‹ Contribution à l'étude de la diffusion dans le tissu conjonctif des particules colorées ou virulentesChapitre 16 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

EXTRAIT TESTICULAIRE ET VIRUS VACCINAL

Les expériences que nous venons de rapporter avaient donc montré :

— que l'effet de l'extrait testiculaire était de diffuser n'importe quelles particules dans le tissu conjonctif ;

— que le virus vaccinal se prêtait particulièrement bien à une telle diffusion.

Nous avons pensé qu'un certain nombre de problemes concernant la vaccine pourraient être abordés d’une manière particulièrement nouvelle et intéressante grâce à l’artifice de la diffusion du virus par l'extrait testiculaire.

Ces problèmes sont au nombre de quatre — le premier a trait aux caractères dissemblables des deux virus vaccinaux de souche épidermiqrie et de souche cérébrale ;

— le second à la pathogénie des vaccines généraliséesi; — le troisième à l’aspect des lésions déterminées par

le virus vaccinal testiculaire ;

— le dernier enfin touche à la question de l'allergie vaccinale.

RTE Nous allons les envisager successivement

1. - CARACTERES DISSEMBLABLES DU VIRUS VACCINAL DE SOUCHE EPIDERMIQUE ET DE SOUCHE CEREBRALE.

Depuis les- expériencés de M. LeEvaprri (52) qui l'ont conduit à la découverte du Neuro-vaccin, les recherches des différents auteurs aboutirent aux mêmes conclusions que celles qu’il avait lui-même énoncées :

Le vaccin recueilli sur la peau de la génisse (dénommé dermo-vaccin) * a essentiellement une affiniié pour lépiderme, tandis que le neuro-vaccin (broyat de cerveau d'animal mort d’encéphalie vaccinale, déterminée par injection intracérébrale de neuro-virus) cultive essentiellement dans la partie profonde du revêtement-cutané (00):

Les deux expériences suivantes, que l’on peut renouveler aussi souvent qu’on le désire, le démontrent amplement ;

Soil un vaccin de génisse.

Inoculons-le par grattage sur l’épiderme d’un lapin neuf et préalablement rasé, en différentes plages, chacune réservée à une dilution différente.

* Le terme de Dermo-Vaccin, dans le sens de vaccin de provenance tégumentaire, risque peut-être d'entretenir une confusion du fait de l'intensité des lésions dermiques produites par le neuro-vaccin. Si à l'origine, il avait paru à M. LEVADITI, que le neuro-vaccin par ses affinités pour l’ectoderme cutané et pour Pectoderme invaginé (système nerveux) permettait de classer ses manifestations dans le groupe des ectodermoses neurotropes, il a insisté ultérieurement sur les modifications que les passages successifs avaient fait subir à ce neuro-vaccin, et il écrivait en 1937 (6) : « L’infection neuro-vaccinale du lapin n’est plus une ectodermose neurotrope absolument pure ; elle représente e: réalité un état de transition entre les ectodermoses et les mésodermoses, tout en se rapprochant plus de ces dernières que les premiéres. >» Pour ces motifs, il nous semblerait préférable de réserver au virus-vaccinal recueilli sur le flanc de la génisse l'appellation d’épithélio-vaccin, terme qui rappellerait d’ailleurs la dénomination proposée par BOoRREL (51).

Nous trouverons au bout de cinq jours que les plages au dixième, centième, millième et dix-miilième donnent une éruption confluente, tandis que les plages au centmillième et millionième donnent une quantité de pustules facile à dénombrer ; on dit que ce vaccin est actif jusqu'au miilionième.

Ce même vaccin, inoculons-le par voie intradermique sur les flancs d’un autre lapin, chaque injection intradermique correspondant à une dilution différente.

Nous constaterons qu’au bout de cinq jours sont apparues des lésions vaccinales, d'autant plus larges que la concentration est plus forte. En généra!, on obtient par cette méthode au cent-millième une toute petite pustule et rien au millionième.

Prenons maintenant un neuro-vaccin et recommencons la même expérience ; nous constaterons que, par gratiage, nous n’obtenons d’éruption confluente que jusqu’au centième, des pustules numérables jusqu’au dixmillième et en général rien au-delà. Signalons que ces pustules ont un caractère hémorragique, particulier au neuro-vaccin.

On aurait tendance à conclure que ce vaccin est moins actif que le premier. Or, sur le second lapin destiné aux injections de neuro-vaccin dans le derme, il est fréquent que l’on observe l'apparition d’une pustule jusqu'à la dilution au millionième. Force est bien de conclure qu’il n’y a pas qu’une différence de quantité entre ces deux virus, mais une différence de qualité. Ou encore, selon une hypothèse de M. LEvaDInI (53) : il y aurait deux sortes de corpuscules vaccinaux : les uns à affinité épidermique, les autres pour les couches profondes du derme, chaque espèce de corpuscules coexistant dans les deux vaécins, mais à prédominance de corpuscules épidermotropes dans le vaccin de souche épidermique contrairément à ce qui se passerait dans le neuro-vaccin.

L’adjonction d’extrait testiculaire à lune ou l’autre souche de virus vaccinal injecté par différentes voies

nous paraissait pouvoir constituer un nouveau moyen de préciser les caractères dissemblables de ces deux virus.

Nous avons réalisé dans ce but quatre séries d’expé-

riences

__ dans la première série lextrait testiculaire est adjoint à l’un ou l’autre virus injecté par voie intradermique, è vx

— dans la seconde, l'extrait testiculaire est de même mélangé à chacune des deux souches, mais linoculation est faite par grattage épidermique ;

- dans la troisième, l'extrait testiculaire est injecté par la voie intra-veineuse tandis que iles deux vaccins sont inoculés par grattage épidèrmique ;

— dans la quatrième, enfin, l'extrait testiculaire est injecté par la voie intra-veineuse, mais les vaccins sont injectés par voie intradermique.

Voici les principaux protocoles de ces quatre séries d'expériences :

1) Action de l'extrait testiculaire sur le vaccin de souche épidermique ou le neuro-vaccin injectés par voie épidermique

Lapin 48 du 28 mai 1943

Il recoit du côté droit une injection intradermique de dermovaccin et une injection intradermique de neuro-vaccin. Du côté gauche, deux injections symétriques de dermo-vaccin et de neuro-vaccin cette fois associés à de l’extrait testiculaire.

Le 1°" juin on note du côté droit une lésion infiitrée entourée d’une aréole rouge, au point qui a reçu l’injection de neuro-vaccin. Du côté gauche on observe une infiltration d’une étendue double environ de celle du témoin au point qui a recu l'injection de dermovaccin associé à de l'extrait testiculaire et une infiltration ayant gagné la plus grande partie du flanc de l’animal déterminée par l'injection de neuro-vaccin mélangé à de l'extrait testiculaire.

. Le 7 juin, les lésions correspondant aux deux témoins et à l'injection de dermo-vaccin et d'extrait tes#iculaire, sont en régression tandis qu’une formidable eschare hémorragique résit à l’injection de neuro-vaccin associé à de l'extrait testiculaire.

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