entraver la culture du bacille charbonneux.

C'est seulement après ces préparatifs que viendra la deuxième -parlie de l'expérience, la vérification. Les sachets bien essorés seront ouverts, les tampons retirés et divisés en 2 parties à l’aide de pinces flambées ; une partie sera mise directement dans le bouillon ; la seconde partie sera conservée dans un tube flambé mis à l’étuve pour des expériences ultérieures ou pour l’inoculation à l'animal, si l’on a affaire à un microbe pathogène.

Les expériences avec la crésyline ont été faites avec

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l’émulsion à 2 0/0.C'est en effet une proportion qu’il est difficile de dépasser. À celte dose, on obtient un liquide très fortement laiteux, à la surface duquel on aperçoit quelques goutteshuileuses. De plus, une solution plus concentrée. à 4 0/0 par exemple,occasionne chez les personnes appelées à s’en servir un érythème des mains et des bras avec desquamation el fourmillement dans lesmembres supérieurs. Après 14 heures de séjour dans l'antiseptique (solut.à 2 0/0),le coli et le pyocyanique sont restés stériles, le sublilis a survécu.—Mème après 24 heures, le subtilis n’a pas été arrêté dans son développement. Nos expériences n’ont pas été poussées au delà de 24 heures ; c'est là une limite qui ne sera guère dépassée dans la famille,le linge du lendemain devant prendre la place du linge de la veille, emportépour la désinfection aux étuves.

De son côlé,M. Momonr a oblenu les résultats suivants. — une partie de tampon ayant subi l’action de l’antiseptique a été ensemencée, la seconde inoculée avec du charbon, cultures à spores.

Après % heure culiure + inoculations cobaye mort en 36 heures.

— heures — + — 36 — — 3 — — + — 0 — — & — — + — 36 — — D — — + — L0O. — — 14 — — + — 48 —

Tousles cobayes sont doncmorts présentant à l'autopsie les lésions caractéristiques du charbon (1). Enfin, le sang

(1) Au point d’inoculation, æœdème gélatineux et sanguinolent, rate augmentée de volume, noirâtre,friable ; sang poisseux, globules crénelés ; entre les globules on voit des bactéries; de même, dans le foie, la rate ; l’intestin est hyperhémié ; le foie, les reins, les poumons sont congestionnés,

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du cœur de ces cobayes ensemencé a donné des cultures charbonneuses.

Avec la diphtérie (microbe 261) (1), les tamponsse sont montrés stériles après 5, #, 3,2, 1 heure ; rien n’a poussé dans le bouillon et les cobayes inoculés n'ont présenté aucune réaction.

Le résultat a été identique avec le coli-bacille ; après 1 heure de séjour dans la crésyline à 2 0/0, les tampons se sont montrés incapables d'ensemencer un milieu de culture.

Nous voyons donc la crésyline agirefficacement sur les microbes sans spores, rester sans effet sur les microbes à spores. Et à ce propos nous devons rappeler que les microbes à spores qui nous intéressent particulièrement sont le charbon et le tétanos, ce dernier anaérobie. Mais il en est un autre, commode pour les expériences de vérification, mais désespérant par sa ténacité, venant parfois jeter le trouble dans un laboratoire : nous voulons parler du sublilis, dont le voile dans les cultures sur bouillon est si caractéristique. Le subtilis constitue un véritable critérium pour démontrer la perfection d’une désinfection ; c'est jusqu'ici le plus résistant que nous connaissions. Mais, comme nous le disions au début de cette étude, beaucoup de microorganismes nous sont encore incon nus, dont il nous est impossible de connaître le degré de résistance. L'eau à la température de l’ébullition reste sans effet sur les spores de subtilis, et 1/4 d'heure au

(1) Microbe venant de l’hôpital des Enfants malades, a servi à l’immunisation des premiers chevaux qui ont donné le sérum antidiphtérique. Ce microbe est très commode pour les expériences, car sa virulence est très stable et par repiquage on la conserve très facilement,

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moins à l’autoclave à 115°est nécessaire pour les détruire. On est cependant parvenu à détruire le sublilis par l’eau bouillante, en lournant la difficulté et en agissant par la méthode de chauffage discontinu pratiqué trois jours de suite. Dans ce procédé, on n’a nullement porté atteinte à la vitalité des spores, mais le premier jour on à détruit les filaments; le deuxième jour, on a détruit les spores qui avaient germé, mais qui n'avaient pas encore eu le tem ps de fructifier; enfin, le troisième jour, on a détruit les spores qui avaient poussé en relard.

Les résultats encourageants obtenus avec la crésyline et son bon marché (0,39 c. le litre) l'avaient jusqu'ici fait utiliser en grand pour la désinfection des linges à l'hôpital Pasteur. Mais à la longue on s’est aperçu que, le long des parois des récipients, i: s’'accumulait un dépôt de goudron, dépôt repris par les lingeset occasionnant parfois des taches, surtout sur les lainages.

Après les diverses substances de la série aromatique que nous venons de passer rapidement en revue, restent les alcalins sous leurs diverses formes : eau de chaux, carbonates, hypochlorites, savons.

L'action de l’eau de chaux a été surlout étudiée sur les murailles. C’esl le vieux procédé économique, utilisé surtout maintenant quand il s’agit de délivrer une étable, un poulailler, de l'épidémie qui décime les animaux. Jæcer a conslalé que l’eau de chaux agissait surtout dans ce cas par l'immobilisation des germes auxquels elle formail une enveloppe crétacée.— Kocn, de son côté, avail trouvé l’eau de chaux très peu efficace sur les spores du charbon.

Sur les cultures de bacille typhique, d’après LiBorivs,

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l’action de l’eau de chaux serait très nelle, car 0.0074 de chaux suffisent pour tuer rapidement ces bacilles ; pour détruire les bacilles du choléra, ilfaudrait faire agir pendant 6 heures 109 centim. cubes d’eau de chaux sur 400 c.c. de culture (1).

Bever, sur les conseils de Garner, à recherché si la stérilisation pouvait être obtenue avec l’eau de chaux. Celle-ci a été employée en solution à 50 0/0. Le linge souillé par le mélange de matières fécales et de bacille virgule placé dans l’eau de chaux ne renferme plus d’éléments pathogènes au bout de 48 heures. On obtient le même résultat au bout de 24 heures en trempant d’'abord le linge dans une première solution sursaturée, d’où on le relève pour le placer dans un baquet contenant une solution fraîche. L'efficacité est aussi grande avec les autres agents pathogènes. Ce procédé peut s'appliquer aux linges de couleur, à l'exclusion de ceux passés aux couleurs d’aniline. Les tissus de laine sont altérés.

Le carbonate de soude, qui au moment du lessivage sert àsaponifierles graisses, seraitégalement susceptible d'agir à froid sur les linges (2). Enfin son prix de revient est relalivement minime : les 100 kilos coûtent 10 francs.

Dans le mémoire de JxGer (3), on {rouve qu'une solulion à 5 pour 1000 tue les microbes du choléra des poules,

(1) Lisorius. Zeitschrift für Hygiène et Ann. Inst. Past., no 6, p. 318, analysé in Rev. Hyg., 1887.

(2) Pour Moxrerusco et Caro, la lessive à 1 partie de savon pour 5 d'eau (20 p. 100) détruit même à froid les bacilles cholériques et typhoïdiques, voire les spores charbonneuses en 6 h.et en 5 h, lorsqu'on la porte à la température minimum de 5ov, Rev. intern. d'Hygiène, 15 sept. 1892.

(3) JæGer. Recherche sur la puissance de différents moyens chimiques de désinfection agissant pendant une courte durée, Arbeilen à.d. k. Gesund, 1889. É

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dela peste porcine (après 24h. de contact), à2 pour 100 le rouget, à 5 pour 100 le charbon et le tétragène. Mais la solution saturée à 16 pour 100 ne parvient pas à détruire les spores charbonneuses ni le bacille de la tuberculose. Cette action du carbonate de soude est beaucoup plus nette quand on agit à la température de l’eau bouillante ou même à 50 degrés. Cette température est approximativement la limite à laquelle la main peut supporter l’eau chaude. — Nous avons fait agir la solution de carbonate de soude à {5 pour 100 sur nos sachets renfermant des tampons imbibés de pyocyanique et de coli; la température élait maintenue constante à l’aide d’un bain-marie réglé à 50 degrés. Ensemencés dans des tubes de bouillon, nos tampons se sont montrés stériles; une seconde expérience, faite dans des conditions identiques, est venue confirmer la première.

Dans une autre expérience, faite à froid, nous avons laissé pendant 24 heures, dans la solution à 5 0/0, les tampons imbibés de pyocyanique etde coli.Après2#heures à l'étuve la culture de coli dans un bouillon était déjà positive ; après 48 heures le pyocyanique se montrail à l'examen microscopique en longs filaments.

C’est aussi aux alcalins que les savons doivent leur action désinfectante. Nous ne ferons que rappeler les expériences de désinfection des mains (Mixuzrcz) et du champ opératoire à l’aide de solutions alcooliques de savons pour signaler les travaux qui ont élé entrepris à ce sujet. Pour Max Jozues (2), qui a expérimenté sur des cultures en

(1) Cawaurs. Sur la pratique des désinfections, Giornale della Reale Societa italiana d’Igiene, février 1896.

(2) Max Jouces. Nouvelles recherches sur le pouvoir désinfectant des

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bouillon, ce pouvoir désinfectant est d'autant plus marqué que la température est plus basse. Le bacille typhique ne résisterait que quelques instants dans les solutions.

à7,-8,:9, 40 pour 100

15 minutes à 6 — 100 30 minutes à à — 100 l'heure à 4 — 100 Dire à 3 — 100 6 — à 2 — 100 12 — à 1 — 100

À 18 degrés, l'effet désinfectant est retardé ; il faut pour détruire l’Eberth :

24 heures à 1 pour 100

150 10 — ‘400 A — à 5 — 100 30 minutes à 6 10)

A 30 degrés, les effets sont à peu près lesmêmes qu'à 18.

Théodore Beyer(1),Rerrnorrer, ViNAyY (2),ontégalement éludiécette aclion désinfectante dessavons. Pour Beyer.les bacilles du choléra seraient détruits après 1 heure dans une solution de savon à 3 0/0 à la température de 50 degrés, tandis qu'il faudrait 24 heures à la température ordinaire. Les mêmes résultats seraient obtenus avec le bacille d'Eberth, le coli, le staphylocoque, le bacille de Lôffler.

Ces résultats semblent contradictoires avec ceux obte-

solutions de savon, Zeischrift für Hygiene und Infections Krankheiten, 1899. Analysé én Rev. Hyg., 95, p. 285.

(1) Beyer. Zeitschrift für Hygiene und Infections Krankheïten, 1896. Analysé in Rev. Hyg., 1806.

(2) Vinay. Désinfection des linges par le savon, Lyon médic., 1888. Analysé in Rev. Hyg., 1888.

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nus par Max Jocres ; mais, pour pouvoir comparer deux expériences, il faut connaître exactement la technique suivie, sinon ces conditions différantles résultats ne pourront pas être comparés.

Reraorrer({)reprend l’étude avec 3 espèces de savon: 1° savon mou renfermant 13.3 p. 100 d’alcali. 29 —— auxamandes 11.4 — — 39 —. dur 15 — —

Ces savons se montrèrent stérilisants à la dose de 1 à 2 p. 100, au bout de quelques minutes d’aclion sur des cultures de vibrion cholérique. Cet auteur croit pouvoir conclure qu'il suffira de tremper dans des solutions froides à 4 ou 5 pour 100 linges, étoffes, vêtements provevenant de chelériques, pour en obtenir promptement désinfection complète. Mais dans le cas de désinfection des ; linges, Rerrnorrer n'a pas songé que, dans la pratique, les germes à détruire pouvaient être protégés d’une façon efficace par les matières qui leur ont servi de véhicule, ce qui résulte des recherches de Beyer, pour lequel, nousle répétons, une immersion de 24 heures, à la température ordinaire, est nécessaire et une heure seulement à 50°.

Ces résultats ont été confirmés par nos recherches personnelles : en opérant comme pour la solution carbonatée, en utilisant unbain-marie réglé à 500, après une heure, les tampons ensemencés dans du bouillon sont restés stériles. Au contraire, en opérant à froid 24 heures dans une solution à 5 0/0, le pyocyanique n’a pas été détruit (vérification microscopique); quant au coli, le résullat a élé dou-

leux.

(1) Rerruorrer. Archiv für Hygiene, 1896.

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Pour Serarini(1), latempérature favorise le pouvoir désinfectant ; il attribue la divergence des conclusions auxquelles sont arrivés RerrHorrEr, HEYDEN, BEYER, à la qualité des produits commerciaux.

Enfin, commelemontrebienM.Ducraux(2),lesmicrobes d’une même culture pure sont lrès inégalement résistants vis-à-vis de la chaleur, de l£ lumière, de toutes les influences nocives qu’on aessayées sur eux. Il n ya aucune raison pour qu'il n’en soit pas de même vis-à-vis des antiseptiques.

Une considération intéressante en ce qui concerne les savons, c’estque l’adjonclion d’antiseptiques ne renforce nullement leur action bactéricide.

L'adjonction de pétrole à l’eau savonneuse (3) a élé préconisée dans les proportions:

HAU Sa VOnNEUSC. PA EE M 15 litres.

Pétrole RE Tec mn CO Eee 15 grammes.

Quel sera le mode d'action chimique des solutions alcalines et pourquoi préférerons-nous à froid les solutons de savon? Le savon, dit BerzÉLIUS, agit de2 manières : 1° il forme une dissolulion émulsive avec les corps qui se trouvent sur l'éloffe et qui se dissolvent ainsi dans l'eau de savon; 2° en vertu de la facilité avec laquelle les sels dissous qui constituent le savon abandonnent leur alcali, qui, mis en liberté, réagit sur les impuretés qui salissent l'étoffe. Ces impuretés s'unissent avec les alcalis pour donner naissance à des sels solubles. L'emploi direct

(3) Senarint, Désinfection par les savons communs. Analysé in Rev. d'Hyg., 1899.

(2) Ducraux. Sur les antiseptiques, Revue critique Ann. Inst. Past. (3) Journal des praticrens, 29 août 1894.

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des alcalis est donc évidemment plus économiqne que le savon, puisque dans les dissolutions alcalines qui coûtent moins cher (le savon de Marseille coûte 48 francs Îles 100 kilogs) les alcalis se trouvent immédiatement en contact avec les impuretés de l’étoffe pour se combiner à elles. A la vérité, à la température ordinaire, les carbonates de soude et de potasse dissolvent moins bien les impuretés, le dégagement de l'acide carbonique s'opérant moins facilement que la composition de l’oléate neutre; mais si on emploie le carbonate potassique à une température de 100, l'acide carbonique est chassé par l'ébullition et il produit le même effet que l’eau de savon (1).»

D'autresalcalins, égalementutilisésdans la désinfection, sont les hypochlorites, parmi lesquels nous intéressent particulièrement, à cause de la facilité avec laquelle on peut se les procurer, le chlorure de chaux et l’eau de Javel. Le chlorure de chaux est formé d’un mélange d’hy-

. pochlorite de chaux, de chlorure de calcium et de chaux;

l'eau de Javel concentrée est préparée avec du chlorure de chaux par double décomposition avec du carbonate de potassium. D'après Kocx (2), des spores charbonneuses séchées sur fil de soie auraient résisté deux jours à l'aclion d’une solution filtrée de chlorure de chaux à 5 pour 100. D'autres auteurs au contraire, KOLESNIKOFF trouve qu’une solution à 5 0/0, mêlée à parties égales avec du sang charhonneux frais, le désinfecte en 10 minutes. Pour SrerngerG (3), une solution filtrée à 1 0/0 fue les

(1) Berzéuius, Traité de chimie organique, t. I, p. 371, 1831+ (2) Kocn. Uber desinfection, Mitth.ad Kaïs. Gesundheitsumte,t.1, 1881.

(3) SrennserG. Desinfection and desinfectants (Preliminary Report made by the committee of desinfectants of the Amer. publ. Health, Assoc. Philad.

Med News, t. I, 1886.

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spores charbonneuses en 1 à 2 minutes. Nissen (1) trouve que le chlorure de chaux tue rapidement et à de faibles concentralions la plupart des microbes sans spores. Le bacille typhique meurt en 5 minutes, quand le bouillon contient plus de 0,12 0/0 de ce sel.

Choléra........ en 1 à 5 minutes.

Charbon bactéridien en 1".

Staphyl. aureus..... en 1".

D’après les expériences de CHAMBERLAND et FERNBACH, la solution au 1/10 ou au 1/20 agirait plus énergiquement que la solution concentrée. Du reste, même dans ces proportions, ces solutions nous intéressent uniquement au point devue général de l'action de ces antiseptiques sur les microbes, car ellestrouveraient difficilement leur application dans la désinfection des linges. Les expériences ont porté sur les germes humides, et sur les germes secs. Sur les germes humides, il faut pour empêcher la culture du subtilis introduire dans le bouillon la dose énorme de 1/30 de chlorure de chaux ; la solution à 1/10 tue Les spores de subtilis à 15° en 15 minutes. Sur les spores, autres que

celles du subtilis et sur les organismes sans spores, l’action est.la suivante :

À 15° les spores de charbon sont tuées en 5 m. par solution à 1/10 — choléra == = — diphtérie — 7 — fièvre typhoïde — En

Dans ces cas, à 1 c. cube de culture en bouillon, on ajoute 10 c.c. de désinfectant.

Sur les germes secs

(1) Nissex. Uber die desinficerende Eigenschaft des chlorkalkes, Zeitschrift f. Hyg., 1890.

nd és os An Lo Se sit

e D sat

re La solution concentrée n’a pas tué les spores de subtilis en 2 h. à 150 — — à tué — 2 h. à 50.

La solution à 1/10 n’a pas tué — 2 h. à 15.

= — à tué — 30 m. à 90.

— — — — 5 ma à 75.

Les spores sèches de charbon sont assez résistantes, la solution concentrée ne les tue pas en { h. à 15 ou à 50. Mais la solution à 1/10 les tue ea 30 minutes à 15 ou en 45 m. à 50.

D'après nos expériences, après 14 heures d'immersion dans la solution à 0.50 0/0, le sublilis a formé son voile en 24 heures; le coli après un léger retard a cullivé en 48 heures, et le pyocyanique en 72 heures. Enfin, après une immersion de 24 heures dans la solution à 1 0/0, le coli et le pyocyanique se sont montrés stériles. Le subtilis n'a été nullement influencé.

L'action de l’eau de Javel a été également étudiée sur les germes humides et sur les germes secs. Malheureusement, la solutiunest caustique, elle allère la fibre du linge même à faibles doses, de plus elle laisse un grand résidu après évaporation.

Sur les germes humides l'action combinée de l’eau de Javel et de la température est manifeste.

Les spores du subtilis sont tuées en 1 h. à 150par solution 1/2

— — — 5 m. à 50 — ou 1/4

2 — 10 m. à 90 — 1/10 Les spores charbonneux sont tués 5 m. à 15 = >

L'eau de Javel est plus active à 50° et à 75° sur les germes secs comme sur les germes humides.

(1) Question de la désinfection, Med. Hyg. Deutsche. Analys. /n Rev, de méd., 1892. |

Dans nos expériences faites avec la solution à 1/10 après une immersion de 14 heures, les cotons imbibés de pyocyanique et de coli se sont montrés stériles. Le sublilis a cullivé sans aucun relard.

Nous voyons donc que sinos moyens d’action sont suffisants en ce qui concerneles microbessans spores, iln’en n’est plus de même pour les formes de résistance.

Cette puissance de résistance desspores est si considérable que d'après GepperT (1)une gouttelette renfermant des spores charbonneuses et débarrassée de tout son sublimé par le sulfhydrate d'ammoniaque, ne reste stérile que sile contact a duré plus d’une heure dans la solution de sublimé au 1/1000, et il est même arrivé 1 fois sur cinq que des spores libérées de tout contact avec le mercure se sont montrées fécondes après 24 h. de séjour dans l’antiseptique. Cette difficulté d'atteindre la vitalité des spores nous montre que si nous devons nous efforcer dans la famille d'approcher le plus possible de la désinfection complète, il ne faut pas négliger les opérations ultérieures, qui sont le complément d’une désinfection bien comprise, nous voulons parler du passage à l’étuve et du lessivage, une seule de ces deux opérations élant suffisante pour amener la désinfection.

(1) Gerrerr, Berl. Xlin., Woch.1880.

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