‹ Contribution à l'étude de la diffusion dans le tissu conjonctif des particules colorées ou virulentesChapitre 44 sur 46 · GORE · texte numérisé non relu

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même diffusé, l’antigène reste partout à une concentration relative capable de provoquer la réaction.

Dans ces expériences, c’est l’adjonction d'extrait tes- {iculaire que nous injections en même temps que lantigène qui faisait varier la diffusion, en modifiant selon notre hypothèse la constitution locale du gel interstitiel. Mais de même que dans le paragraphe précédent nous avons vu qu’une modification spontanée de la substance fondamentale peut déterminer la dispersion des particules virulentes, de même il est logique d'admettre qu'une telle modification spontanée de ce gel peut modifier ja réponse à une exploration de l’état de sensibilisation par l'introduction d’un antigène.

Vis-à-vis de la réaction tuberculinique, un certain : nombre d’affections sont réputées anergisantes : rougeole, cachexie, etc. ; peut-être, cet effet anergisant s’explique-t-il par une modification de constitution de la substance fondamentale déterminée par ces affections. Il serait intéressant d'étudier au cours de ces dites maladies anergisantes, la diffusion de substances colorées en injections intradermiques. Cette même étude pourrait également être faite chez les sujets âgés qui présentent, nous dit-on, un pourcentage moins grand de réactions tuberculiniques positives.

Quant aux anergies temporaires, observées dans certains cas, il serait intéressant de pouvoir, par lexploration concomitante du bleu de Chicago par exemple, les rapporter à une modification transitoire de la substance fondamentale ; notons qu’il est classique de dire qu’au cours de ces périodes d’anergie, le sujet est particufièrement fragile et réceptif à l’égard de nombreuses infections ; cette réceptivité polyvalente ne pourrait-elle pas être mise sur le compte de l’aptitude à la diffusion du gel interstitiel ?

Les fortes réactions locales, même, (aspect en cocarde où phlycténoïde sur une large surface) ou générales (fièvre, etc.) observées à la suite d'injection de tuberculine,

pourraient peut-être être expliquées -— en plus du haut degré de sensibilisation du sujet -— par la modification

de Pétat de la substance fondamentale en rapport avec Févolution de l'infection tuberculeuse, cet état du gel le rendant propice à la diffusion de Ia tuberculine injectée dans un but diagnostique ou thérapeutique.

8° DANS LES DERMATOSES, le rôle de la diffusion mérite aussi d’être étudié (12).

Ne serait-il pas intéressant d'aborder cette étude en recherchant si, chez de tels malades, on ne décelait pas des propriétés particulières, propres à assurer chez eux un état de diffusion, par l'emploi de tests avec des subs- tances colorées ?

Ne serait-il pas possible ainsi de comprendre pourquoi chez certains sujets une lésion cutanée demeure circonscrite et chez tel autre se fera une poussée avec généralisation plus ou moins étendue.

Ce problème apparaîtra alors bien vite intimement mêlé à celui des sensibilisations cutanées et il peut sembler difficile même d'apporter des distinctions formelles entre des généralisations spontanées et celles qui s’effecluent à la faveur de l’acquisition préalable d’un véritable état allergique.

On sait l'importance de ces phénomènes notamment depuis les recherches de RAVAUT dans certains eczémas ou parakératoses infectieuses ; dans de semblables observations, il serait singulièrement intéressant de connaitre. par l’emploi de tests, quel est le comportement du tissi &onjonctif à l'égard de la diffusion des particules, ce qui reviendrait en somme, par des méthodes appropriées, à explorer le comportement du tissu conjonctif, au même titre que l’on étudie l'équilibre plasmatique.

9° Nous venons d'étudier tout ce qui favorisait }a diffusiun dans l’organisme ; nous avons vu que l'extrait testiculaire injecté localement déterminait une diffusion locale des particules colorées ou virulentes ; nous avons £jouté qu'il paraissait vraisemblable que des modifica-

lions spontanées du gel interstitiel aboutissent à des diffusions similaires.

En sens inverse il paraît intéressant de préciser © üt ce qui dans lorganisme peut S'OPPOSER à la DiF FU- SION: x |

A cet égard, il est évident que les dispositions analomiques jouent un rôle primordial : un tissu conjonctif dense, une aponévrose, s’opposent à la diffusion d’une substance colorée ou d’un germe qui diffusera au contraire dans un tissu cellulaire lâche ou dans une zone située entre deux plans aponévrotiques ; remarquons en passant qu’une aponévrose n’est en somme qu'un tissu Conjonctif dans lequel la proportion des fibres collagènes ou élastiques est devenue prédominante, tandis que le gel inters'itiel y est réduit au minimum.

De même une cicatrice, une paroi d’abcès, un tissu de Sranuiation constituent des barrières à la diffusion (21).

Que ces barrières soient anatomiques ou pathologiques (27), leur action est la même : elle est mécanique et s'oppcera aussi bien à la diffusion spontanée seule, qu'à la diffusion considérablement accentuée ailleurs par Padjoncticn d'extrait lesticulaire.

Favilii a moniré que l'injection en une régiou du Ussu conjonctif de bouillon, de gluconate de calcium ou d’uréthane annihile en ce point leffet diffusant d'une injection ultérieure «extrait testiculaire (21).

Plus intéressante est l’action inhibitrice qu’exerce une inflammation, quelle qu’elle soit, sur la diffusion (26) (00) ; les colorants et microbes injectés dans une aire infiammatoire ne la dépassent pas ; injectés à la périphérie d’une telle lésion ils ne réussissent pas à y pénétrer, Or, Comme le fait remarquer DURAN-REYKALS. on a une certaine idée de ia manière dont linflammation s'oppose à la diffusion. MENKIN a montré que, dans le tissu inflammatoire, .se réalise une exsudation de fibrinogène

et d'autres protéines plasmatiques aboutissant à la for-

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