CRAQUE
Ce moyen comprend deux opérations difficiles et désagréables : 1° évaporation jusqu’à siccité ; 2 calcination des résidus. On cherche ensuite à décéler la présence du brome par divers réactifs aussi nombreux que variés.
Tous les réactifs indiqués dans les traités de chimie ont un inconvénient grave, c’est qu'ils ne réagissent pas sur un mélange de chlorure et de bromure. |
C’est là un fait absolument incontestable et qu'on ne saurait lrop signaler aux expérimentateurs qui veulent faire des recherches sur les diverses sécrétions animales toujours chargées ue chlorure de sodium ou autre. Une seule espèce de réactifs fait exception : ce sont les réactifs qui contiennent du chlore.
En clinique, le seul réacuf chloré possible, c’est le perchlorure de fer comme nous l’avoss dit pour liodure. Le perchlorure de fer, il est vrai, par sa couleur, masque la coloration jaune plus où moins pâle du brome mis en liberté, mais il n’est pas inutile de répéter que les liquides sur lesquels nous aurons à opérer, conserveront une coloration jaune sale quoi qu’on fasse.
En cherchant un peu, on a trouvé un iodure coloré, l'iodure bleu d’amidon.
En cherchant beaucoup, nous avons fini par trouver dans l’article « Bromure de fer » du dictionnaire de M. le professeur Robin ces quelques renseignements :
« Le Protobromure de fer est blanc sale : dissous dans l’eau, il donne par la polasse, un dépôt blanc. Le perbromure de fer est rouge et donne par les alcalis un précipité rouge briqueté.
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Une coloration rouge, c’est bien plus facile à distinguer qu’une coloration jaune plus ou moins sale ou pâle.
Nous avons done essayé d’obtenir le perbromure rouge de fer, en traitant les bromures par le perchlorure de fer.
La coloration est très évidente avec des solutions de bromure à 4/100 et surtout à 1/19 ; mais avec des solutions à 1/1000 ou à 1/10,000, on n'obtient rien, ou du moins rien de bien net. Mais si on ajoute sur la tache de bromure un peu de chlore et surtout un peu de chlore tenant en émulsion un peu d’amidon, on oblient une coloration rouge fort belle et pouvant se conserver des mois entiers, même à l'air et à la lumière, 12 ou 15 épreuves contradictoires avec divers liquides, urine, matières fécales dissoutes, ne nous ont pas donné cette coloration.
La salive donne bien une coloration rouge sur le papier au perchlorure.
Mais M. Arthaud, préparateur au laboratoire de l'Hôtel- Dieu, après des recherches dans ce sens par divers procédés et nous-mêmes par nos différents essais, nous croyons pouvoir conclure à la formation d’un perbromure de fer rouge, même avec des solutions de bromure à {/10,000. Nous avons obtenu cette coloration avec les urines du malade couché au n° { de la salle Saint-Joseph, lequel malade prenait quatre grammes de bromure de potassium par jour.
Avec les urines d’une malade couchée au n° 13 de la salle Sainte-Jeanne, 1l nous a été impossible d'obtenir cette coloration.
Cette malade avait cessé de prendre du bromure depuis quinze à seize heures environ. Avec un mélange de nos urines et de bromure, un de bromure de potassium ou de so-
lee dium pour 1.000 et 10.000, nous avons obtenu cette coloralion rouge : nous devons dire que quelquefois, nous n’avons pas réussi. Pourquoi?
Le mieux serait sans doute d'opérer à la manière de Rabuteau c’est-à-dire de calciner les diverses sécrétions, puis d'opérer sur le résidu par le perchlorure et le chlore pour obtenir le perbromure rouge, qui évidemment est infiniment plus facile à distinguer que la couleur jaune vague du brome libre.
La calcination des copron des oiseaux n’est pas plus compliquée que la calcination des résidus de lévaporation de l’urine et autres sécrétions. C’est une affaire d’installation ; avec cinquante ou soixante verres de montre ou de petites coupelles on peut en quelques heures terminer cette opération pour une expérience de deux Jours.
Après y avoir réfléchi, au lieu de donner notre lemps.et nos soins à cette installation, nous avons préféré nous occuper plus spécialement de l’élimination des iodures et du ferrocyanure plus facile à reconnaitre. |
C’est pour ce motif que nos observations sur le bromure, au nombre de cinq, portant sur un nombre de copron qui s'élève jusqu'à deux cent vingt et un, et un nombre d'heures qui s'élève à cent quatre-vingt-douze, ne nous paraissent pas suffisamment nettes pour en tirer des conclusions même parüelles. Nous regrettons d'autant plus vivement cette lacune que nous avions eu la précaution de conserver presque tous ces copron depuis des mois, dûment numérotés et étiquetés, ce sont des expériences à refaire. Espérons que ceux qui viendront après, n’ayant plus à compter avec les premiers tâtonnements d’une méthode
A RE nouvelle, sauront éclaircir celte question de la durée de l'élimination des bromures, soit à l’aide des copron que nous laissons dans les tiroirs du laboratoire de 'Hôtel-Dieu, soit sur de nouveaux produits.
Nous croyons de notre devoir de faire. à à ces futurs “expérimentateurs la recommandation suivante : Après le perchlorure de fer, le meilleur réactif pour le bromure est encore le nitrate d'argent.
Le chlorure d’or et le nitrate Palladeux, beaucoup plus difficiles à se procurer, ne valent rien pour une foule de raisons qu'il serait trop long d’énumérer 1c1. ;
Les personnes qui désireraient étudier les résultats que nous avons obtenus, soit directement, par la chute des copron sur le perchlorure de fer, soit en versant du nitrate d’argent ou du chlorure d'or sur les taches, pourront les demander à M. Artaud.
Une des cinq expériences porte sur une dose de 50 cenügrammes, ce qui équivaut peut-être à 50 grammes chez l’homme.
10 centigrammes bromure de potassium.
27 avril. — 4 heures du soir. — lugurgité À gramme au 4/10.
Pas d'incident.
L'eau chlorée dans les tubes à essai ne donne pas plus que 1’ acide nitrique nitreux,
Le nitrate d'argent, versé sur les taches, paraît donner la teinte du bromure d’argent jusqu’à la douzième heure. |
Résultat douteux ou à étudier.
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20 centigrammes bromure de potassium.
48 avril. — 6 h. soir. Ingurgité 2 grammes, on au 1 4/10.
Le nitrate d'argent, versé sur les taches, donne un résultat douteux, même avec l'addition de l’ammoniaque destiné à utiliser la différence de solubilité du bromure et du chlorure d'argent.
10 centigrammes bromure de potassium.
29 avril. — 3 h. soir. Ingurgité À gramme, solution au 1710,
Le chlorure d'or donne une teinte presque tout à fait comparable avec les 72 copron des quarante-huit premières heures.
L'azotate palladeux ne donne rien ; ce qui prouverait, fait Ro dans le dictionnaire de Déchambre, que l’azotate palladeux ne donne pas de réaction avec un mélange de chlorure et de bromure.
50 centigrammes bromure de potassium.
31 avril. — 19 h. soir. Ingurgité 2 grammes solution au 1/4.
L'oiseau, très bruyant dans l'après midi, devient silencieux après Vingurgitation, dans la nuit remue peu mais mange beaucoup, le matin se soutient à peine sur ses pattes, le lendemain soir roucoule un peu d’une voix rauque, le surlendemain la voix devient plus claire.
Sur papier préparé au perchlorure de fer à 30°, la teinte rouge est cotée 9 et 8 jusqu’à la 36° h., 5 jusqu’à la 40° h., 2 et 4 jusqu'à la 50° h
En somme, cette teinte, quoique très visible, ne peut suflire pour faire de l’analyse comparative ; il serait préférable de faire la calcina-
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tion des matières dans une petite coupelle, puis de reprendre les cendres par une seule goutte d’eau.
Le lessivage n’a pas donné de résultat bien évident, parce que le temps nous a empêché d’attendre l’évaporation d'une grande partie de l’eau de lessive.
30 centigr. bromure de potassium.
Juillet, 3 h. soir. Ingurgité 3 gr., solution au 1/10.
Les taches obtenues directement par la chute des copron sur du papier préparé au perchlorure de fer, deux feuilles étant Superposées, ont donné sur la première et surtout sur la seconde feuille, une teinte rouge caractéristique pour les 112 premiers copron, soit pendant les 82 premières heures ; après la teinte est fort douteuse, et peut être attribuée aux différentes substances contenues dans les excréments des oiseaux.
Résultat douteux et prouve une fois de plus qu'il faut absolument recourir au lessivage et surtout à la calcination pour la recherche desbromures.
Le lessivage ne nous a rien donné de bien net.
RECHERCHE DU SALICYLATE