OBSERVATIONS
Notre matériel clinique est important. La dissociation gastro-colique est en effet une affection assez banale, le Professeur Picard a pu en 4 ans en relever 45 observations. Nous en choisirons 28 parmi les plus caractéristiques,
OBSERVATION ÎI
M. J. D. viticulteur, 67 ans, vient consulter pour des troubles digestifs banaux, mais surtout pour une asthénie de plus en plus marquée qui, actuellement, s’accompagne d’anxiété diffuse et d’obsession. Il inquiète depuis quelques mois sa femme, parlant de se suicider dans une mare voisine.
L'examen montre un homme obèse (92 kilogs), très coloré, paroi abdominale médiocre, avec ventre en besace. Foie légèrement augmenté de volume, débordant le rebord costal de deux travers de doigt, de consistance légèrement accrue (éthyl), le reste de l’examen est normal. La T. A. est de 14-8. Rien dans les urines. Un dosage d’urée donne 0,37. Devant ces résultats négatifs, nous nous orientons vers la possibilité d’un néoplasme gastrique, bien qu’il n’y ait pas d’hémorragie occulte (4 échantillons de selles).
Aux rayons, thorax normal.
Un double repas baryté pris 7 et 14 heures aupara-
ASE
vant montre le côlon transverse à un travers de doigt du pubis, par contre, estomac transversal en corne de bœuf. Il en résulte une considérable dissociation gastro-colique. La distance séparant la grande courbure de la partie la plus ptosée du transverse étant de 12 centimètres. |
Sans grande conviction, une ceinture abdominale basse, sans pelote, est prescrite à ce malade. Amélioration presque immédiate, disparition de l’asthénie, de l’angoisse et des idées de suicide.