CHAPITRE HI
Complémentde la désinfection. Etuve.Lessivage
L'étuve, qui doit être plus spécialement réservée à la désinfection des vêtements, de laliterie, sera utilisée avec profit, dans la désinfection des linges, quand on voudra agir rapidement sur de grandes quantités. Nous avons vu qu’un séjour de 24 h. dans la crésyline à 2 0/0 était suffisant pour détruire les microbes sans spores ; avec l’étuve la destruction totale des germes est rapidement oblenue.
Nous signalerons les diverses phases par lesquelles a passé la désinfection à l'étuve.
Au début, les appareilsreposaient surle principe de la désinfection à l'air chaud ; tels sontles appareils de Ransom, LEoNI, ScorT, NELSON et Somer-FrAzer, la grande étuve de l'hôpital de Moabit près de Berlin, installée sur le conseil de Wincaowaprèsles deux épidémies de fièvre récurrente et de typhus pétéchialqui régnèrent à Berlin en 1873. Mais ces étuves présentaient le grave inconvénient d'obliger à une surveillance très altentive et de nécessiter le parfait fonctionnement d'appareils régulateurs.
Vint ensuite la désinfection par la vapeur surchauflée, appareils de Srrom et de DoBRosLAWIN, el la désinfection par la vapeur à l’état de courant et à saturation à la tension de l'atmosphère ou à peu près. Sur ce principe sont
construits les appareils de FLucer, THursriëzp (sans ventilation de lachambre à désinfection), de Rencx (avec ventilation et accumulateur de chaleur sous forme de rouleaux de pierre), de ScrimmeL, de HENNEBERG (avec ventilation et dispositif spécial de chauffe).
Dans une quatrième catégorie, on ulilisela vapeur saturée au repos à peu près sous la pression de l’atmosphère, avec une disposition permettant de diminuer une ou plusieurs fois la pression jusqu'à une purge d'air complète pendant l'opération (appareilde RorHRrBECKk).
Enfin, les appareils dont on se sert actuellement utilisent la vapeur saturée au repos ou en circulation sous une pression supérieure à celle de l'atmosphère, avec un moyen d’abaisser une ou plusieurs fois la pression pendant l'opération jusqu’à la ramener à celle de l'almosphère (appareils de Genrsre et HerscHer, WasniNGTON, Layons, Bennamet Sons, KRELL, VaiLLARD et BESSON).
Les éluves à vapeur sous pression ont été accusées de tacher le linge et d’en altérer la texture. Nous avons vu a propos de l’essangeage ce qu’il fallait penser des taches occasionnées par l’étuve ; quant au reproche d'user prématurément le linge, des expériences ont élé entreprises par Vinay et ArLonG avec l'étuve GENESTE et HErsonEr. Ces auteurs ont trouvé que l'aspect et la coloration du coton, lin, soie, restaient identiques, seule la laine blanche
Rev. Hyg., 1888, p. 677. Etuve à désinfection Van Overbeck.
Rev. Hyg., 1889. Etuve rectangulaire de Walz et Windscheïd.
Rev. Hyg. 1892. Appareil à désinfection Cornet Krohne.
Rev. Hyg. 1893. Appareil de Krell de Nuremberg.
Rev. Hyg., 1894. Sur la valeur du système à vide appliqué aux appareils à désinfection par la vapeur, par Sander et Clarenbach, Gesindherts Ingenieur, 1803. je
VaizzanD et Besson, Ann, d'Hygiène, 1895, p. 339.
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roussissait quelque peu. La recherche de la résistance des Lissus ne doit se faire qu'après séchage de 24 h. el non de suite quand les {issus sont encore humides. Vinay et ARLOING (1) ontrecherché dans quelle mesure les objets deliterie étaient usés par la répétition des opérations de désinfection. Au bout de huit séances d'épuration dans l'étuve à + 112, des draps d’Aleze qui avaient élé souillés 8 fois par des selles typhoïdiques etlessivés 8 fois avaient encore la même solidité que les draps analogues ayant subi 8 lessivages sans passage à l’éluve ;ils avaient seulelement une légère teinte rousse. Des tricots de laine, passés 8 fois a l’étuve et lavés chaque fois ensuite, gardaient une teinte un peu jaune que n'avaient pas les tricots analogues lavés comme d'habitude.
Pour éviter les effets de la vapeur d’eau partliculièrement sur les vêtements (qui sortent chiffonnés de l’étuve) et sur la literie, on a essayé de remplacer la chaleur par le formol. Dans les locaux, il a été impossible de désinfecter les linges ou autres objets d’une certaine épaisseur, la force de pénétration des vapeurs désinfectantes n'étant pas assez forte. C’est alors que, pour augmenter la force de pénétration des vapeurs, M. MéRIEux (2) a eu l'idée de se servir du videetil a constaté que grâce à celte intervention il est possible d'arriver à la désinfeclion absolue d’amas considérables de linges, vêtements, matelas.
La désinfection étant à l’ordre du jour, et cerlaines personnes redoutant de confier leurs effets au service
(1) Vinay. Rev, Hygiène, 1877, p. 167. De la valeur pratique des étuves à désinfection.
(2) Mérsux. Ann. d'Hygiène, t. 1, 1898, p. 493.
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public de désinfection, l’industrie privée à fondé de nombreuses usines ayant pour but la désinfection des objets confiés sans occasionner la moindre détérioration. Quelques-uns de ces établissements remplissent évidemment les conditions requises, d’autres, au contraire, ne sont le plus souvent que des entreprises industrielles ayant surtout pour but de ne pas mécontenter leur clientèle sans se soucier de la perfection du procédé (1).
Malgré l'usage de plus en plus répandu des étuves à désinfection, et le grand nombre de celles-ci (en 1892, il existait en France et en Algérie207 éluves), celle quanlité est encore insuffisante pour désinfecter toul le linge. Dans les campagnes, par exemple, les étuves mobiles ne sont envoyées que lorsqu'il règne une véritable épidémie. Pour les cas isolés, nous devons recourir au procédé classique, le lessivage soigneusement pratiqué pendant lequel l’eau à une température très élevée et chargée de sels alcalins traversera plusieurs fois la masse du linge ; c’est l'opération du coulage, devant durer au moins 12 heures. — On a cherché à abréger la longueur de ces diverses opérations. Dans ce but, ont été construits les appareils à lessivage accéléré (2).
L'altention a été de nouveau atlirée sur les avantages de ces lessivages mécaniques par M. le D' Decorme dans sa communication à l’Académie du 16 avril 1901.
(1) Descæaw»s. Rapport au conseil d'hygiène du département de la Seine sur la désinfection par l’industrie privée, Rev. Æyg., 1803, p.357.
(2) Krewea, Appareil de lessivage accéléré, Ann. Hyg., 1877, p. 476, et Revue Hygiène, 1897.
Dans sa séance du 16 avril l'Académie a nommé pour examiner la question une commission composée de MM. Grancuer, Junrceisc, KeLcu, Roux, Vazuin et DEconme.