‹ Contribution à l'étude de la diffusion dans le tissu conjonctif des particules colorées ou virulentesChapitre 24 sur 46 · CAGE · texte numérisé non relu

CAGE

Sur le flanc gauche, d’une manière symétrique il reçoit une injection intradermique de la même dose de bacille de Koch en solution dans de l'eau salée.

Le 26 janvier, on constate des deux côtés une petite lésion ulcéreuse, peut-être un peu plus large du côté droit.

Le 31 janvier, les lésions peuvent être ainsi décrites : du côté droit, lésion escharotique ulcéreuse étendue, selon un grand axe perpendiculaire à celui du corps, large d’un travers de doigt et s’étendant d’un centimètre environ de la ligne dorsale médiane, jusqu’à 4 centimètres de la ligne ventrale médiane. Du côté gauche, une petite lésion ulcéreuse, limitée, arrondie, d'environ un centimètre de diamètre. dr

L'animal crève le 10 février 1944 ; à l’autopsie on note des granulations sur la rate, rien sur les autres organes ; les ganolions tributaires pariétaux à droite sont plus gros et plus osseux que les ganglions correspondants à gauche.

Cobaye N° 11 du 17 janvier 1944

Même technique et même posologie.

On note de même l’évolution d’une très grosse lésion escharotique de 5° centimètres de long sur 2 centimètres de large du côté de l'injection intradermique qui contenait du facteur de diffusion, et un petit ulcère limtié, cinq fois plus petit, du côté opposé.

L'animal crève le 19 février 1944.

Sur la peau, on retrouve la trace des lésions superficielles droite et gauche, sous forme de plaques ecchymotiques brunàtres ; gros ganglions dans les régions inguinales bilatérales. ganglions axillaires volumineux. Quelques lésions sur la rate. Un nodule pulmonaire:

Cobaye N° 12 du 17 janvier 18944 Même technique, même posologie, mêmes résultats que les précédents.

Mort le 25 février : gros ganglion du côté droit, ganglion moins important du côté gauche ; quatre nodules pulmonaires ; ganglions axillaires ; quelques lésions de la rate. Rien au foie.

B) D'autres cobayes reçurent une seule injection intradermique de bacille de Koch associé au facteur téstieulaire de taureau.

Cobaye N° 13 du 147 janvier 1944

Injection intra-dermique sur le flanc gauche de un dixième de milligrame de bacille de Koch en suspension dans une solution saline contenant du facteur.

Le 31 janvier grosse ulcération escharotique d'environ six centimètres de diamètre. (Voir planche n° 2).

Le cobaye crève le 8 février de tuberculose généralisée.

Cobaye N° 14 du 17 janvier 1944 :

Mème protocole ; lésion escharotique plus large encore que la précédente.

Mort le 25 février. Tuberculose généralisée.

STRESS C) Enfin une dernière série de cobayes scrt de témoin.

Cobaye N° 15 du 17 janvier 1944

Injection intra-dermique sur le flanc gauche de un dixième 4 milligramme de bacilles de Koch suspendus dans de l’eau salée.

26 janvier petite lésion indurée.

31 janvier, ulcère n’atteignant pas un entre de diamètre. (Voir planche n° 2).

18 février, l’ulcération persiste de même étendue. Mort le

25 février de tuberculose généralisée. ,

Cobaye N° 16 du 17 janvier 1944 Même technique, même posologie, mêmes résultats. Mort le 6 mars de tuberculose du foie et de la rate,

D) Nous avons de même fait des expériences chez le lapin.

Le 31 janvier 1944 le lapin 71 reçoit du côté droit sur son flanc rasé une injection intradermique de un milligrame de bacille de Koch humain en suspension dans du facteur de diffusion de testicule de taureau ; du côté gauche, une injection intradermique de un milligramme de B. K. dans de l’eau salée.

Le 4 février on remarque du côté droit un petit point ecchymotique au lieu de l’injection et du côté gauche un petit cratère.

Le 9 février le lapin est malade et ne mange plus, on note à droite un érythème de la grandeur d’une pièce de un franc centré par un cratère; à gauche, un érythème comparable à une pièce de Ü fr.'50: centré également par un petit cratère.

Le 18 février le lapin va mieux, des deux côtés est apparue autour de la zone érythémateuse notée précédemment, une nouvelle aréole rouge qui est plus large à droite.

Le 26 février, une eschare s’est formée des deux côtés, qui tombe, les lésions se présentent alors de la manière suivante à droite, ulcère à limites nettes, à rebord violacé de 4 centimètres de large ; à gauche, ulcération assez analogue mais beaucoup plus limitée, d’un centimètre de diamètre au maximum (Voir planche n° 1, fig. 2).

L'animal guérit et cicatrise ses deux ulcérations en trois mois.

Ces expériences sont très comparables à celles rapportées par THoMAS et DURAN-REYNALS (11,35) dont nous

confirmons ainsi les résultats.

Les conclusions que l’on peut en tirer nous parais-

sent être les suivantes :

* [. — Le facteur de diffusion, inoculé en injection intradermique, chez le lapin ou le cobaye, en association avec le bacille de Koch, détermine une lésion qui apparaît dans les mêmes délais que celle produite par l’injection de la même dose de bacille de Koch seul. Mais cette lésion présente une extension bei:coup plus grande. Cette différence d’aspect, déjà notabie si Ron compare notre deuxième et troisième série de cobayes, epparait encore plus manifeste chez les cobayes N°° 10, 11 et 12 et chez le lapin 71 qui ont reçu de telies injections comparatiyement dans l’un et l’autre flanc : il y a nette discordance entre la lésion escharotique du bacitle de Koch associé au facteur de diffusion, et la lésion du bacille de Koch seul.

À noter que ses ganglions tributaires semblent plus volumineux et plus nombreux du côté où le bacille de Koch a été associé au facteur de diffusion (19).

2, __ L'adjonction a une certaine dose de bacile de Koch (du moins dans la souche que nous avons utilisée) de facteur de diffusion, ne paraît déterminer aucune modification netle dans l'intensité ou la rapidité de l'évolulion de la tuberculose généralisée.

Il, — DU ROLE DU FACTEUR DE DIFFUSION DANS LES SURINFECTIONS EXPERIMENT ALES.

Nous savons que lorsque l’on réinjecte du bacille de Koch à un animal précédemment tuberculisé, on conslate que lanimal résiste parfaitement à cette seconde inoculation et ne fait qu’un phénomène local appelé phénomène de Koch.

Les expériences qui suivent montrent l'action du facteur de diffusion sur un tel phénomène.

D'un lot de cobayes tuberculisés le 27 novembre 1943 nous ex{rayons les protocoles qui suivent

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Fonraneté

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Chaque cobaye avait reçu, en injection sous-culanée, une dose de un dixième de milligramme de bacilles de Koch humain, d’une souche peu virulente (souche Brocard).

Au bout d’un mois, ils présentent au point d'inoculation une très légère induration avec réaction ganglionnaire minime sur le territoire lymphatique correspondant.

Le 17 janvier 1943, ils recoivent de nouveau sur le flanc gauche une injection intradermique de un dixième de milligramme de bacilles de Koch suspendus dans du facteur de diffusion provenant de testicule de taureau, et sur le flanc droit une injection intradermique de la même dose de B. K. en suspension dans de l’eau salée.

Le 22 janvier : le cobaye n° 3 présente sur le flanc droit et sur le flanc gauche un petit nodule symétrique ; les cobayes n° {, 2 et 7 une petite ulcération sur chacun des deux flancs.

Le 31 janvier ces quatre cobayes présentent à gauche une grande eschare à grand axé perpendiculaire à l’axe du corps, à droite une petite ulcération de un demi centimètre de diamètre.

Le 18 février, à gauche l’eschare se limite et se sèche, tandis qu'à droite l’ulcération se cicatrise progressivement.

Le 21 février le cobaye n° 1 crève, l’autopsie montre la présence de ganglions bilatéraux caséeux, mais pas de lésions viscérales.

Les trois autres cobayes laissent voir encore à gauche une eschare étendue, tandis qu’à droite la cicatrisation est terminée.

Le 29 février le cobaye n° 2 crève, présentant des ganglions inguinaux ‘bilatéraux surtout du côté gauche où ils sont volumineux; quelques nodules sur la rate, rien au poumon.

Le 19 mai, les cobayes n° 3 et 7 sont sacrifiés : on ne voit pratiquement plus rien du côté droit, tandis qu’il subsiste une très étroite eschare linéaire du côté gauche. Ces deux cobayes présentent des lésions tuberculeuses sur la rate, le poumon et le foie.

En résumé, nous constatons

I. - Que les quatre cobayes cités, ont présenté du côté ou a été fait l’injection de bacilles de Koch seuls, un phénomène de Koch, atypique par sa lenteur d'évolution. Nous croyons que ce fait est attribuable à la très faible intensité de la primo inoculation.

IT. - Que du côté où l’animal reçoit du bacille de Koch associé au facteur, aparaît dans les mêmes délais, une réaction d’abord semblable du point de vue morphologique, mais qui s’en sépare bien vite par l'extension irès considérable du processus ulcéreux.

III. —— Que l’évolution de la cicatrisation est bien :dfférente du côté où a été injecté le bacille {uberculeux

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seul où elle se fait rapidement ; tandis qu’elle est très lente du côté où du facteur de diffusion a été ajouté au bacille de Koch.

Il semble donc que l’on puisse tirer de ces expériences deux conclusions :

A. La première est que l'adjonction de facteur de diffusion à des bacilles de Koch lors d'une réinoculation, ne modifie en rien la résistance générale de l'animal à cette réinfection, ceci en raison de la survie de ces animaux par rapport aux témoins.

B. — La seconde conclusion est que seul l'aspect du phénomène local est modifié : il ne s’agit plus du phénomène de Kock typique caractérisé par une réaction locale: manifestement très limitée, mais d’une lésion escharotique très étendue.

On pourrait même se demander à première vue, si l'intensité de cette réaction locale, ne pourrait pas être interprêtée à la manière d’un phénomène d'hyperergie, comme si l’animal se trouvait dans un état d’excessive sensibilisation par l'adjonction de facteur exallart!, neutêtre, la réactivité du système nerveux.

Une telle hypothèse ne peut être retenue, puisque le animaux primo-inoculés, avec du bacille de Koch, associé au facteur de diffusion, peuvent offrir des lésions étendues et escharotiques secondairement, mais dans les délais normaux des primo-infections.

Chez les animaux réinfectés, il faut penser que le facteur, assurant la diffusion des bacilles de la seconde injection sur une aire cutanée de dimension plus où moins grande, provoque sur toute cette surface, des lésions escharotiques, dans les délais rapides caractéristiques du phénomène de Koch, exactement comme si on pratiquait simultanément des séries d'injections intradermiques en des points très voisins. C’est au fond une sorte d’ensemencement sur une aire étendue qui est ainsi effectué et, dès lors, il n’est pas surprenant que sur tout ce territoire, les bacilles et leur antigène créent sur un

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terrain préparé le phénomène de sensibilisation, qui est lun des deux caractères du phénomène de Koch, l’autre caractère étant, on le sait, la résistance à l'infection de nouvel apport. Celle-ci n’est nullement modifiée par le facteur de diffusion.

En bref, on met ainsi en évidence et on dissocte, les deux éléments constitutifs du phénomène de Koch : — l'élément cutané hâtif et escharotique aboutissant à la guérison et à la cicatrice ; cette réaction se fait sur une zone étendue, lorsque les bacilles réinjectés sont associés au facteur de diffusion.

— deuxièmement l’élément de résistance générale, qui ne subira, répétons-le, aucune modification du fait de cette association.

III. — DU ROLE DU FACTEUR DE DIFFUSION DANS LES REACTIONS TUBERCULINIQUES.

Nous avons envisagé plus haut le rôle du facteur de diffusion dans ie comportement du virus vaccinal utilisé dans l'exploration de l’état d’allergie : dé même convenait-il de préciser par quelques expériences personnelles, la manière dont un tel facteur peut modifier les réponses allergiques à l’égard de la tuberculine

Nous avons été d’aileurs précédés dans cette voie par

.des travaux d'auteurs étrangers (49), notamment THOMAS et DURAN-REYNALS (12) et MANGANOTTI (12).

Nos recherches ont portées à la fois chez l’homme et chez l’animal.

Le 31 janvier, un lot de cobayes ayant présentés deux mois et demi auparavant un chancre d’inoculation typique est exploré à la tuberculine.

De ce lot nous retiendrons les protocoles des cobayes N° 21, 22, 33 et 24.

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