APPAREIL ENREGISTREUR
Cet appareil se compose d’un moteur et d’un plateau circulaire.
1° Le moteur comprend un mouvement d’horlogerie du type des montres, c’est-à-dire qu’il est sans balancier, mais possède, au contraire, un échappement à ancre.
Ce point est assez important.
En eflet, tout mouvement d’horlogerie à balancier doit être dans une position exactement horizontale, ou ce qui revient au même, le balancier doit toujours pouvoir osciller librement dans un plan vertical ; c’est une condition assez facile à obtenir pour une pendule ou une horloge, mais pour un apparëil, large de 65 centimètres, ne pouvant se mettre ailleurs que sur une table, ou même sur le sol, voire même sous le lit d’un malade, il est bon de ne pas avoir à compter avec une horizontalilé parfaite.
Ce mouvement d’horlogerie est assez fort pour conduire non plus seulement deux aiguilles pesant ensemble quelques milligrammes, mais bien un plateau pesant de 3 à & kilogrammes.
Celui que nous possédons à été fabriqué de toutes pièces par M. Leroux, ancieu élève de M. Bréguet. Nous devons
Entrer
ici remercier notre ami Rambaud, ingénieur de la Compagnie des chemins de fer du Midi, qui a bien voulu donner le dessin de cet appareil et en surveiller l’exécution.
2° Le plateau mesure 60 centimètres de diamètre.
Il fait un tour en {2 heures.
On à donc un espace de 15 centimètres entre chaque
heure ; c’est plus que suffisant. Aussi je crois qu'on pour-
rait, grace à l’immobilité presque complète où nous sommes arrivé à maintenir les animaux, ne donner qu'une vilesse de un tour par 24 heures ; ce qui sérait infiniment plus commode.
La meilleure preuve à en donner, c'esl qu'avec un tour par vingt-quatre heures, nous aurions pu confier notre appareil aux soins des employés du laboratoire de PHôtel-
Dieu, ce qui nous aurait évité l’ennui d’une surveillance continuelle et l’inconvénient du voisinage d'animaux fort bruyants à des heures par trop matinales.
Le laboratoire de lHôtel-Dieu ferme à cinq heures du soir et ouvre à huit heures du matin.
Notre premier plateau était en zinc; nous l’avons fait remplacer par un plateau en verre plus facile à nettoyer et ne se laissant attaquer, ni par les copron, ni par les substances chimiques qu’elles contiennent.
Ce disque en verre repose sur une triple série de triangles inscrits; Sur la dernière série de triangles est fixée une planchette légère, et à cette planchette se relie une plaque en cuivre, qui porte là douille, branche femelle, dans laquelle pénètre le pignon du mouvement d’horlogerie, pignon exactement analogue à celui qui porte les aiguilles des montres.
Le plateau en verre avec son support pèse : 1 k. 300 gr.
Lab R Ra Le plateau en zinc pesait : 2 kil. 500 er.
La caisse.
Ilest utile et même nécessaire d’enfermer le plateau etle mouvement d’horlogerie dans une caisse, sur le couvercle de laquelle on placera l’immobilisateur.
Cette caisse ronde ou carrée doit avoir soixante-cinq à soixante-dix centimètres au moins de rayon, si elle estronde, ce qui est Inutile, de côté, si elle est carrée, ce qui est aussi commode. sa |
Pour un moteur haut de quinze à seize centimètres, la hauteur de la caisse doit être au moins de vingt à trente cenumètres, afin d'empêcher la queue de oiseau de venir sur le plateau.
Chacun sait en eflet que la queue des oiseaux vacille dans un plan vertical, selon les différentes positions qu'ils prennent, debout sur leurs doigts, assis sur leurs pattes, couchés sur le ventre.
Il ne faut point que celte queue vienne entraver le mouvement en appuyant sur le plateau, ni balayer les copron.
Le moteur doit être solidement fixé au centre de la paroi inférieure de cette caisse. |
La paroi supérieure ou couvercle sera évidemment munie d’un orifice correspondant à la partie postérieure de l’immobilisateur ; cetorifice devra permettre le libre jeu de la queue de l'oiseau et la chute des copron sur le plateau.
Suapas
Disposition des papiers récepteurs.
Les papiers destinés à recevoir les fêces ou copron sont placés sur le bord du plateau ; au lieu de les coller, il est préférable de les fixer à l’aide de pinces à ressort très répandues aujourd’hui comme presse papiers.
Nous conseillons d'employer le papier écolier, grand format, c'est-à-dire mesurant trente-sept centimètres sur quarante-six centimètres. La double feuille donne quatre segments de onze centimètres environ de largeur, quand on leur a donné la forme circulaire avec un rayon de trente centimètres ; chaque segment fait assez exactement le {/4 du plateau, ce qui est assez commode.
Il est très avantageux de tracer la ligne des heures des deux côtés de ces papiers avant de les placer et même avant de les tremper dans le réactif.
Voici comment nous conseillons de procéder pour enlever et remplacer les papiers récepteurs. |
On retire le plateau de la caisse, on le pose sur une table afin de ne pas froisser le mouvement d'horlogerie ; alors, on marque les heures et on numérole les copron; cela fait, on place les papiers dans un endroit convenable pour qu'ils sèchent et ne se détériorent point, soit à l'humidité,
soit à la lumière, ou par contact l’un sur l’autre. Nous avons pris l'habitude de passer une couche de vernis (les deux côtés des laches laissées par le copron sur le papier ; de cette façon, on peut conserver absolument intact même le bleu d’iodure d’amidon pendant des mois
DOTE entiers et peut-être des années, en enfermant les papiers simplement dans un tiroir de commode.
Nous nous sommes également bien trouvé de toujours coller les papiers en cercle, quatre par quatre, douze heures par douze heures.
On roule ces cercles en cornet sur eux-mêmes, et on les place dans un tiroir ou une boîte.
Lorsqu'on veut comparer les observations les unes aux autres, on épingle ces cercles l’un au-dessous de l’autre sur de grandes feuilles de papier, qu’on peut suspendre l’une à côté de l’autre sur un mur.
Nous conseillons de toujours recueillir les copron sur du papier ; c’est infiniment plus commode et même presque indispensable pour le motif fort simple que la plus grande parlie du médicament s’étalerait avec la partie liquide sur le plateau, où il est ensuite presque impossible de le recueillir, soit à l’état liquide, soit à l'état pulvérulent après dessication.
Pour les expériences alimentaires, c’est aussi beaucoup plus commode, surtout lorsqu'on veut analyser lurée ou Pazote en totalité.
Dans le cas où l’on désire conserver les copron pour les soumettre à l’analyse, nous conseillons de les placer avec un couteau-spatule sur une feuille de papier double ; on les numérote, puis on replie la seconde feuille.
Il est rarement nécessaire d’ajouter une goutte de colle au-dessous de chaque copron pour les fixer sur le papier.
Quand une feuille est assez garnie, on colle les deux feuilles ensemble sur les trois côtés qui restent libres; puis on place le tout à l'abri de humidité.
Loge
Nous avons conservé pendant quatre mois des copron
contenant du. salicylate et de l'iodure, sans que ces médicaments aient disparu.
Description d’un appareil pour laboratoires.
L’appareil que nous venons de décrire à le tort de ne pouvoir servir que pour un seul animal à la fois.
On pourrait construire un appareil admeltant plusieurs animaux, du modèle suivant, par exemple :
… Une tige verticale passant par le centre d’une série de plateaux analogues à celui décrit ei-dessus.
Ces plateaux pourraient être étagés de 60 à 70 centimètres.
Un seul mouvement d’horlogerie assez fort ferait faire
un tour par vingt-quatre heures à la tige et aux plateaux.
Au-dessus de chacun de ces plateaux, on pourrait placer un immobilisateur garni de son animal.
Cette disposition aurait l’avantage de permettre plusieurs expériences à la fois.
Un seul animal, c’est trop ou trop peu : trop, parce que cela demande beaucoup de soins et d'attention ; trop peu, parce qu’il faudrait des années pour mener à bien les quelques milliers d'expériences, sans lesquels on ne pourra jamais arriver à une solution un' peu précise sur celte double question de lélimination des médicaments et des aliments.
Mode d'emploi de l'appareil ci-dessus.
Cet appareil peut servir aussi bien pour les animaux el les hommes, qui possèdent des fistules expérimentales ou
Mg:
pathologiques, que pour les animaux, qui, comme les oiseaux, possèdent des fistules naturelles, si on peut s’exprimer ainsi.
Pour l’étude de lélimination des médicaments, on peut mettre l’enregistreur sous le lit d’un malade à l’hôpial, en laissant dépasser la partie qui correspond à l’ouverture du couvercle.
On priera le malade de cracher de temps en temps par celte ouverture sur le plateau muni de papiers réactifs.
De même pour un malade atteint d’anus contre nature, on priera le malade de verser un peu de ses matières fécales dans cet orifice, plusieurs fois par jour.
Pour un malade atteint de fistule urinaire, on pourrait amener sur le plateau muni de papiers réactifs un tube en caoutchouc relié à un urimoir du modèle adopté pour les malades atteints d’incontinence d'urine, où plus simplement un tube en caoutchouc intimement relié à la toile de caoutchouc, que l’on place habituellement sous ces malades, dont le poids donnerait à la toile une forme d’entonnoir.
Dans ce cas il faudrait mcliner un peu l'appareil de façon à ce que l'urine ne fasse que passer sur le papier réacuf et qu’elle s'écoule ensuite par la périphérie pour tomber dans un vase placé au-dessous, et destiné à la recevoir.
Avec cette manière d'opérer, on pourra toujours savoir à quelle heure a été expulsée chacune des sécrétions, dans laquelle on cherchera à décéler la présence d’un médicament et cela même avec des malades ou des infirmiers ne sachant ni lire ni écrire ; avec ceux qui savent lire et écrire, on n'aura pas à compiler avec les erreurs que peut occasionner la négligence du malade ou de linfirmier.