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bien mise en lumière par différents auteurs dans leurs observations.
C’est guidé par ces multiples considérations que dans une épidémie de diphtérie vulvo-vaginale bénigne, BALARD se contenta d'applications locales de tampons imbibés de sérum antidiphtérique et obtint en 24 ou 48 heures au plus la chute des fausses membranes qui avaient jusque là résisté aux traitements les plus variés. Il pratiquait un tamponnement peu serré du vagin avec de la gaze imbibée de 20“ de
sérum et maintenue en place de 12 à 16 heures. Ce traite-
ment amenait le soulèvement des membranes qui flottaient à l'intérieur du vagin. Un second tamponnement entraînait la disparition complète des membranes, laissant le plus souvent au-dessous une muqueuse rosée et parfaitément saine.
Aucun traitement sérothér apique sous-cutané ne fut tenté et les malades guérirent sans complication.
Si une telle façon de faire peut être exclusivement réservée à une diphtérie vulvo-vaginale des suites de couches à allure bénigne, il semble beaucoup plus prudentet plus rationnel de ne pas s'en contenter dans une diphtérie grave. Mais nous estimons que le traitement sérothérapique local ne devra pas être négligé et qu'il devra toujours être concurremment employé.
2 Chez l'enfant.
Aussitôt que le diagnostic de diphtérie puerpérale est établi, il importe de se préoccuper de l'enfant pour le mettre à l'abri de la contagion. En outre, se pose également le problème de l'opportunité de l'allaitement par la mère : «A l'étude de cette question se rattache la solution de plusieurs problèmes très importants tant au point de vue clinique qu'au point de vue thérapeutique et de l'hygiène » (ANDÉRODIAS).
Enfin, si l'enfant venait à être atteint à son tour, il
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importe de savoir quel traitement doit être mis en œuvre. Telles sont les trois questions que nous allons tour à tour envisager.
A) Prophylaxie. — Au cours de la monographie clinique que nous avons exquissée, nousavons établi que la contamination de l'enfant est rare. Trois cas de contagion de la mère à l'enfant ont été seulement relevés sur nos 51 observations, ce qui donne un pourcentage vraiment minime de 6 % environ. En outre, nous avons constaté que la contamination de l'enfant est toujours précoce. C'est qu'en effet lorsque la diphtérie est diagnostiquée chez la mère, l'enfant est déjà contaminé s’il doit l'être en raison des contacts de tous lesinstants inhérents à la promiseuité et à l'allaitement. S'il n’est pas infecté dès le début, il semble qu'avec quelques mesures prophylactiques il est. facile de le mettre à l'abri. de l'infection sans qu'il soit nécessaire de priver l'enfant du sein de sa mère, puisqu'en aucun cas il n'a été constaté d'infection tardive du nourrisson. Nous l'avons vu, en effet, le bacille diphtérique est lourd et peu diffusible. Aussi bien, la contagion pour l'enfant est-elle pratiquement plus réalisable au cours d'une angine diphtérique de la mère, en raison des quintes de toux, par l'intermédiaire des doigts de la malade souillés de salive et à l'occasion des caresses et des baïsers.
Mais dans le cas qui nous intéresse, l'infection semble À plus difficile à cause de l'occlusion parfaitement, réalisable de la fausse membrane par l'application d'un simple pansement vulvaire. L'infection n'est donc possible qu'à l'occasion des soins donnés à l’accouchée et à son enfant par une même personne, qui ne prendrait pas les précautions nécessaires; c'est ainsi sans doute qu'à été constatée une couenne diphtéritique sur la plaie ombilicale d'un nouveauné. (Obs. xxxIV, FITZ-GERALD). ÿ
I suffira donc, pratiquement, de laisser l'enfant dans son berceau, au besoin de le mettre dans une pièce autre que
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celle où repose la mère, et, tant après les soins donnés à l’accouchée, qu'avant de pratiquer les changes de l'enfant ou le pansement du cordon, d'observer les règles de la plus élémentaire asepsie et de la désinfection absolue des mains ainsi que des divers objets de pansements.
Certains auteurs: estiment en outre qu'il est nécessaire de faire à ces enfants une injection préventive de sérum antidiphtérique. Ocrier a raconté dans sa thèse l'histoire d'üne épidémie survenue dans le service de Démeliri et au cours de laquelle cette manière de faire futsystématiquement pratiquée. De son travail ressort clairement, tout au moins, l'inocuité absolue de ces injections de sérum pour les nouveau-nés. |
Dans cés conditions, si l'injection de sérum est inoffensive il est prudent de la pratiquer en cas d'infection diphférique afin d'éviter à coup sûr la contagion.
Mais la question prend un autre aspect quand on l'envi sage au point de vue de l'allaitement. C'est .qu'en effet, l'injection de sérum pratiquée chez la mère peut dans une.
certaine mesure conférer l’immunité à l'enfant; dans ces
conditions, il n’y aurait pas utilité à pratiquer chez lui ces injections prophylactiques. Nous essaierons-de résoudre
celte question au cours du paragraphe suivant.
B) Allaitement. — L'influence de la diphtérie sur l'allai-
tement à été assez peu étudiée jusqu'ici, tant au point de vue
de la lactation en elle-même que pour décider de l'opportunité de cet allaitement et de son influence sur le nourrisson. En 1899, dans lesArchives Cliniques de Bordeaux, ARNOZAN
se. demanda s'il était prudent de faire allaiter son enfant
par une nourrice guérie récemment de diphtérie. Il voulut savoir si le: lait présentait les qualités nécessaires pour un
- bon allaitement ou s’il avait des inconvénients assez grands
pour le contre-indiquer.
Pour cela, il fit nourrir de ce lait extlvsivènient deux cobayes ; ceux-ci, après un amaigrissement considérable
: Abe
moururent en quelques jours. Un cobaye témoin, nourri de la même quantité de lait de vache maigrissait seulement, mais sans présenter aucune trace d'intoxication. Le lait de la nourrice est donc toxique. Cette toxicité provient-ellé du passage dans le lait des produits solubles élaborés par le bacille de Loëffler, ou bien y a-t-il simplement une différence dans la composition chimique du lait? « Nous ne le savons pas; mais il serait, dit-il, intéressant de rechercher d’autre-part si le lait d’une nourrice atteinte de diphtérie, mais traitée par le sérum, présente le même degré de toxicité ou bien s'il est inoffensif. »
En terminant, il conseille d’éloigner l'enfant, de supprimer l'allaitement, car le lait reste toxique, même pendant la convalescence.
Ajoufons que malgré ces expériences, la question reste
‘ençore pendante car, comme le fait très justement remar-
quer ARNOZAN, avec le sérum pratiqué chez la mère, le lait est peut-être non seulement. inoffensif, mais même sans doute antitoxique, immunisant ainsi l'enfant et le mettant
à l'abri de la contagion,
L'année suivante, ANDÉRODIAS aborde la même question, mais le petit nomhre de documents réunis sur cette question spéciale ne lui permet pas d’élucider le problème. Cependant il semble démontrer que la lactation chez les diphtériques paraît normale et que l'enfant n'en est aucunement influencé.
* Observation LIV (ANpéropras). Observation XIII. Thèse Bordeaux, 1900.
Observation LV (ANpéropiAs). Observation XIV. (Loc. cit.)
Deux années plus tard (1902), ComBEs-LARIBOISIÈRE dans la Médication Martiale se demande si le lait d’une nourrice diphtérique est toxique.
Er res
OBsERvVATION LVI.
Couses-LariBoisière, Médication Martiale (Novembre 1902).
OBservaTION LVIT.
Comses-LariBoisière, loc, cit.
et ilconclut à la parfaite innocuité de l'allaitement chez une nourrice atteinte de diphtérie et même; il ajoute en termi-
nant : «Nous osons nous demander, si, en pareil cas le lait
de la mère ne deviendrait pas un sérum pour l'enfant ». En
1905, dans son travail, OLLIER rapporte une ‘observation de
MarTIN concernant une femme diphtérique qui aurait nourri Son enfant sans inconvénient.
Bien que ne se rapportant pas à la diphtérie puerpérale proprement dite, toutes ces observations sont néanmoins très instructives; elles montrent l’évolution progressive de l'opinion médicale à ce sujet; tandis que ARNozAN interdit: cet allaitement, il semble qu’à l'heure actuelle les tentatives d'allaitement se soient multipliées sans inconvénient pour l'enfant.
Notons en passant que dans un ordre d'idées tout à fait voisin, une semblable évolution s’est parallèlement dessinée. = On lit, en effet, dans l'Ancien Traité de TARNIER et CHAN- TREUIL : (Les maladies éruptives de nature contagieuse, dès qu’on soupçonne leur existence, exigent impérieusement la cessation de l'allaitement et l'éloignement de l'enfant». Dans le Traité de Bar, BRINDEAU et CHAMBRELENT, « on tolère J'ailaitement pour les maladies aigues ne retentissant pas sur l'état général ainsi que dans les infections puerpérales, légères, locales et bien supportées ». Et récemment enfin, RoGEr estime que « les femmes enceintes atteintes d'infections aigues, même de diphtérie peuvent, à la condition qn'on prenne certaines précautions, continuer à nourrir leurs enfants. see
* Les observations de diphtérie puerpérale que nous avons recueillies, à l'exception de celles de BaLAR»D, sont fort peu