V. —— CHALEURS DE RÉACTION
J'ai, enfin, jugé utile de calculer, à l’aide des données numériques précédentes, les quantités de chaleurs mises en œuvre dans les différentes réactions qui conduisent, soit du tétraphénylnaphtacène à son isomère ou à ses oxydes, soit d’un oxyde à un autre. A cet effet, il suffit de retrancher la chaleur de combustion des différents corps de celle du terme de comparaison choisi; les résultats positifs ou négatifs montrent si les réactions d'oxydation ou d’isomérisation correspondantes se font avec absorption ou dégagement de chaleur.
a) Passage du tétraphénylnaphtacène à ses oæydes. — On voit, immédiatement, qu'à partir de l’hydrocarbure primitif, toutes les oxydations se font avec perte d'énergie, sauf celle qui conduit au pseudooxynaphtacène.
On a, en effet :
10 CMHAS LL OO -— CÉHMO + 38,5 K./cal.
tétraphényl- monoxyde naphtacène 20 CH + O2 — C#HA0? —L 79.2 K /cal. isoox yde 30 CH% + (O0?) — CH%(0?) LE 22,3 K./cal.
oxyde dissociable ho CH EE OO — CÆH2802 — 14,2 K./cal.
pseudooxyde
La formation de l’oxyde dissociable, en particulier, est incontestablement exothermique. La chaleur dégagée s'élève à 22,3 K./cal. ; elle ne diffère que légèrement de la valeur (23 K./cal.) indiquée dans le travail préliminaire. Toutes les conclusions que nous en avions tirées, se trouvent donc confirmées ; la lumière n'a, dans la formation de cet oxyde, qu’un effet catalytique. De plus, la quantité de chaleur mise en œuvre, tout en restant faible, correspond à une réaction chimique normale ; la molécule d'oxygène est donc fixée sur le reste hydrocarboné par des liaisons normales. La disso-
TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACÈNES 93
ciabilité ne vient pas de la richesse du produit en énergie, car le pseudooxyde, qui se forme à partir de l'hydrocarbureavec absorption d'énergie, n’a aucune tendance à libérer de l'oxygène moléculaire, tout en se décomposant, lui aussi, très facilement,
b) Passage de l'oxyde dissociable à ses isomères. — La transformation de l’oxyde dissociable en isooxyde est exothermique et dégage 57 K./cal :
isomérisalion
CEH8(0?, + CHHSO? + 57 K.jcal.
oxyde isoox yde dissociable
Cest là une quantité de chaleur assez forte. Elle correspond à la formation d’un produit stable, et explique pourquoi on trouve si facilement ce produit, quand on soumet l'oxyde dissociable à une réaction quelconque.
Le passage de l’oxyde dissociable au pseudooxyde au contraire, est endothermique et absorberait, d’après nos calculs, une quantité de chaleur égale à 36,5 K./cal :
isomérisation :
CIO CH 02256, K/cal.
oxyde pseudooxyde dissociable
C’est là un résultat assez singulier pour une isomérisation s’effectuant simplement sous l'influence de l'acide sulfurique. Sur ce point donc le travail devrait être repris; peut-être l’anomalie constatée est-elle simplement due à la teneur en solvant adoptée et qu’on a aucun moyen de déterminer avec plus de précision en ce moment.
c) Passage du tétraphénylnaphtacène au pseudotétraphénylnaphtacène. — Cette isomérisation est exothermique ; elle correspond à une perte de 17 K./cal. par molécule, et doit donc conduire à un produit plus stable que l’hydrocarbure primitif; ce qui est tout à fait conforme à l'expérience.
94 L. ENDERLIN