INFLUENCE DE LA CONCENTRATION EN IONS H
DES SOLUTIONS SUR LE POUVOIR FLUORESCENT x
$ 80. Certaines substances présentent des intensités de fluorescence très variables suivant qu’elles se trouvent en solution acide ou en solution basique. Il est bien connu par exemple que les solutions de sulfate de quinine ne sont fluorescentes qu’en présence d’un excès d’acide sulfurique. Au contraire les dérivés de la fluorescéine (uranine, éosine, érvthrosine) ne sont fluorescents qu’en milieu alcalin (*).
De même que pour le virage des réactifs colorés, on constate d’ailleurs non point de brusques variations de la fluorescence lorsqu’on passe d’un milieu acide à un milieu alcalin, mais l’existence de zones où l'intensité de la Iluorescence varie Do cent
DesHA, ScHERRIL et HARRISON [?] étudiant la fluorescence de divers acides sulfoniques ont remarqué une analogie entre les courbes de la fluorescenee et celles de la dissociation électrolytique de ces acides faibles en fonction de la concentration en ion H+. EiseNBRAND [#] a étudié dans le même sens la métoxyquinoléine, le 5-napthol et la quinine.
Nous nous sommes proposé d'envisager systématiquement l'influence de la concentration en ions H+ sur la fluorescence des solutions d’uranine. Nous avons choisi cette substance tant pour sa sensibilité extrême au p; que pour son grand pouvoir fluorescent. Cette dernière condition donne la possibilité de faire des mesures suffisamment précises dans la région qui correspond à la décroissance brusque du pouvoir fluorescent lorsque le coefficient p; des solutions diminue.
$ 31. Influence de la concentration en ions H* sur le pouvoir fluorescent de la fluorescéine en solution aqueuse. — Nous avons effectué les mesures photométriques sur des séries de solutions de concentration constante en fluorescéine acide et de coefficient p, variable, à la température de 159 C. On amenait
chaque solution au px convenable en incorporant au mélange une certaine quantité de base ou d’acide (**).
(*) On admet généralement que la molécule de fluorescéine peut exister sous deux formes tautomères dont l’une seulement est fluorescente. (**) Nous montrerons ultérieurement (V9 Partie) que la présence, en faible quantité, des
sels alcalins des acides que nous utilisons dans cette étude ne modifie en rien le pouvoir Îluorescent des solutions d’uranine.
Nous avons mesuré le coefficient Pu des différentes solutions étudiées au moyen de lélectrode à hydrogène et de l’électrode à quinhydrone (*). Dans les
deux procédés nous utilisons à l’autre extrémité de la chaîne, l’électrode au calomel à KCI saturé.
CNAB AO HT A2 US JA Fig, 9.
4 Les résultats fournis par l’électrode à hydrogène présentent, notamment en milieu alcalin, des anomalies importantes, attribuables sans doute à la fixation de la matière colorante sur le noir de platine. Les résultats obtenus avec l’électrode à quinhydrone sont beaucoup plus constants. Les courbes de la figure 9 résument les mesures faites au fluoromètre sur
{*) Soient E la différence de potentiel entre les extrémités de la chaîne constituée par l’électrode au calomel et l’électrode à hydrogène contenant la solution étudiée de px inconnu, E, la différence de potentiel entre l’électrode au calomel et l’électrode normale en ions H+,on a, d’après la formule connue tirée de la théorie de Nernst :
Rp Bon :