PARTIE EXPÉRIMENTALE
I. Technique. — J'aurais voulu me servir, pour faire ces expériences, de la balance magnétique de P. Pascal, d’un maniement sûr et d’une grande précision surtout dans l'étude des corps diamagnétiques. Malheureusement il faut, avec cette balance, des quantités de substances bien supérieures à celles dont je disposais dans la plupart des cas. J'ai donc adopté la balance de Curie-Cheneveau, dont la sensibilité permet de travailler sur des quantités relativement faibles.
Mode opératoire. — Le principe de cet appareil (4) et la manière de l'utiliser ont déjà souvent été décrits ; je n’insisterai donc pas sur ce point. Je ferai simplement remarquer que, pour avoir une plus grande régularité dans le mouvement de l’aimant, je provoquais son entraînement à l’aide d'un levier, relié, par l'intermédiaire d’une poulie, à un flotteur. Ce dernier était lui-même posé dans un vase rempli d’eau, dont le contenu s’écoulait à une vitesse constante, au moyen d'un robinet réglable fixé à la partie inférieure.
Calculs des résultats. — Les résultats sont calculés suivant la méthode de Curie et Cheneveau (4) exposée plus récemment par Cotion-Feytis (3). Elle conduit à l’expres-
S1On :
Xs = — 0,72 rl: — 0,036 ( Te — ‘)
dans laquelle :
mi KH—f ° m2°
106 L. ENDERLIN
F, — déviation du tube contenant la substance à étudier.
F, — déviation du tube contenant la substance étalon.
f = déviation du tube vide.
mi = masse du corps étalon.
m2 —= masse du corps à étudier.
d2 — densité de la substance à étudier.
Précision des mesures. — Malgré la différence d’appa-
reillage employé, j'ai obtenu une très bonne concordance entre les données de Pascal et mes propres résultats, dans les essais de contrôle faits sur des liquides, tel que le phénylacétylène.
Il n’en a malheureusement plus été de même avec les solides pulvérulents, qui m'ont toujours donné des valeurs notablement inférieures aux valeurs calculées. J'attribue cet écart surtout aux difficultés inhérentes à l'étude magnétochimique des solides pulvérulents. Pour ces derniers il est presque impossible de déterminer la masse spécifique. Si l’on emploie, dans ce but, la méthode la plus simple, qui consiste à peser, dans le tube à expérience même, le volume de substance destiné à être mis sur la balance magnétique et à le comparer au poids du même volume d’eau, on constatera que la densité varie avec le tassement du produit dans le tube. Celui-ci n’est jamais identique à lui-même dans deux expériences consécutives, ni même uniforme d’un bout à l’autre du tube. La hauteur exacte demeure à peu près impossible à déterminer, d'autant plus que beaucoup de produits s’électrisent quand on les frotte pour les réduire en poudre ou pour les tasser dans le tube.
D'autre part, comme le fait remarquer E. Muller (6), de nombreux auteurs ont constaté que la direction des cristaux avait elle-même une importance, et qu'il n’est pas sûr, même avec des produits finement pulvérisés, que l’arrangement des cristaux soit absolument quelconque dans le tube. C'est pourquoi on constate que le diamagnétisme des solides est souvent plus faible que celui des liquides ou des solutions et que, par exemple, celui de la benzoquinone solide
TRANSFORMATIONS DES TÉTRAARYLNAPHTACÈNES 107
reste inférieur de 10 o/o à celui du même produit en solution benzénique (6).
Fd
Cela ne veut pas dire que la mesure de la susceptibilité d’une solution soit plus précise que celle du solide, car toutes les erreurs commises sur le solvant se reportent sur le corps dissous.
Si l’on joint à toutes ces causes d'incertitude celles qui tiennent à l'appareillage lui-même, et qu’a très bien mis en évidence Courty (7), on comprendra qu'il est peut-être illusoire de chercher, dans les calculs, une précision que l'expérience ne donne pas. C’est pourquoi j'ai négligé certaines corrections prévues dans la formule citée plus haut pour me servir de l'expression simplifiée :