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VI. — Acétate de cuivre

Beaucoup d’autres réactifs sont susceptibles de donner des papiers préparés. Les résultats que nous avons pu obtenir avec l’iode et les iodures sur les papiers préparés au perchlorure de fer devront encourager MM. les chimistes dans cet ordre de recherches.

L’acétate de plomb nous a donné aussi un excellent papier réactif pour les iodures, et il ne serait pas difficile d'en trouver d’autres encore.

Les papiers réactifs offrent l'immense avantage de supprimer une foule de manipulations. Ces manipulations demandent beaucoup de temps, elles sont fort désagréables surtout sur les matières fécales, et chacune d’elles peut être Poccasion de plusieurs erreurs. De plus les papiers réacüifs permellent de faire sinon l’analyse quantitative au moins l'analyse comparalive, ce quiest déjà quelque chose.

Exemple : nous donnons à un pigeon deux dixièmes de

ap milligramme d’iodure de potassium ; pendant six heures les copron de ce pigeon donnent des taches semblables les unes aux autres. Dans la série des taches obtenues avec les copron d’un pigeon ayant pris viogt-cinq centigrammes d’iodure de potassium, nous cherchons les taches qui ressemblent à celles dont nous venons de parler, Ces taches se trouvent être celles des copron tombés entre la douzième et la quatorzième heure.

Nous en coneluons que dans les six premières heares un pigeon qui a pris un double décimilligramme d’iodure de potassium, élimine autant d’iodure de : potassium, qu'un pigeon qui depuis dix-huit heures en à pris mille doubles décimilligrammes. Et comme pour lun aussi bien que pour l’autre la quantité qui va s’éliminer restera exactement la même, nous pouvons en conclure qu'après dixhuit heures, un animal ayant pris une dose de mille parties d’iodure n’est pas sous l’influence d’une dose d’iodure supérieure à celle qui linfluencerait s’il n’en avait pris qu’une seule partie six heures auparavant.

De même pour le salicylate de soude, de même pour le ferro-cyanure de potassium. C’est là un résultat que l’on ne saurait espérer avec les procédés ordinaires et. lanalyse qualitative. Ajoutons qu'avec les précautions d'étendre du vernis de chaque côté du papier sur la tache on peut conserver ces taches pendant plusieurs mois et peut-être des années, ce qui permet de comparer ensemble un grand nombre d'expériences. De plus, les papiers réactifs permettent d'opérer sur des quantités de substance absolument infinitésimales.

Exemple: nous prenons une goutte de solution d’iodure

Liege daos l’urine, Un d’iodure pour un million d'urine. Nous pouvons faire facilement avec un bon compte-goutte muni d’une pièce en caoutchouc 40 gouttes avec un gramme, & gouttes avec dix cenligrammes, une goutte avec deux centigrammes.

Ces gouttes nous donnent avec le papier réactif une teinte remarquablement belle et caractéristique de l’iodure d'amidon. Nous avons donc pu décéler, la quarantième partie d’un millionnième de gramme d'iodure. Essayez les différen!s procédés signalés comme très simples dans les traités de chimie et vous verrez les résultats décourageants, non plus seulement avec une dissolution d’urine, ni même de matières fécales non filtrées, mais avec de l’eau distillée au besoin et vous verrez le commencement des désillusions qui nous avaient un moment découragé, même avec les copron d’un pigeon ayant pris Jusqu'à 25 centigrammes d'iodure; et fait mettre de faibles points d’interrogation en face de l’heure et lenuméro de ces copron. Pour le salicylate de soude, l’acide salicylique et les divers salicylates comme la coloration violette du salicylate de fer n'apparaît qu'avec le concours de l’eau, nous conseillons de porter chaque copron dans un ou deux grammes d’eau ; l’on prend un peu du liquide plus où moins boueux qui en résulle et on le verse sur le papier préparé au perchlorure; on voit immédiatement apparaître la teinte caractéristique, surtout si lon a soin d'imprimer un mouvement de va et vient au liquide sur le papier, en soufflant sur la goutte à l’aide d’un tube très efñlé, dans le genre d’un compte-soutte. ;

Quant aux papiers réactifs pour le brome et les bromures, la chose n’est pas aussisimple, et c’est aussi compli-

ARE ES qué que les procédés de la photographie la plus minutieuse, mais enfin on obtient des résultats directement, tandis que Jamais on ne peut en espérer ni dans l'urine, ni surtout dans les matières fécales sans procéder à la calcination, puis à la filtration, d’après le procédé employé par M: Rabuteau.

En laissant tomber les copron contenant du bromure sur du papier au nitrate d'argent, on obtient une tache fort complexe et nolamment de bromure et de chlorure d'argent, même quand on supprime le sel marin à ces animaux. Le bromure d’argent est plus soluble dans l’ammoniaque que le chlorure d'argent, versez donc un peu d’ammoniaque sur la tache du copron sur le papier préparé au nitrate d'argent, inclinez le papier, le liquide qui ira le plus loin sera évidemment imprégné du sel le plus soluble, et ne le sera pas par le sel qui le sera le moins, par comparaison vous arriverez à savoir Si out ou non la tache renferme du bromure d’argent. Ou encore étendez votre papier portant les iaches sur un cadre analogue au métier à tapisser, élendez au-dessous et par le même procédé une ou plusieurs feuilles de papier blanc ; sur la tache versez de temps en temps un peu d’ammoniaque : le bromure d’argent plus soluble traversera les différentes feuilles, quant au chlorure moins soluble, il ne les traversera pas toutes, alors par comparaison vous pourrez dire dans telle tache il y à du bromure, dans telle autre peu ou presque pas, dans telle autre enfin pas du tout. Au risque de nous répéter, nous ferons de nouveau celte remarque : la chimie comparatüve suffit quand on ne peut pas faire de la chimie quantilalive. Pat

Cette méthode des papiers superposés peut rendre de

ra} grands services. Nous avons cru un moment qu'il était indispensable de l’employer pour décéler la présence du salicylate dans l'urine. En effet, avec le procédé du perchlorure liquide dans les dissolutions, on obtient trop souvent un précipité de phosphate de fer qui empêche la formation du salicylate de fer où en masque la couleur. Nous avons essayé un papier imprégné d'acide non ou peu volatil, l'acide acétique. Heureusement cette précaution est inutile avec le papier préparé au perchlorure de fer, lequel permet de décéler le salicylate dans une soluuon au millionième. Cependant ce système de la superposition des papiers réactifs, les uns imprégnés d'une subsiance d’un acide par exemple ou d’un alcali, placés au-dessus ou audessous du papier réacüf, pourra dans bien des circonstances rendre des services. Enfin on pourra toujours avant d'essayer les papiers réacufs isoler la substance à reconnaître par les différents procédés mis habituellement en usage. Mais surtout la méthode employée par Mehu et d’autres, c'est-à-dire en opérant avec les résidus de la calcination notamment, on obtiendra sur les papiers réactifs des résultats d'autant plus avantageux, qu’on peut agir grâce à cette méthode sur une seule goutte de deux centigrammes et demi. Un des grands avantages aussi des papiers préparés c’est de permettre l'emploi de réactifs dont la couleur ne diffère que fort peu de celle du produit nou- . veau après réaction.

Exemple : Bromure et benzoate sur perchlorure de fer ; azotate de palladium, etc.

Pour préparer le papier au perchlorure de fer on prend du papier écolier de bonne qualité, on le trempe dans une

SC

solution normale de perchlorure de fer, soit à 30°; au besoin on élale le perchlorure à l’aide d’un pinceau, on reure le papier et on le suspend pour le faire égoutter.

* Sur ce panier versez une goutte de la solution contenant de l’iode ou des iodures ; immédiatement vous verrez apparaître la teinte bleue de l’ivdure d’amidon.

Ce papier au perchlorure de fer peut se conserver pendant des mois entiers sans perdre aucune de ses qualités. Celui que nous avons conservé pendant trois mois était placé par couche entre deux lames de verres, le tout placé dans un üroir de commode. Après trois mois ce papier préparé avec une solution de perchlorure de fer normale soit à 90°, donnait d'excellents résullats parfaitement comparables à ceux obtenus les premiers jours avec:

1° L'iode et les iodures; 2° l’acide salcylique et les salicylates ; 3° les hromures ; 4° les benzoates de soude ; 5° les formiates de soude ; 6° le ferrocyanure de potassiumM.

Il en serait de même pour l’acide phénique, les succinales et d’autres subsiances encore.

Pour les iodures, les bromures, les formiates, les benzoales, la solution de perchlorure de fer a 30° est préférable. Lorsqu'on agit sur des dissolulions contenant fort peu d’iodure elc., on peut étendre le perchlorure de son poids d’eau.

Pour les substances autres que l’iode il n’est pas superflu d’ajouter de l’amidon soluble dans la solution de perchlorure de fer avant de l’étendre sur le papier. Pour le salicylate, il est bon soit de n’employer que la soluuion à 30° étendue de trois fois son poids d’eau, ou encore de

GR de.

passer rapidement daus l’eau pure le papier préparé au perchlorure après l'avoir fait égoutter.

Pour les réactifs comme l’acétate de plomb qui mouillent moins le papier que le perchlorure, il est bon d'employer du papier non collé d’abord, et ensuite si c’est nécessaire un peu de colle de pâte ou d’amidon.

Pour les réactifs non solubles dans l’eau ou peut les dissoudre dans la glycérine et préparer les papiers avec cetle solution. D'ailleurs une émulsion peut parfaitement suffire, une solution n’est pas nécessaire.

Nous avons obtenu de cette façon un excellent papier réaclf pour les sels de fer avec une émulsion de tannin.

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