INTRODUCTION
Sous le nom de diphlérie vulvo-vaginale, les anciens -auteurs ‘décrivaient une forme d'infection puerpérale généralisée, mais caractérisée localement par des fausses -membranes sanieuses et grisàtres recouvrant le conduit vulvo-vaginal. Or, à cette époque, les fausses membranes n'étaient pas rares puisqu'elles constituent une des caractéristiques de l4& pourriture d'hôpital qui régnait alors dans tous les services de chirurgie.
Cette infection vaginale n'avait le plus souvent que l'apparence de la diphtérie; les recherches bactériologiques ne tardèrent pas à démontrer qu'elle était due le plus habituellement au streptocoque.
C'est ainsi qu'en 1889, dans son importante thèse sur .«l’Infection puerpérale, la phlegmatia alba dolens et l'Érysipèle», Widal consacre un chapitre à ce qu'il appelle .« la forme diphtérique ou pseudo-membraneuse » de l'infection puerpérale, Conformément à ses idées sur l’unicité bactériologique de l’infection puerpérale, il estime que c'est le streptocoque qui dans ces cas est encore seul en cause.
Mais à côté de cette fausse diphtérie, on ne tarda pas à reconnaître la présence du bacille de Klebs-Loëffler dans un
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certain nombre de cas d'infections puerpérales à fausses
membranes. Cette constatation permit de décrire une infection puerpérale diphtéritique vraie dont le pronostic se trouve considérablement amélioré par l'emploi du sérum de Behring-Roux.
Cependant, jusqu'à présent, les observations de cette sorte, avec examen bactériologique et ensemencement, sont assez peu nombreuses pour que cette affection puisse à bon droit être considérée comme unerareté. Les traités classiques d’accouchements la mentionnent à peine.
Aussi l'apparition à la Clinique d’Accouchements de la Faculté de Médecine de Bordeaux, d'une petite épidémie de diphtérie vulvo-vaginale, durant les mois de février et. mars 1915, fournit-elle au Docteur BALARD(® l'occasion d’étudier plus en détail cette complication des suites de couches.
Nous avons pensé qu'il était intéressant de consacrer notre thèse inaugurable à une revue d'ensemble de cette question.
Dans un premier chapitre d'historique, nous mention: nerons parmi les observations publiées jusqu’à ce jour celles qu'il nous a été possible de réunir. Se Le deuxième chapitre renfermera la monographie clinique de ces infections vulvo-vaginales des suites de couches à bacilles de Loëffler. =:
En terminant, nous consacrerons un dernier chapitre au traitement, en nous attardant sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'enfant, tant au point de vue de sa prophylaxie que de son allaitement. $
(4) P. Bacanp, — De l'infection puerpérale à forme bénigne par bacille de Loëfller. (Archives mensuelles d'obstétrique et de gynéologie, n° 4,5, 6, 4918, p. 135).