INTRODUCTION
Alors que, dans le domaine de la chimie minérale, on avait depuis longtemps constaté l'absorption réversible de l’oxygène par des éléments tels que le mercure, l'argent, le cuivre, le baryum et leurs oxydes, la question de l’existence de ce même phénomène en chimie organique ne s'était pour ainsi dire pas posée.
Seule avait retenu l’attention des chercheurs la formation des peroxydes, et non leur dissociation. C’est pourquoi, si l’on trouve sur l’absorption de l’oxygène libre par les hydrocarbures, les aldéhydes et d’autres substances, des mémoires relativement nombreux, on ne rencontre sur la réaction inverse, la dissociation, que des indications plus ou moins vagues, notées au passage par quelques rares auteurs.
Le premier exemple de corps purement organiques, capables de rendre, à l’état libre, l'oxygène libre qu'ils ont absorbé, etqui aient fait l’objet de recherches systématiques, est celui des rubènes (1) ou tétraaryInaphtacènes (2).
En dehors de l’oxydabilité réversible, qui en est la propriété caractéristique, ces substances possèdent la faculté de
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donner des termes d’oxydation intermédiaires, non dissociables, mais encore facilement réductibles en naphtacènes.
Pourtant l'étude de cette dernière propriété n'avait pas tenté les premiers auteurs qui se sont occupés de la question et qui ont fait porter tous leurs efforts sur la dissociabilité elle-même. À mon sens une lacune restait à combler. En effet, l'aptitude à donner des oxydes intermédiaires ne devait pas être étrangère à la faculté de former des oxydes dissociables. C'est pourquoi, j'ai voulu reprendre dès l’origine, et dans l'état où l’avait laissé le hasard de certaines découvertes, le problème des oxydes intermédiaires pour le soumettre à des recherches plus méthodiques.
Le seul naphtacène, dont les oxydes étaient partiellement connus au moment où J'aicommencé ce travail, était le tétraphényl-9.10.11.12-naphtacène (1). On avait pu le transformer successivement en un monoxyde (3) : RO, en un isomère de l’oxyde dissociable, l’isooxyde (4) : RO? et en un dérivé dihydroxylé (5) : R(OH)}°.
Une étude préliminaire de ces différents produits m'a permis de faire un certain nombre de mises au point nécessaires, et d'obtenir un nouvel isomère de l’oxyde dissociable, entièrement différent de l’isooxyde déjà connu, et que j’appellerai « pseudooxyde ».
Je me suis ensuite proposé de vérifier si l'existence des oxydes intermédiaires était un fait isolé, particulier au cas cité, ou s'il constituait un phénomène général, au moins chez les tétraaryInaphtacènes. Mon étude a porté principalement sur le bis(p.tolyl)-9.11-diphényl-10.12-naphtacène II (6) et le bis(p.bromophényÿl)-9.11-diphényl-10.12-naphtacène III (7).
COHS CSH5 CH — CôH+ Ces